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Le centre-ville de Moncton a été frappé par une vague de surdoses le week-end dernier. Les intervenants communautaires et les premiers répondants en ont eu plein les bras.
La journée de vendredi s’annonçait ordinaire au site de consommation supervisée d’Ensemble Moncton. Les choses ont toutefois déboulé rapidement en après-midi, explique son coordinateur, Josué Goguen.

Josué Goguen, de l'organisme Ensemble Moncton, croit que les gens qui ont fait une surdose ont consommé du fentanyl contenant un puissant tranquillisant.
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
On a eu deux premières surdoses. On y a répondu. Même pas quelques minutes après, il y en a eu quatre autres en même temps. Ça a continué. Pour un bout, notre site était plein de gens qui étaient en sédation prolongée. On avait les ambulances ici qui checkaient sur le monde avec nous autres, raconte-t-il.
Il explique que cette vague de surdoses chez les consommateurs de fentanyl s’est poursuivie pendant le week-end. Ensemble Moncton et d’autres organismes communautaires ont été submergés.
Il y avait des partenaires qui étaient en train de manquer de naloxone [un médicament qui permet de neutraliser temporairement les effets des opioïdes], donc il fallait qu’on aille en porter pendant la fin de semaine. Ça a été une fin de semaine difficile pour tout le monde.
Josué Goguen soupçonne que les gens qui ont fait des surdoses ont consommé du fentanyl qui contenait des tranquillisants, une hypothèse qui repose sur le fait que la naloxone ne suffisait pas à leur faire reprendre connaissance.
On pense que c’est probablement de la médétomidine. On ne peut pas le confirmer, mais c’est probablement quelque chose comme ça qui est dans les substances, dit-il.
La médétomidine est un tranquillisant très puissant utilisé par les vétérinaires. Il n’est pas approuvé pour la consommation humaine.
67 appels en 4 jours
Les pompiers de Moncton ont eux aussi été débordés au cours des derniers jours. Leur chef, Conrad Landry, confie qu’il n’a jamais vu un week-end aussi mouvementé.

Le chef des pompiers de Moncton, Conrad Landry, n'a jamais vu un si grand nombre d'appels pour des surdoses dans un si court laps de temps.
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
De vendredi à l’heure du midi jusqu’à midi [lundi], on a eu 52 appels pour des surdoses. C’est un nombre assez élevé. Ce n’est pas quelque chose qu’on a déjà vu dans le passé, dit-il en entrevue.
Mardi matin, en entrevue à l'émission La matinale, M. Landry a indiqué que 15 autres surdoses étaient survenues depuis la veille, pour un total de 67.
Au cours du week-end précédent, les pompiers avaient répondu à cinq appels pour des surdoses, selon Conrad Landry.
Cette situation hors du commun a étiré les ressources du service d’incendie de Moncton. À certains moments, deux équipes à la fois venaient en aide à des victimes de surdoses.
Évidemment, notre priorité, c'est les incendies. Mais, si on est avec un patient qui a de la difficulté [en raison d’une surdose], on ne peut pas laisser ce patient-là avant que l’ambulance arrive. Donc, ça veut dire que s’il y a un feu dans la ville, ça se peut que les camions vont être retardés [...] On n’a pas eu de feu cette fin de semaine, mais ça aurait pu affecter le temps de réponse.
C’est quelque chose qui est préoccupant. J’espère que ça ne va pas continuer.
Josué Goguen, d’Ensemble Moncton, dit qu’il est difficile de savoir pendant combien de temps le lot de drogues ayant mené à ces surdoses va circuler dans la communauté.
On ne peut jamais vraiment prédire. Ça pourrait être une couple de jours, ça pourrait être une couple de semaines.
Il invite les consommateurs de drogues à faire preuve de prudence et à en prendre de plus petites quantités qu’à l’habitude. Les gens peuvent aussi faire tester leurs doses chez Ensemble Moncton pour avoir une meilleure idée de ce qu’ils prennent.


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