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Les Premières Nations sont confrontées à l’incertitude et se préparent à subir les conséquences de la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis qui s’intensifie, avec l’entrée en vigueur de droits de douane élevés dans certains secteurs d’activité.
Environ 7,5 % des petites et moyennes entreprises autochtones exportent leurs produits et risquent d’en souffrir, a déclaré Shannin Metatawabin, chef de la direction de l’Association nationale des sociétés de capital autochtones, bien que l’impact final soit difficile à prévoir.
Nous ne disposons pas de données suffisantes pour vraiment comprendre où se situent les entreprises autochtones dans le spectre du commerce, a précisé Mme Metatawabin.
Le président américain, Donald Trump, a commencé à imposer des droits de douane au Canada au début de 2025. Ces droits constituent une taxe gouvernementale appliquée aux produits importés.
La Colombie-Britannique est particulièrement exposée aux nouvelles taxes de 50 % sur certains produits, ce qui inquiète les Premières Nations de la province actives dans le secteur forestier.
Des investissements forestiers autochtones menacés
John Jack, conseiller en chef élu des Premières Nations Huu-ay-aht sur l’île de Vancouver, affirme que sa communauté est potentiellement très durement touchée en raison de ses investissements importants dans l’industrie forestière.
Ces investissements comprennent leur propre entreprise, HFN Forestry Limited, un partenariat à 35 % avec Western Forest Products portant sur près de 137 000 hectares de forêt, ainsi qu’Iskum Investments, un consortium des Premières Nations qui envisage de construire une usine de transformation axée sur le bois de seconde croissance.
C’est une situation qui nous préoccupe profondément, étant donné que les États-Unis représentent une part si importante de nos revenus forestiers actuels, a déclaré M. Jack.
M. Jack a ajouté que les répercussions des droits de douane toucheraient les citoyens Huu-ay-aht, qui bénéficient des revenus générés par la foresterie.
Nous finançons des services comme les éducateurs de la petite enfance, les préposés en garderie et les conseillers spécialisés en traumatologie, et toutes ces initiatives visent à améliorer la vie de notre peuple d’une manière qui renforce notre communauté et contribue au bien-être de la Colombie-Britannique et du Canada, a expliqué M. Jack.
Il a ajouté que de nombreux citoyens Huu-ay-aht travaillent également dans l’industrie forestière, directement ou indirectement, et s’inquiètent pour leur emploi.
Cette incertitude peut avoir des conséquences désastreuses sur la situation familiale.

John Jack, conseiller en chef élu des Premières Nations Huu-ay-aht sur l’île de Vancouver.
Photo : Kathryn Marlow/CBC
John Jack cherche à développer des possibilités permettant à la Colombie-Britannique et au Canada de nouer de nouvelles relations commerciales avec des pays comme le Japon, la Corée du Sud et la Chine dans le secteur forestier, tout en diversifiant les activités vers des secteurs comme les produits de la mer.
Selon les données du gouvernement de la Colombie-Britannique, 51 % des exportations de la province en 2025 étaient destinées aux États-Unis, en baisse par rapport aux 54 % enregistrés en 2023.
Plus de la moitié de ces exportations étaient constituées de bois, de pâte à papier et de papier, de minéraux métalliques et de produits énergétiques.
Les Premières Nations de la Colombie-Britannique détiennent le droit de récolter plus de 20 % du volume annuel autorisé de la province, selon le ministère des Forêts de la Colombie-Britannique.
Comme tout détenteur de permis forestier ou toute entreprise du secteur, les Premières Nations sont exposées à l’incertitude des marchés et à une diminution de la demande résultant des droits et tarifs douaniers, a indiqué le ministère dans une déclaration.
C’est pourquoi nous nous attachons à défendre l’ensemble du secteur forestier, y compris les travailleurs, les entreprises, les collectivités et nos partenaires des Premières Nations partout en Colombie-Britannique.
Dallas Smith, président du Conseil Nanwakolas, qui représente six Premières Nations du nord de l’île de Vancouver, a indiqué que les nouveaux tarifs douaniers auraient un impact considérable sur ses investissements dans le secteur forestier.
C’est vraiment triste que la foresterie autochtone ainsi que la participation et le développement de celle-ci subissent de plein fouet les défis auxquels nous sommes confrontés en ce moment, a-t-il déploré.
Quatre des nations membres du conseil ont investi 35,9 millions de dollars en 2024 dans le partenariat forestier La-kwa sa mukw avec Western Forest Products, qui gère environ 157 000 hectares de terres forestières dans le nord-est de l’île de Vancouver.
Avec les nouveaux droits de douane de 50 %, notre industrie du contreplaqué, qui repose principalement sur l’exploitation de forêts de seconde génération, est durement touchée, a déclaré M. Smith.
Il a ajouté que le ralentissement de l’industrie forestière aura des répercussions sur la construction d’infrastructures, comme les logements dans les communautés des Premières Nations, ainsi que sur la croissance économique de ces nations.

Abram Benedict, chef régional de l’Ontario. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine
La hausse des coûts inquiète les communautés éloignées
En Ontario, où les nouveaux droits de douane sur l’acier et le secteur automobile pourraient avoir de lourdes conséquences, les dirigeants des Premières Nations s’inquiètent de la hausse possible des prix.
Nous sommes très déçus, comme tous ceux qui suivent la guerre commerciale, a affirmé le chef régional Abram Benedict, qui défend les intérêts des 133 Premières Nations regroupées au sein de l’organisation Chefs de l’Ontario.
Il règne une grande incertitude quant à ce que cela signifie pour l’avenir des Premières Nations de l’Ontario, et franchement, de tout le Canada. On prévoit que les prix de nombreuses matières premières vont augmenter.
Les Chefs de l’Ontario et la Nishnawbe Aski Nation avaient averti l’année dernière que la forte hausse des coûts aggraverait les difficultés économiques et accentuerait les difficultés financières, en particulier pour les Premières Nations du Nord.
Ce n’est un secret pour personne que, dans bon nombre de nos collectivités nordiques et éloignées, le coût de la vie est déjà élevé. Cela va inévitablement faire grimper ces coûts encore plus haut, ce qui aura des répercussions vraiment négatives et néfastes.
Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a adopté une position ferme à l’égard de Donald Trump, s’attirant ainsi les foudres du président américain dans une publication sur les médias sociaux lundi. Lors d’une conférence de presse, M. Ford a riposté en affirmant que l’Ontario pourrait interrompre l’approvisionnement en énergie et en minéraux essentiels si le différend s’aggravait.
M. Ford a évoqué les efforts de son gouvernement pour accélérer l’exploitation minière en faisant construire une route menant au Cercle de feu, une zone de 8000 kilomètres carrés située dans les basses terres de la baie James, qui contiendrait des minéraux d’une valeur de plusieurs milliards de dollars.
Le chef Benedict a martelé que, malgré les nouveaux droits de douane, le message des Premières Nations reste inchangé : elles doivent être dûment consultées et correctement prises en compte dans tout projet d’envergure.
D'après un texte de Jackie McKay, de CBC Indigenous


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