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Des résidents aînés du Manoir du passage, un HLM situé à quelques mètres de la ressource pour personnes en situation d’itinérance le 55, voient leur sentiment de sécurité renforcé grâce à la présence d’intervenantes communautaires dans le quartier et de gardiens de sécurité.
Yves Fortin fait toujours la vigie de nuit dans les aires communes du manoir. Il partage la garde avec quatre autres résidents, pour être certain que personne n’ait trouvé refuge dans les aires communes ou sous les cages d'escalier.
Mais depuis le début de l’été, il observe que les choses s’améliorent. On a l’impression qu’on s’occupe de nous autres, indique celui qui est aussi administrateur et représentant des loisirs au sein de la bâtisse de six étages qui héberge 82 résidents de 65 ans et plus. Une résidente croisée à l'entrée du bâtiment abonde dans le même sens, et dit qu'elle ne ressent plus le besoin de « signaler des incidents au 55. »

Yves Fortin affirme que plus personne ne vient se réfugier sous les balcons depuis qu'un gardien de sécurité patrouille l'édifice.
Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond
En mai dernier, Yves Fortin rapportait des inquiétudes persistantes de résidents en raison d'introductions répétées dans la bâtisse.

La Manoir du passage est un HLM de 82 logements destiné aux personnes de 65 ans et plus.
Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond
Pour renforcer la sécurité dans le secteur, l’OMH Lévis a mandaté l'entreprise Agence sécurité accès de patrouiller l'édifice et quatre autres HLM de la Rive-Sud. Le service mis en place n’est pas un gardien en permanence, mais bien un service de tournée préventive et d’intervention lors de demande d’intervention de la part de locataires, précise par courriel Gérard Truchon directeur général de l’OMH Lévis.

Des barreaux ont été installés pour bloquer l'accès à un espace sous un escalier extérieur.
Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond
Des mesures coûteuses
Debout sur son balcon, Louise Larue, 88 ans, surveille l'arrivée imminente d'un livreur. Elle préférerait que l’argent déboursé pour la sécurité serve plutôt à l'embauche d'un préposé à l'accueil. Selon elle, la présence de gardien ne change rien, alors que le problème de l’itinérance est en croissance, à Lévis et ailleurs. Moi ça m’inquiète pas, n’importe qui peut venir s'asseoir à l’extérieur. Certains n’ont pas de maison, souligne-t-elle.

Lucie Larue souhaite que l'OMH Lévis mette en place un préposé à l'accueil plutôt que d'investir dans des mesures de sécurité.
Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond
L’OMH Lévis a obtenu une aide financière de 50 000$ de la part de la Société d'habitation du Québec (SHQ) permettant la présence d'un gardien jusqu’à la mi-octobre. La nécessité quant à l’intensité du service sera réévaluée au courant de l’automne et le financement discuté avec la SHQ, indique M. Truchon.
L’OMH Lévis n’est pas le seul à recourir à une telle mesure au Québec. Ces services de sécurité peuvent être mis en place pour plusieurs autres raisons, telles que vandalisme, incendie criminel, visiteurs indésirables, introduction par effraction, vente de stupéfiants, etc., indique la SHQ par courriel.
Deux intervenantes communautaires sur le terrain
Au début de l’été, le Centre aide et prévention jeunesse (CAPJ), qui coordonne l’Accueil inconditionnel le 55, une ressource destinée notamment aux personnes en situation d’itinérance, a aussi procédé à l'embauche de deux intervenantes communautaires pour patrouiller le centre-ville et entrer en contact avec les commerçants et résidents du secteur qui cohabitent
Des agents de sécurité, ça a des bénéfices, mais les intervenantes sont plus formées pour rentrer en contact avec les personnes en situation d'itinérance ou les personnes plus vulnérables
Cette mesure a été rendue possible grâce à une aide financière de 37 000 $ de la Ville de Lévis et du Fonds pour bâtir des communautés plus sécuritaires.

Jean-Philippe Gagnon est directeur général du Centre aide et prévention jeunesse qui chapeaute la ressource communautaire du 55.
Photo : Radio-Canada / Alexandre Bellemare
Ça a donné de bons résultats parce qu’il n’y avait pas beaucoup d'intermédiaires, pas un jeu de téléphone bien long avant que les intervenants de milieu puissent aller voir ce qui se passait et offrir un soutien, lorsqu'il y avait des situations qui étaient rapportées par les résidents et les commerçants, indique Jean-Philippe Gagnon, directeur général du CAPJ.
Les deux intervenantes communautaires sont présentes sur le terrain jusqu’à la mi-septembre, mais le directeur du CAPJ souhaite que cette mesure soit prolongée et qu’une seule intervenante puisse être présente jusqu’à la mi-décembre.
Au moment d'écrire ces lignes, la Ville de Lévis n'avait toujours pas répondu à nos demandes d'informations sur ses intentions dans ce dossier.
Pour ce qui est de l’échéancier pour le déménagement du 55, Jean-Philippe Gagnon explique ne pas être en mesure de se prononcer sur une date. Rappelons qu'en mai dernier ce dernier a annoncé la mise en vente de la bâtisse pour financer le déménagement sur la rue Charles-Rodrigue.


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