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La Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick déplore l’interdiction des cellulaires à l’école. Tout en étant favorables à une restriction en classe, des élèves regrettent l'interdiction de leur utilisation pendant les pauses. Ils estiment qu'il est discutable de supprimer leur principal outil de socialisation sans offrir d’alternatives concrètes.
Dès septembre, le Nouveau-Brunswick interdira les cellulaires et bloquera les réseaux sociaux dans les écoles. La ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Claire Johnson, a précisé que des exceptions seront permises à des fins pédagogiques encadrées, notamment pour les tablettes électroniques et les ordinateurs portables personnels au secondaire.
La mesure s'appliquera dès la rentrée pour les élèves de la maternelle à la 8e année. Pour les élèves de la 9e à la 12e année, une période de transition permettra l'usage des appareils durant les pauses jusqu'à l'entrée en vigueur de l'interdiction complète au 1er février 2027.
Même si les réactions sont généralement positives dans la communauté, la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB) s’interroge sur la pertinence de la révision de la politique 311 sur l'utilisation responsable des technologies numériques dans les écoles.
Des temps de connexion utiles
Dylan Laforest, secrétaire-trésorier de la FJFNB s'interroge sur les raisons de ces changements. Il souligne que la politique 311 entrée en vigueur en 2025 était une bonne chose pour enlever les sources de distraction dans les cours et que cela fonctionnait bien.
On vient enlever une grande partie de la façon dont les jeunes communiquent et socialisent sans nécessairement venir le remplacer avec quelque chose, regrette-t-il.

Dylan Laforest est secrétaire-trésorier à la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB). Il est aussi un élève de 12e année à la polyvalente Thomas-Albert à Grand-Sault.
Photo : Dylan Laforest
Dylan Laforest explique que les temps de pause et de dîner sont courts. Selon lui, les téléphones sont essentiels pour la logistique quotidienne. Une interdiction totale compliquerait la tâche de tout le monde. On travaille, on a des responsabilités, on est sur des conseils étudiants, des comités communautaires. Les jeunes sont bien impliqués et ont besoin de bien pouvoir communiquer pendant la journée, dit-il.
L’élève de 12e année ajoute que les conseils étudiants craignent de ne pas pouvoir communiquer avec les élèves sans l'accès aux réseaux sociaux, ce qui pourrait nuire à la participation des jeunes à certaines activités.
Hors de l’école et de la maison, trouver un troisième lieu
Dylan Laforest raconte que, pour les jeunes, la plus grande raison de l'utilisation des médias sociaux et du cellulaire est généralement liée à l’ennui.
Pendant les pauses, y’a rien à faire, y’a pas d’espace pour les jeunes. On est vraiment entassé dans une cafétéria, dans de petites salles de classe, on n’a pas d’activité, déplore-t-il.
Il indique que des initiatives comme des maisons des jeunes pourraient aider les adolescents à socialiser et à améliorer leur santé mentale.
Vraiment créer des espaces pour les jeunes parce qu’il n'y en a vraiment pas
Ce représentant de la FJFNB mentionne aussi un problème d’accessibilité récurrent. Par exemple, à son école à Grand-Sault, en raison du manque de personnel et de temps, ils n’ont pas pu créer un comité de débats. Il ajoute qu'il est fréquent d’entendre des jeunes dire qu’ils n’ont pas de moyens de transport après l’école pour participer à des activités.
Ce que la FJFNB souhaite
Dylan Laforest est clair, les jeunes veulent être consultés.
C’est pas forcément d’enlever cette politique-là, mais de demander aux jeunes : "Qu’est-ce qui rendrait votre éducation meilleure? Qu’est-ce qu’on peut faire pour vraiment être sûr que vous vouliez plus être distraits par vos téléphones, que vous vouliez être concentrés sur vos travaux, que vous vouliez apprendre, que vous vouliez être à l’école?" C’est ça qui manque du ministère de l'Éducation et du Développement de la petite enfance. On n’a pas demandé aux jeunes, regrette-t-il.
Une pétition en ligne
Pour contester la décision du ministère de l’Éducation découverte sur les plateformes de la FJFNB, Maissame Bouchema, une élève de l’école l’Odyssée à Moncton, a lancé une pétition en ligne. Intitulée Réévaluer l'interdiction totale des cellulaires en école secondaire , la démarche a récolté 372 signatures en 24 heures.

Maissame Bouchema est une élève de l’école secondaire l’Odyssée à Moncton. Elle rentre en 12e année en septembre.
Photo : Maissame Bouchema
Comme la FJFNB, Maissame Bouchema mentionne la logistique de la vie quotidienne des élèves qui risque d’être ébranlée, que ce soit pour les rendez-vous médicaux, les commandes de nourriture, et plus encore. Pour elle, c’est aussi une question de sécurité pour certains élèves qui font des crises d’anxiété et dont la ressource principale est leurs parents au bout du fil.
Je demanderai juste qu’on garde la même politique qu’on avait avant, pas de cellulaires pendant les cours et les classes, mais qu’on garde la pause comme un moment pour nous pour profiter de notre journée, puis parler avec nos amis, préconise-t-elle.
La pause, c’est un temps qui nous appartient à nous, c’est un temps où on se construit. Et nous dire comment on doit utiliser cette pause c’est comme nous enlever cette liberté et ce privilège
Pour l’étudiante de 12e année, la pause devrait offrir une liberté semblable à celle du monde du travail.
Maissame Bouchema espère que les autorités accepteront d'entendre la voix des élèves. Ma question pour Mme Claire [Johnson] : Est-qu’ils seraient partants à nous écouter, puis même si ça va contre leurs opinions?, demande-t-elle.


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