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Les bâtiments doivent être mieux adaptés aux changements climatiques, selon une professeure québécoise de passage à l’Université de Moncton. La Ville, où se multiplient les constructions depuis quelques années, dit que la résilience climatique prend de plus en plus de place dans les discussions avec les promoteurs immobiliers.
Dans le cadre de l’École d’été 2026 sur le développement durable, la professeure en sciences de la gestion à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Andrée De Serres, a donné une conférence sur la résilience climatique des bâtiments.
À mon avis, un immeuble plus durable, plus résilient, on va avoir mis un toit de meilleure qualité. On va avoir un système de chauffage, ventilation, conditionnement d'air de plus grande qualité. On va peut-être avoir fait attention à l’aménagement autour pour le rendre plus résilient aux grandes pluies ou à la sécheresse , explique la professeure.

Andrée De Serres est professeure en sciences de la gestion à l’Université du Québec à Montréal, et titulaire de la chaire La Caisse en immobilier, qui s'intéresse aux transformations du secteur immobilier.
Photo : Radio-Canada / Frederic Cammarano
L’idée, c’est de rendre le bâtiment plus résistant aux extrêmes et aux catastrophes climatiques et de prolonger sa durée de vie utile.
Cette attention écologique est essentielle, selon la professeure, qui souligne que le secteur du bâtiment - de la construction des matériaux à la démolition en passant par l’entretien - occupe le troisième rang en production de gaz à effet de serre dans le monde.
Une croissance effrénée dans le Grand Moncton
Andrée De Serres présente son propos à l’Université de Moncton, à quelques rues seulement de nouvelles tours résidentielles, qui se multiplient à Moncton, Dieppe et Riverview.
Le Grand Moncton a grandi très rapidement ces dernières années, à un rythme supérieur à presque toutes les autres régions urbaines du pays.

Une tour à logements en chantier au centre-ville de Moncton, en 2023.
Photo : Radio-Canada
L’accueil de nombreux nouveaux résidents a provoqué une accélération du rythme de construction de logements.
La Société canadienne d’hypothèque et de logements (SCHL) a même fourni une aide pour accélérer les mises en chantier : des fonds, mais aussi l’accès à un catalogue de construction pour les promoteurs dans la ville de Moncton.
Concilier croissance et adaptation climatique
Malgré le rythme de construction effréné dans la région du Grand Moncton, est-ce que des mesures ont été mises en œuvre pour que ces nouveaux bâtiments résistent aux années et aux évènements climatiques?
Dans une réponse écrite, la Ville de Dieppe affirme qu’elle travaille à un plan de transition écologique, qui est en fait une mise à jour de son plan d’adaptation aux changements climatiques. Elle prévoit le terminer en 2027.
De son côté, la Ville de Moncton a établi des lignes de conduite sur le développement écologique. Celles-ci sont décrites comme des conseils et des principes-cadres sur les moyens de réduire l’impact environnemental de la promotion immobilière à Moncton. Le document rassemble des pratiques exemplaires et des recommandations, mais les promoteurs ne sont pas tenus de s’y conformer.

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Les risques d'inondation au centre-ville de Moncton sont bien réels. Patrick Lacelle explique.
Photo : Radio-Canada
Vers une approche plus contraignante?
Tim Moerman, directeur de la planification et de la gestion de l’environnement pour la Ville de Moncton, affirme que la résilience climatique fait de plus en plus l’objet de discussions entre les grands promoteurs immobiliers et la Ville au cours du processus d’approbation des grands projets.

Tim Moerman est directeur de la planification et de la gestion de l'environnement pour la Ville de Moncton.
Photo : Radio-Canada / Margaud Castadère
Il fait remarquer que la Ville a déjà des règlements de zonage, particulièrement en ce qui concerne les risques d’inondation. À titre d’exemple, depuis une dizaine d’années, un règlement exige que tout espace habitable soit aménagé à au moins 10,5 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Tim Moerman estime cependant que la Ville devra être plus claire et se montrer plus exigeante et plus contraignante pour favoriser une meilleure résilience climatique de la part des promoteurs immobiliers. Nous devons exiger quelque chose de plus.
La Ville de Moncton mène en ce moment un examen de son Plan municipal et de son arrêté de zonage, et sollicite les commentaires du public. Selon Tim Moerman, il s’agit d’une énorme opportunité pour la population de se faire entendre sur l’enjeu de la résilience climatique.
Avec des renseignements de Margaud Castadère


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