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Shannon Mann, une militante de Saskatoon, est de retour en Saskatchewan après avoir été expulsée d’Islande. Elle faisait partie des 21 membres d’équipage du Bandero, un navire de la Captain Paul Watson Foundation mobilisé cet été pour perturber la chasse commerciale à la baleine au large des côtes islandaises.
À la fin de juillet, Shannon Mann se trouve aux côtés d’autres membres d’équipage lorsqu’ils reçoivent des images montrant des baleines abattues par des chasseurs commerciaux islandais.
Beaucoup de femelles sont gestantes à cette période. [Les chasseurs commerciaux] ont donc ramené cette femelle. Ils l'ont ouverte et en ont extrait un fœtus mort assez gros, raconte Shannon Mann.
L’équipage se lance alors à la recherche des navires baleiniers avec l’intention d’entraver leurs activités. Le Bandero prend notamment en chasse un navire de la compagnie islandaise Hvalur.
Nous plaçons nos petites embarcations devant le harpon ou entre les harpons et les baleines. Nous essayons de les bloquer avec notre navire, mais il s'est avéré tout simplement impossible de les repérer.
Ce jour-là, la traque mène toutefois le navire à l’intérieur des eaux territoriales islandaises.
Shannon Mann indique que, après une poursuite prolongée, les autorités islandaises sont intervenues pour intercepter et arraisonner le bateau. Cependant, selon la Garde côtière islandaise, c'est l’équipage du baleinier qui a sollicité de l'aide, affirmant craindre pour sa sécurité.
Des membres de la Garde côtière et du Viking Squad, l’unité d’intervention de la police islandaise, montent finalement à bord et prennent le contrôle du navire. Les 21 membres d’équipage sont alors placés en détention.

Shannon Mann a toujours eu à cœur de défendre les baleines contre la chasse. C'est une cause qu'elle ne peut expliquer, affirmant que cela vient tout naturellement en elle. La voici en août 2026.
Photo : Fournie par Whale Wars
Des militants isolés, puis expulsés du pays
Shannon Mann explique que les autorités ont rapidement confisqué les passeports et les téléphones des militants, en plus de couper l'accès à Internet à bord.
Nous étions donc tous isolés, à l'exception de l’ingénieur en chef, qui devait assurer le bon fonctionnement du navire. Ils ont ensuite tout simplement escorté le bateau jusqu'au port de Reykjavik, relate Shannon Mann.
Une fois au port, les membres de l’équipage ont été interrogés par la police. Shannon Mann affirme que les enquêteurs ont insisté pour obtenir les codes d’accès de leurs téléphones, mais que les militants ont convenu ensemble de refuser, bien que leurs appareils aient déjà été saisis.
Les autorités islandaises ont finalement ordonné l’expulsion des membres de l’équipage. De retour à Saskatoon, Shannon Mann et plusieurs de ses camarades font l’objet d’une interdiction de séjour en Islande, une décision qu’ils prévoient de contester.

Une photographie prise le 30 juillet 2026 depuis l'embarcation du Bandero, un navire de protestation de la Fondation Captain Paul Watson qui montre un navire des garde-côtes islandais.
Photo : Fournie par La Presse Canadienne
Une pratique commerciale toujours autorisée en Islande
L’Islande compte, aux côtés de la Norvège et du Japon, parmi les rares pays où la chasse commerciale à la baleine demeure autorisée.
La campagne à laquelle participait Shannon Mann visait directement Hvalur, la dernière entreprise islandaise à pratiquer cette chasse à grande échelle, propriété de l’homme d’affaires Kristján Loftsson.
Pendant des années, l'essentiel de la viande de rorqual commun capturée en Islande était destiné au marché japonais, mais de nouveaux débouchés sont envisagés.
À l’heure actuelle, l’Islande envisage de chasser des rorquals communs pour produire des suppléments de fer, sous prétexte d'une demande mondiale accrue. Ils prévoient ainsi de transformer la chair de ces baleines en comprimés, précise Andrew Trites, professeur à l’Université de la Colombie-Britannique et directeur de l’Unité de recherche sur les mammifères marins.
Malgré une épreuve qu’elle qualifie de traumatisante, Shannon Mann espère que les images diffusées et l’intervention policière relanceront le débat public sur cette pratique controversée.
Avec les informations de Leisha Grebinski et Randi LaRocque


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