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Une étude dévoilée ce mercredi révèle qu’une simple conversation téléphonique, même en mode mains libres, suffit à modifier le comportement du conducteur.
Delphine Bancaud - Aujourd'hui à 17:35 | mis à jour aujourd'hui à 17:42 - Temps de lecture :
Les mains restent sur le volant, mais l’attention décroche. Pour la première fois, une étude scientifique (*) a mesuré l’impact d’une conversation téléphonique passée au volant via un dispositif intégré au véhicule, seule utilisation autorisée du téléphone pendant la conduite. Si les conducteurs continuent à regarder la route quand ils papotent, leur manière de conduire change sensiblement. « Nous pensons tous être multitâches, mais le cerveau hiérarchise les activités. Dans ce cas, la conduite passe au second plan, alors même que c’est une tâche exigeante sur le plan cognitif », analyse Dominique Bouillon, sociologue du numérique. Et la perte d’information est deux à trois fois plus importante que lors d’une conversation avec un passager.
Une attention distraite qui se manifeste physiquement : les clignements des yeux augmentent de 57 % pendant les conversations téléphoniques sur la route. Les réflexes au volant sont également altérés : le temps de réaction augmente de 14 %. « On va prendre plus de temps pour décider face à un danger », souligne Nadia Auzanneau, directrice du pôle Santé d’OpinionWay. Les prises de risques sont aussi plus fréquentes : les excès de vitesse bondissent de 20 %, notamment parce que le conducteur fait moins attention aux panneaux de limitation de vitesse. Ce qui multiplie par deux le risque d’être flashé. Autre danger : les freinages brutaux, plus fréquent lors d’une conversation téléphonique (+24 %). Les conducteurs ont aussi plus de risque de se tromper dans leur itinéraire (+84 %), une source supplémentaire de stress au volant.
« Au final, une conversation téléphonique multiplie par trois le risque d’accident », résume Eric Lemaire, vice-président d’Assurance Prévention. L’expérimentation ne mesure pas si la nature de la conversation influe sur les comportements. « Mais l’on peut imaginer que plus l’engagement émotionnel est fort, plus le risque est élevé », indique-t-il.
L’usage du téléphone responsable de 419 décès en 2024
Des résultats qui font froid dans le dos quand on sait que l’utilisation du téléphone (à la main, ce qui est interdit ou via un système intégré) est responsable de 24 % des accidents corporels en France en 2024 et a entraîné 419 décès. « Et avec les IA compagnons capables de tenir une conversation pendant des heures, les risques vont encore croître », souligne Dominique Bouillon.
D’où la nécessité de rappeler quelques bons conseils à la veille des vacances. « Quand vous prenez la route, il faut couper vos notifications et vos appels pour ne pas être tenté d’y répondre ou de les consulter. Ou alors confier votre téléphone à un passager », indique Eric Lemaire. Et comme il est fortement recommandé de faire des pauses toutes les deux heures quand on prend l’autoroute, c’est aussi l’occasion de passer quelques coups de fil. Pour marteler ces messages, l’association lance une grande campagne de prévention qui sera diffusée tout l’été à la télévision, à la radio et sur internet.
(*) Étude réalisée par Opinion Way pour Assurance Prévention en mai 2026 sur 26 participants âgés de 21 ans à 59 ans, ayant utilisé des simulateurs de conduite Develter Innovation pendant deux sessions de 30 minutes. Un système d’eye tracking permettant d’analyser leur comportement avec et sans conversations téléphoniques au volant.


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