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La bouche peut être une porte d’entrée vers le diabète et les maladies cardiaques. Les gencives doivent être surveillées de près.
Une toute bête inflammation des gencives ? Attention danger. La banale parodontite s’impose aujourd’hui comme un véritable enjeu de santé publique. Cette maladie inflammatoire chronique des gencives qui détruit progressivement le tissu de soutien de la dent, concerne près d’un adulte sur deux après 50 ans et 16 % d’entre eux seraient atteints d’une forme sévère. Le plus troublant, c’est qu’elle ne fait pas mal. « Beaucoup de patients ignorent totalement qu’ils en sont atteints, jusqu’à ce qu’elle soit bien avancée », avertit le Dr Adrian Brun, chirurgien-dentiste à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil et maître de conférences à l’université Paris-Cité.
La parodontite débute par une simple accumulation de bactéries dans les espaces entre la dent et la gencive. Un biofilm se crée et il finit par déclencher une réponse immunitaire disproportionnée. En tentant de se défendre, l’organisme détruit peu à peu les tissus buccaux de soutien (gencive, ligament, os) : cela peut aboutir à la perte des dents et cela constitue une véritable porte d’entrée vers la circulation sanguine.
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Depuis une dizaine d’années, les études se multiplient sur le sujet : elles suggèrent toutes que les maladies parodontales ne s’arrêtent pas à la bouche. Elles semblent peser sur le risque cardio-vasculaire et, plus largement, métabolique. En 2025, plusieurs travaux internationaux sont venus confirmer le lien entre parodontites et caries et augmentation du risque d’hypertension, de diabète ou encore d’accident vasculaire cérébral.
Le lien avec le diabète établi
Deux mécanismes principaux sont aujourd’hui privilégiés. « En bouche, la parodontite équivaut à une plaie de la taille de la paume d’une main et active ainsi le système immunitaire et inflammatoire », explique le spécialiste. Cette inflammation diffuse fragilise les plaques d’athérome qui tapissent les artères. Second mécanisme, le passage de bactéries buccales dans la circulation sanguine. Sans provoquer d’infection grave, elles peuvent s’accrocher à ces plaques et favoriser leur rupture, point de départ classique des AVC et infarctus.
Le lien avec le diabète est également aujourd’hui établi. On sait que la parodontite complique l’équilibre glycémique tandis que le diabète aggrave la maladie parodontale. Traiter la gencive améliore souvent le contrôle du diabète, preuve d’une interaction forte entre ces pathologies. « C’est d’ailleurs ce qui a conduit à intégrer le traitement parodontal à plusieurs affections de longue durée dont le diabète », souligne le Dr Adrian Brun. Prochaine étape : démontrer qu’un traitement de la parodontite peut réduire le risque cardio-vasculaire. C’est l’objectif de l’étude inédite que viennent de lancer le Dr Adrian Brun et le Pr Mikaël Mazighi, neurologue à l’hôpital Lariboisière. Pour la première fois, des patients ayant déjà fait un AVC seront suivis après traitement parodontal, afin de mesurer l’impact sur l’inflammation des plaques d’athérome et sur le risque de récidive. Et si, demain, la santé bucco-dentaire devenait un pilier de la prévention cardio-vasculaire ? Derrière les gencives, c’est le cœur et le cerveau que l’on protège.
Trois conseils pour vos gencives
1/ Ne jamais ignorer un saignement des gencives. Un saignement au brossage des dents n’est jamais anodin. Il traduit le plus souvent une réaction inflammatoire liée à l’accumulation de bactéries sous la gencive. Beaucoup de personnes arrêtent de brosser ces zones par crainte d’aggraver la situation, alors qu’il faut au contraire persévérer avec un brossage doux mais rigoureux. Durant deux ou trois jours, le saignement peut augmenter légèrement, puis il régresse dès que l’inflammation diminue.
2/ Utiliser quotidiennement des brossettes interdentaires. La majorité des parodontites démarre entre les dents, là où la brosse classique ne passe pas. Le fil dentaire étant souvent insuffisant, les brossettes interdentaires sont indispensables pour désorganiser le biofilm bactérien. Leur usage régulier complète le brossage et constitue une part essentielle du traitement. Sans ce geste, près de 40 % des surfaces dentaires ne sont jamais correctement nettoyées, laissant un terrain idéal pour l’inflammation. Attention cependant, toutes les marques de brossettes ne sont pas équivalentes. Il faut qu’elles aient beaucoup de brins, et il faut utiliser plusieurs tailles. La brossette doit frotter sans forcer, mais sans flotter pour être efficace.
3/ Prendre en compte sa santé générale. Tabac, diabète mal contrôlé ou alimentation déséquilibrée augmentent fortement le risque de parodontite. Des gencives enflammées ou fragilisées reflète souvent l’état de santé global. L’action sur les facteurs de risque associée à un suivi régulier chez le chirurgien-dentiste, permet de maintenir durablement l’équilibre gingival et la santé générale.


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