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Drames à Rouen, au Brésil... avant Crans-Montana, ces autres incendies mortels dans des bars et boîtes de nuit

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Dans de nombreux cas, de la pyrotechnie utilisée en intérieur a entraîné la propagation rapide des flammes.

EN BREF Des incendies mortels dans des bars et discothèques, souvent causés par la pyrotechnie, ont fait des milliers de victimes depuis 1970.
C’était le cas au Brésil en 2013, à Rouen en 2016, ou encore en Macédoine du Nord en mars 2025.
L’incendie de Crans-Montana pourrait avoir été provoqué par des bougies étincelles selon les témoins. Une enquête est en cours pour le confirmer ou non.

Un drame qui en rappelle d’autres. Avant le terrible incendie de Crans-Montana en Suisse lors de la nuit du réveillon du Nouvel An, qui laisse craindre un bilan de « plusieurs dizaines de personnes » décédées, d’autres feux dévastateurs ont déjà ravagé par le passé des bars ou discothèques lors de soirées.

Si les autorités du canton du Valais ont annoncé avoir ouvert une instruction pour « incendie » ne s’avancent pas dans l’immédiat sur les causes du drame de Crans-Montana, plusieurs témoignages concordent sur l’éventuelle cause du sinistre.

Ces témoignages diffusés par différents médias suisses, français et italiens ont indiqué que des bougies étincelles fixées sur des bouteilles brandies par une personne juchée sur les épaules d’une autre avaient provoqué l’incendie en touchant le plafond. Ces mêmes témoins ont précisé qu’il s’agissait d’un « show » habituel dans l’établissement.

« Il me semble qu’il y avait des dames, des serveuses, avec des bouteilles de champagne avec des petites fusées. Elles ont été trop, trop près du plafond, et ben ça a pris feu d’un coup », a notamment raconté Axel, présent au moment du drame, au média italien Local Team.

Par le passé, depuis 1970 dans le monde, il y a eu au moins une quarantaine d’incendies totalisant plus de 2 500 morts et des milliers de blessés dans des bars, cafés ou discothèques, note Ouest-France.

Le drame de Saint-Laurent-du-Pont en 1970

Un exemple marquant en France remonte à août 2016 à Rouen, quand 14 personnes ont trouvé la mort dans l’incendie du bar Cuba Libre, asphyxiées dans la cave aménagée de l’établissement. Lors de cette soirée, le feu avait pris à cause de bougies d’anniversaire scintillantes. Celui-ci s’était propagé rapidement à cause de la présence de mousse isolante, conçue pour atténuer le bruit mais qui avait été posée sans déclaration ni autorisation, et qui était hautement inflammable.

En 1970, le bilan humain avait été beaucoup plus dramatique à Saint-Laurent-du-Pont en Isère, après l’incendie de la discothèque 5-7 où des décors en plastique s’étaient embrasés : 146 morts. Dans ce cas, comme le rappelle franceinfo, de nombreuses infractions en matière de sécurité avaient été relevées. Notamment la condamnation des issues de secours ou la présence d’un tourniquet d’entrée à sens unique.

À l’étranger, le cas le plus récent remonte à mars 2025, quand une discothèque pleine à craquer avait été ravagée par les flammes en Macédoine du Nord, tuant 61 personnes et faisant 155 blessés. L’incendie avait pris à la suite d’étincelles provenant d’engins pyrotechniques utilisés lors d’un concert donné à l’intérieur par un groupe de hip-hop.

Les bilans furent beaucoup plus lourds à Fuxin en Chine en novembre 1994 (234 morts), ou à Santa Maria au Brésil dans une discothèque en janvier 2013 (232 morts). Pour ce dernier fait divers, un engin pyrotechnique avait là encore été déclenché à l’intérieur de l’établissement, embrasant de la mousse isolante.

Des règles strictes

On peut aussi rappeler cet incendie resté marquant, lors des célébrations du Nouvel An à Bangkok en Thaïlande en 2009. Un incendie dans une discothèque avait tué 67 personnes, tandis que 222 autres avaient été blessées. Plusieurs témoins ont laissé entendre que les flammes se seraient propagées par des feux d’artifice extérieurs, ou encore par des cierges magiques utilisés à l’intérieur de la boîte de nuit, recontextualise Le Parisien.

Interviewé par l’AFP après le drame de Crans-Montana, le sapeur-pompier David Audisio, chef de service prévention contre les risques d’incendie dans les établissements recevant du public dans le SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) de l’Ain, rappelle que « toute flamme nue, toute source d’initiation d’incendie, est strictement interdite dans les établissements recevant du public en France ». Leur utilisation demande « des mesures compensatoires et dérogatoires qui sont de nature à éviter le drame ».

Pour éviter ce type de sinistre, il faut par ailleurs que « l’utilisation [des] matériaux (...) [respecte] une réaction au feu qui soit conforme à la réglementation, c’est-à-dire des matériaux qui, en se consumant, ne dégagent pas de gaz toxiques et inflammables et ne propage pas l’incendie ». « Et puis après, c’est les mêmes règles que dans tous les établissements recevant du public, c’est-à-dire un désenfumage qui fonctionne, des issues de secours qui sont libres, vacantes et utilisables en tout temps et puis un éclairage de sécurité performant », énumère le sapeur-pompier.

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