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La volonté du nouveau maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) d’engager un « processus de désarmement » de la police municipale de sa commune suscite un vif émoi parmi les syndicats de la profession. Bally Bagayoko assure vouloir avancer prudemment sur ce dossier.

Aurélien Poivret - Aujourd'hui à 19:20 | mis à jour aujourd'hui à 19:20 - Temps de lecture :

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« Il faut fuir les communes LFI ! » Le Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM) n’y va pas par quatre chemins, au lendemain des élections municipales, pour fustiger la politique annoncée par les maires élus sous la bannière de La France insoumise (LFI). « Eu égard aux déclarations répétées de LFI, particulièrement hostiles aux forces de l’ordre en général et aux policiers municipaux en particulier », le SDPM exprime « ses plus vives inquiétudes concernant le bien-être au travail à venir des policiers municipaux de ces communes », écrit le premier syndicat de la profession, en faisant référence aux prises de position du parti de Jean-Luc Mélenchon.

Fustigeant régulièrement les « violences policières » - qui concernent bien plus la police nationale que les polices municipales -, La France insoumise s’était en effet positionnée au niveau national en faveur d’un désarmement des policiers municipaux avant de revenir, dans plusieurs villes, sur cette idée au cours de la campagne. À Roubaix, dans le Nord, David Guiraud, qui a remporté la mairie dimanche, n’avait pas intégré cette proposition choc, même s’il souhaite « recentrer » la police municipale « sur la présence humaine et la tranquillité publique ».

« Nous y allons piano piano »

À Saint-Denis, par contre, le nouveau maire Bally Bagayoko a immédiatement annoncé lancer un « processus de désarmement » en supprimant les lanceurs de balles de défense (LBD) de l’équipement des policiers municipaux de la ville de Seine-Saint-Denis, très exposée au narcotrafic et à la délinquance (la ville affiche un taux de personnes mises en cause pour trafic de stupéfiants de 4,6 habitants sur 1 000, contre 0,8 dans la moyenne nationale). « Mais ce n’est pas l’urgence », a tempéré sur France 2 l’élu francilien, qui a pour l’instant prévu de conserver les armes à feu pour ses agents. « Ça passe d’abord par la définition d’une doctrine. Nous y allons piano piano. »

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Mais cela n’est pas suffisant pour rassurer le président du Syndicat national des policiers municipaux. « Cette décision suscite une profonde inquiétude quant à la sécurité des agents et à leur capacité à assurer pleinement leurs missions de protection de la population, estime Frédéric Biedak. Dans un contexte où les violences à l’encontre des forces de l’ordre demeurent préoccupantes, désarmer la police municipale revient à fragiliser un maillon essentiel de la chaîne de sécurité publique. » « Est-ce que vous imaginez les forces de l’ordre pénétrer dans un quartier difficile de Saint-Denis sans arme ? », interroge le syndicaliste, qui met en avant le « besoin de soutien » des policiers municipaux.

L’initiative de Bally Bagayoko, qui semble pour l’heure isolée au sein des mairies LFI, est un tournant radical dans l’histoire récente des polices municipales. Celles-ci n’ont eu de cesse de se renforcer au cours des dernières années, à la fois pour pallier les difficultés financières de la police nationale et pour répondre à une exigence croissante des habitants envers leur maire sur les questions de sécurité. Au cours de la campagne des municipales, de nombreux candidats, surtout à droite, ont promis leur renforcement. Et dans le même temps, un projet de loi visant à étendre leurs prérogatives est en discussion au Parlement.

« Décision irresponsable »

Ce changement de posture à Saint-Denis poussera-t-il les agents municipaux à quitter la ville, comme le SDPM les y incite ? Selon Frédéric Biedak, ils seraient déjà 90, sur un total de 120, à vouloir déposer une demande de mutation vers une autre commune. Une occasion que l’extrême droite n’a pas manqué de saisir. « Nos nouvelles municipalités seront ravies d’étudier leurs dossiers ! », raille Marine Le Pen (RN), vite suivie par son allié Éric Ciotti (UDR). « La police municipale de Nice a besoin de renforts, clame le nouveau maire de la préfecture des Alpes-Maritimes. Nous serons fiers d’accueillir les agents de Saint-Denis menacés par la décision irresponsable de désarmement prise par la mairie LFI. »

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