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À la suite des recommandations de l’Union réciproque d’assurance scolaire du Québec sur les buttes de neige dans les cours d’école, la ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, a rappelé, avec raison, l’importance d’un environnement de jeu extérieur adéquat pour les élèves. Or, malheureusement, toutes les écoles ne disposent pas d’un tel environnement. Alors, pourquoi ne pas leur donner un coup de pouce en les soutenant mieux dans l’implantation de mesures probantes, dont la végétalisation des cours d’école ?
Jouer et bouger en plein air au quotidien
Obligatoire, la récréation permet à l’ensemble des élèves du primaire de jouer dehors quotidiennement les journées d’école, incluant l’hiver, ce qui est encore plus primordial pour celles et ceux qui bougent peu ou pas durant leurs temps libres. Ces périodes de jeu contribuent non seulement à accroître leur niveau d’activité physique, mais aussi à améliorer leurs habiletés sociales et leur disponibilité pour les apprentissages en classe.
Considérant l’importance de la récréation, le gouvernement du Québec a d’ailleurs exigé en 2019 une augmentation de la durée de ces périodes. Bien qu’il s’agisse d’une excellente mesure, cela ne se traduit pas d’emblée par une récréation de qualité, surtout quand l’environnement scolaire est inadéquat. En outre, le contexte de restriction budgétaire est susceptible de freiner la réalisation de projets d’aménagement de cours d’école.
Néanmoins, pour optimiser les effets positifs de la récréation, une des pistes de solution à considérer est, sans conteste, la végétalisation de ces espaces de jeu. Selon la recherche, les élèves qui bénéficient d’une cour d’école végétalisée en retirent plusieurs avantages, dont une augmentation de l’activité physique, une diminution du stress, une meilleure restauration de l’attention, ainsi qu’une amélioration de la santé globale et des résultats scolaires. Ces espaces naturels peuvent même amener une réduction des symptômes d’inattention et d’hyperactivité chez des élèves. Une baisse des comportements agressifs et de l’intimidation y a aussi été observée.
Pourtant, encore aujourd’hui, plusieurs milieux scolaires ne disposent que d’une cour en asphalte ou en béton pour la récréation, bien que ces surfaces dures puissent entraîner des blessures graves. Dans ces espaces, les élèves pratiquent majoritairement des sports compétitifs, comme le basketball ou le ballon-chasseur, où dominent souvent des garçons — mais pas uniquement — habiles sur le plan moteur.
En revanche, lorsque les jeunes ont la possibilité de jouer dans des espaces naturels, les garçons comme les filles auraient tendance à privilégier ces endroits. Ces espaces permettent aux jeunes d’interagir avec la nature et de socialiser, tout en s’adonnant à une diversité d’activités ludiques et physiques, comme inventer des jeux, se cacher ou grimper. Ainsi, végétaliser les cours d’école donnerait l’occasion à l’ensemble des jeunes de s’amuser et de bouger davantage au quotidien, de surcroît en plein air, ce qui est, a fortiori, important en ville et dans les milieux défavorisés.
En d’autres mots, la végétalisation de ces espaces de jeu contribue à rendre les milieux scolaires, et même municipaux, plus sains, équitables et inclusifs.
Si de tels espaces sont sans contredit bénéfiques pour les jeunes, force est de reconnaître que ce sont toutes les familles du quartier, voire la communauté, qui en tirent profit. En plus, on le sait, tout le monde n’accède pas facilement ni régulièrement à la nature, malgré ses nombreux bienfaits. Avec les défis que pose la société contemporaine, dont l’omniprésence des écrans, il est d’autant plus nécessaire de rendre ces espaces plus accessibles et présents dans nos vies quotidiennes.
Investir dans le mieux-être collectif
L’accès à la nature a des effets positifs non seulement sur les jeunes et leur famille, mais aussi sur le personnel scolaire, en favorisant sa santé et son bien-être au travail. La végétalisation de cours d’école offre également un cadre propice pour mettre en place des classes en plein air, ce qui est associé à de nombreux bienfaits, dont une augmentation de la motivation et une réduction du stress.
Par ailleurs, cette végétalisation permet de lutter contre les îlots de chaleur en zones scolaires, de mieux gérer les eaux pluviales, d’améliorer la qualité de l’air et de promouvoir la biodiversité. Conséquemment, il ne s’agit pas d’une dépense, mais bien d’un investissement dans la santé, l’éducation et l’environnement.
Alors que les inégalités ne cessent de se creuser entre les écoles publiques et les écoles privées et que les changements climatiques menacent l’avenir des jeunes, il est grand temps de prioriser collectivement la qualité de leurs milieux de vie ainsi que leur jeu libre et actif à l’extérieur, en plein air, comme recommandé par la Société canadienne de pédiatrie et Jouons dehors Canada. Et si, à moins d’un an des élections provinciales, on demandait à nos personnes élues, dont la ministre LeBel, d’user de leur pouvoir — et de leur « gros bon sens » — pour rendre nos cours d’école plus naturelles, particulièrement là où l’asphalte ou le béton prédominent ?


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