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La plage Youghall est peu occupée en cette fin du mois d'août, quand Max Gauvin se présente pour son entraînement. Le soleil rayonne sur la baie des Chaleurs, l'odeur de la mer flotte dans l'air, le sable est chaud et doré.
C'est un temps de vacances, mais ce n'est pas un temps de détente.
Le nageur de 15 ans se prépare à relever son plus grand défi : participer aux Championnats mondiaux de natation en eau libre, le 4 septembre, à Sante Fe, en Argentine.
J'ai hâte, lance l'adolescent de Bathurst. D'après moi, ça va être une belle expérience. Ça me donne la motivation pour continuer à pratiquer fort.

Nager dans un plan d'eau, à l'extérieur, est une différente expérience. Max Gauvin comprend l'ampleur de la tâche qui l'attend.
Photo : Radio-Canada / François Le Blanc
Parmi la dizaine de baigneurs et de vacanciers qui se prélassent sur la plage, l'Acadien détonne avec sa combinaison noire et ses cheveux bouclés. Lorsqu'il regarde l'eau bleue de la baie des Chaleurs, il prend la pleine mesure de ce qui l'attend.
Je veux pas dire que c'est du stress, explique le jeune homme. Mais c'est une autre étape que je franchis, comparé aux compétitions provinciales. Maintenant, c'est international.
Il s'agit de sa première compétition mondiale. La course, de 5 km, sera disputée dans un lac artificiel, Lago sur In Parque del Sur, à Santa Fe, en Argentine.
Un parcours non planifié
Max Gauvin a été choisi au terme des essais canadiens de natation en bassin, au début juillet à Montréal. L'entraîneur de l'équipe nationale, Mark Perry, l'a invité à la compétition internationale.

Max Gauvin détient de nombreux records au Nouveau-Brunswick. Il fait partie d'une génération de jeunes nageurs qui se démarquent depuis quelques années.
Photo : Natation Canada
On m'a dit : tu as les critères pour aller en Argentine, donc, si tu fais une bonne course, t'es dans l'équipe, raconte Max. J'ai dit oui et j'ai fait un bon temps!
Cette sélection avec l'équipe canadienne n'était pas planifiée dans son parcours.
L'objectif, c'était d'aller aux essais et de gagner de l'expérience en piscine, comme d'autres l'ont fait avant lui, ajoute Mohamed Rachidi, l'entraîneur-chef du club des Piranhas Blast de Bathurst.
Ce voyage à Montréal a dépassé les attentes.

Max Gauvin en grande discussion avec son entraîneur, Mohamed Rachidi.
Photo : Radio-Canada / François Le Blanc
Mohamed Rachidi a préparé, en peu de temps, un plan d'entraînement pour l'aider à relever ce nouveau défi. Nager en eau libre, c'est différent de la piscine.
Il y a le vent, il y a la température de l'eau, il y a le contact, rappelle-t-il.
Les nageurs partent tous en même temps. Il y a beaucoup de circulation dans l'eau. Les contacts sont fréquents et parfois féroces. Ça joue du coude sous l'eau.

Les départs d'une compétition en eau libre sont chaudement disputés, comme on le voit ici lors de la Traversée internationale du lac Saint-Jean. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mireille Chayer
Max nage habituellement en piscine où chacun est dans son couloir.
Le départ est vraiment important, car il y a beaucoup de monde qui va vers le même point, explique-t-il. D'après moi, je ne vais pas vraiment essayer de frapper le monde, mais juste essayer de me dégager le plus vite possible.
M. Rachidi renchérit.
On s'est mis d'accord, moi et Max, il faut se positionner dans le premier groupe, dévoile le mentor. C'est très important en début de course. Après, il faut gérer la fin et aller très très vite.
Préparation
Max s'est entraîné en piscine au Centre aquatique de Bathurst, avec des séances en eau libre à la plage Youghall.
En piscine, je pratique ma vitesse. À la plage, je développe ma technique, soutient-il.

Max Gauvin s'entraîne six fois par semaine, à raison de deux heures par séance. L'Acadien alterne entre la piscine et la mer pour perfectionner ses techniques et améliorer sa vitesse.
Photo : Radio-Canada / François Le Blanc
Contrairement à la piscine, les nageurs n'ont pas de point de repère dans le fond de l'eau. Il y a des bouées pour suivre le parcours. Il faut savoir quand les contourner et quand dépasser son adversaire.
Mohamed Rachidi s'est attardé à ces deux notions dans la préparation de Max. Il ne faut pas perdre son erre d'aller.
Il risque d'être bloqué et, en natation, s'il s'arrête, c'est fatal, rappelle l'entraîneur.
Dans le cadre de sa préparation, cet été, Max a participé aux Deux milles de natation Denis-Sonier de Tracadie et à la Traversée de la baie des Chaleurs. Deux courses qu'il a remportées.
Ça me donne de l'expérience pour essayer mes techniques et de voir ce qui est bon durant la course. Je suis content pour ces expériences.

Max Gauvin a gagné les Deux milles de natation Denis-Sonier en juillet.
Photo : Zéro Excuses
Heureux comme un poisson dans l'eau
En Argentine, le jeune nageur sera épaulé par un personnel d'entraîneurs et de soutien.
Je sais que je suis entouré d'une bonne équipe, donc je ne suis pas trop inquiet, déclare-t-il.
Max nage depuis qu'il a 5 ans. Être dans l'eau, c'est une seconde nature. Il a progressé rapidement. L'Acadien est au troisième rang des meilleurs nageurs âgés de 15 ans au Canada.

Mohamed Rachidi observe Max Gauvin, qui nage au loin. L'entraîneur s'attarde à corriger la technique de son protégé.
Photo : Radio-Canada / François Le Blanc
Il y a beaucoup de qualités techniques et, sur le plan mental, c'est un compétiteur, décrit M. Rachidi. Il apprend beaucoup chaque fois.
Pourquoi aime-t-il nager à un haut niveau?
Juste le plaisir d'être capable de me pousser à mes limites, de continuer à persévérer. Quand tu obtiens un temps, ça fait du bien à voir que ton travail, ça paye.
Sa participation aux Mondiaux est le résultat de son travail méticuleux et acharné.
La course de 5 km aura lieu le 4 septembre à 14 h, heure de l'Atlantique.


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