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Après dix mois d'éclipse médiatique, la plupart du temps loin, voire très loin de la métropole, Valérie Plante revient sur le devant de la scène en tant qu'experte invitée à la Maison des affaires publiques et internationales de l’Université de Montréal.
Je crois fondamentalement que la science, les données et la recherche doivent guider les décisions. La ville peut être un silo, et à côté, le milieu universitaire peut aussi avoir son jargon, ses façons de faire. Alors, comment est-ce que ces mondes-là peuvent mieux communiquer au service de la population?, s'interroge l'ancienne mairesse dans une entrevue à Radio-Canada.
Valérie Plante marche ainsi dans les pas de l'ancien chef du Nouveau Parti démocratique Thomas Mulcair, l'ancien chef du Parti libéral du Canada Stéphane Dion et l'ancienne députée péquiste Véronique Hivon, qui font partie des personnalités publiques venues transmettre leur expérience du pouvoir et de la mécanique politique à l'Université de Montréal.
Confrontation des points de vue
À l’ère des grands questionnements sur l’évaluation et l’enseignement, bousculés par l’intelligence artificielle, le doyen de la Faculté des arts et des sciences, Frédéric Bouchard, se réjouit de la venue de l'ancienne mairesse.
L'éducation, fondamentalement, c'est une aventure humaine et il va falloir favoriser, encourager les expériences humaines significatives. Ça veut dire des échanges, des dialogues avec des personnes comme Valérie Plante. Sa trajectoire est absolument exceptionnelle explique-t-il.
On ne cherche pas l'homogénéisation, on ne cherche pas l'unanimité politique ou idéologique, on cherche la confrontation des points de vue et elle vient contribuer à cette discussion, ajoute-t-il.

L'ancienne mairesse de Montréal Valérie Plante (gauche), lors de la transition avec la mairesse élue, Soraya Martinez Ferrada, à l'hôtel de ville. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov
Il s'agit donc pour Mme Plante d'un retour sur les bancs de l’université qu’elle a fréquentée. Ou plutôt sur l’estrade, cette fois. Mais pas question d’en devenir gérante.
J’en ai eu plusieurs sur mon dos, des gérants d’estrade, au cours des années. Je suis vraiment une personne qui regarde en avant, affirme-t-elle.
Si l'ex-mairesse se fait avare de commentaires quant aux politiques environnementales de sa successeure à l’hôtel de ville, Soraya Martinez-Ferrada, elle garde cependant un œil critique sur les actions à l’échelle nationale, notamment avec l’alliance pancanadienne Retroussons-nous les manches pour le climat, qu'elle copréside.
Les décisions qui ont été prises par le gouvernement Carney au niveau des voitures électriques ou encore la volonté d'investir dans les énergies fossiles, ce sont des reculs. Le but de mon travail, c'est de continuer à mettre la pression, avec des données et des chercheurs, pour convaincre qu'il ne faut pas reculer, souligne-t-elle.
Elle réfléchit notamment aux limites auxquelles les villes font face dans leurs projets de lutte et d’adaptation aux changements climatiques. Parmi mes recherches actuellement, je remarque qu'il existe d'autres moyens de financer les villes. Entre autres, une banque d'infrastructure municipale qui pourrait être à l'échelle du pays, fait-elle remarquer. Ce modèle existe d'ailleurs déjà en Colombie-Britannique.
Plusieurs projets
Depuis son départ de l'hôtel de ville, Valérie Plante s'est tenue bien occupée. Pendant les dix mois qui ont suivi son retrait de la politique municipale, elle a terminé son premier roman, Grenades, qui paraîtra ce mois-ci aux Éditions Leméac. Elle animera aussi l'émission Ça brasse en ville, qui sera diffusée sur TV5, dans laquelle elle parcourt les villes du monde en quête de solutions.
Ça m'a permis de voir à quel point à Montréal, on a la chance d'avoir une population positive. Quand j'étais mairesse, je l’oubliais, parce qu’il a venté fort par moment. Mais quand je compare avec d'autres villes où c'était très difficile face au changement, ici, c'est le contraire, souligne-t-elle.
L'ancienne mairesse n'écarte pas non plus l'idée de refaire le saut en politique, mais pas de sitôt.
Je ne sais pas ce que l'avenir me réserve, qui sait? Mais pour l'instant je me vois faire plein de choses qui vont changer le monde, mais pas en politique, pour le moment en tout cas .


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