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L’est de l'Arctique canadien a terminé 2025 et commencé la nouvelle année avec des températures exceptionnellement douces, jusqu'à 30 degrés Celsius au-dessus de la normale.
Ces températures sont dues à de l’air venu de la Nouvelle-Angleterre et même de la Floride, selon Natalie Hasell, météorologue de sensibilisation aux alertes d’Environnement et Changement climatique Canada. Des dépressions au-dessus du Québec ont fait en sorte qu’un courant-jet a poussé tout cet air chaud jusqu’au Nunavik, l’est du Nunavut et plus au nord dans l’Arctique.
Il faisait si chaud qu’il a même plu sur l’île de Baffin, la région la plus frappée par cette vague de chaleur. On n'y parle presque jamais de pluie en janvier, dit Natalie Hasell. Elle ajoute que ces conditions de grosse douceur et semblables à l’automne sont anormales.
Ces températures sont très souvent accompagnées de vent, de rafales, de nuages et de précipitations, continue la météorologue.

La baie de Frobisher à Iqaluit n'était toujours pas gelée le 31 décembre dernier.
Photo : CBC / David Gunn
Plusieurs records ont été battus sur l’île, notamment à Pangnirtung. Du 30 décembre au 6 janvier, soit pendant huit jours consécutifs, quatre records de chaleur ont été établis et les quatre autres journées ont atteint le deuxième rang des températures les plus élevées.
Il y a fait 7,3 degrés Celsius le 30 décembre et 8,1 degrés Celsius le 4 janvier. D’habitude, la normale se trouve dans les -20 degrés pour les températures moyennes, poursuit Natalie Hasell.
C’est presque 30 degrés de différence, c’est énorme. C’est quasiment inouï.
Rafales, pluie et palourdes

Madeleine Qumuatuq a passé la majorité de sa vie à Pangnirtung et les changements climatiques l'inquiètent. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey
Madeleine Qumuatuq, résidente de Pangnirtung, raconte que de puissantes rafales ont disloqué la mince glace de mer dans le fjord, avant que la chaleur ne l’achève.
À cette période de l’année, la banquise devrait être suffisamment formée pour permettre aux pêcheurs et aux chasseurs de phoques de s’y déplacer. Mais il n’y a pas de glace, dit cette femme dans la soixantaine qui ne se souvient que d'un autre épisode similaire, il y a plusieurs années.
Les pêcheurs ne peuvent pas atteindre la baie Cumberland où se trouvent les plus gros flétans, poursuit-elle, ce qui a des conséquences sur la communauté d’environ 1500 habitants où une usine de poissons emploie plusieurs d’entre eux.

Jessica Akpalialuk a ramassé des palourdes à Pangnirtung en janvier, une première pour elle.
Photo : Fournie par Jessica Akpalialuk
Mais une résidente de l’endroit a pu s’adonner à l’une de ses activités préférées: ramasser des palourdes sur le rivage dégelé. C’était bizarre de faire ça en janvier, raconte Jessica Akpalialuk, dans la trentaine.
C’était une première pour celle qui récolte d’habitude ce mollusque de septembre à novembre. Elle en a ramassé suffisamment pour les cuisiner pour sa famille. D'autres personnes sont aussi sorties en récolter.
Plusieurs autres records de températures ont été battus au Nunavut, dont à Iqaluit, Pond Inlet ou Arctic Bay. Même Grise Fiord, le village le plus septentrional du Canada, sur l’île d’Ellesmere, n’y a pas échappé.
Très étrange et très chaud
Le Nunavik a aussi vu des températures douces. C’était le cas notamment à Ivujivik, le village le plus au nord au Québec. Il a été impossible de tenir des jeux communautaires sur la baie durant les fêtes, faute de glace suffisante, dit le résident Thomassie Mangiok.

Cet étang à Ivujivik n’est toujours pas gelé, bien qu'on soit en janvier.
Photo : Fournie par Thomassie Mangiok
Normalement, on fait la course pour percer des trous dans la glace, pêcher ou courir sur la glace, et aussi des courses en motoneige, raconte ce père de famille dans la quarantaine.
On dirait le printemps, j’ai l’impression d’être dans le Sud, et non dans le Nord.
Cet hiver, comme le précédent, est très étrange et très chaud. Il s’étonne aussi de la quantité de neige tombée récemment, une neige lourde qui complique les déplacements.
D’habitude, janvier est un mois froid et dégagé. Mais on a des blizzards et des tempêtes de neige, à tel point qu’on voit à peine le ciel, poursuit M. Mangiok.
Si le manque de glace a gâché les jeux, il s'inquiète surtout pour la chasse au phoque, l’une de leurs sources de nourriture. S’il n’y a pas assez de glace, ce n’est pas bon pour les phoques, ni pour les ours polaires, et c’est dangereux pour nous, dit-il.
On essaye de s’adapter [aux changements climatiques], mais ça va vite. Ça m’inquiète, car on dépend de la nature pour une alimentation saine.

À Ivujivik, un redoux a fait fondre la glace où Thomassie Mangiok avait laissé son traîneau.
Photo : Fournie par Thomassie Mangiok
Se préparer
La météorologue Natalie Hasell s’attend à ce que ces variabilités continuent, avec des périodes de froid et de chaleur survenant à des moments inattendus. Selon les prévisions, l'hiver sera plus chaud que la normale au Nunavut.
L’important, c’est que les gens soient préparés, dit-elle, ajoutant que la gestion des urgences débute au niveau individuel. Mme Hasell encourage les habitants à échanger et ajoute que la communauté doit prendre des décisions collectives et anticiper les besoins en ressources.
Madeleine Qumuatuq invite d'ailleurs ses concitoyens à mieux planifier dès maintenant en ce qui concerne ces changements.


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