NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Accroupie à quatre pattes dans un champ envahi par les mauvaises herbes, Olena Kabanova creuse le sol. Avec poigne, cette femme de 58 ans trace à la pelle un carré net autour d'un objet suspect, repéré par le détecteur de mines. Elle semble absorbée par son travail.
Il y a quatre ans, ce champ situé dans l'est de l'Ukraine était occupé par des soldats russes. Désormais repassé sous contrôle ukrainien, il reste truffé de mines terrestres. Comme Olena Kabanova, des civils s'activent sur place pour débarrasser ces terres de leurs engins explosifs, afin de les rendre à nouveau exploitables.
NEWSLETTER
Recevez le meilleur de Slate directement dans votre boîte mail.
→
Les mines antipersonnel constituent un véritable fléau dans les zones de conflit: elles peuvent rendre les terres inutilisables pendant des années après la fin des combats. En Ukraine, le déminage reste coûteux et dangereux, d'autant que les drones à longue portée continuent de survoler les champs. Le pays est même devenu l'État le plus miné au monde, rapporte le Guardian.
«Nous assistons actuellement à une augmentation massive de l'utilisation de munitions larguées par des drones, explique Paul Heslop, conseiller principal en matière de lutte antimine pour les Nations unies en Ukraine. Ce qui était déjà une zone de combat très intense risque désormais, en raison de l'utilisation de drones par les deux camps, de devenir une zone de contamination beaucoup plus vaste, d'une ampleur que nous n'avons pas connue depuis que les Américains larguaient des armes à sous-munitions sur la piste Ho Chi Minh.»
Une opération risquée
La mission de déminage en Ukraine n'a rien d'un long fleuve tranquille. Les attaques de drones et de missiles se multiplient sur les champs et les travailleurs humanitaires sont parfois directement ciblés.
Parmi les nouveaux dangers, une charge explosive spécifique donne du fil à retordre aux démineurs. La POM-3, une petite mine antipersonnel utilisée par les Russes, peut être confondue avec un thermos. Elle se déclenche sous l'effet des vibrations des pas. «Il y a certains villages [jonchés de POM-3, ndlr] que nous évitons tout simplement», détaille Anda Riza, commandante d'unité au sein de Halo Trust, la plus grande organisation humanitaire internationale de déminage en Ukraine.
L'innovation technologique a, elle, profondément modifié le travail de déminage, portée par des financements à hauteur de 1,5 milliard de dollars (environ 1,3 milliard d'euros) en Ukraine. En 2022, les travailleurs d'Halo Trust cherchaient les traces d'explosifs à l'aide de jumelles et de cartes. Aujourd'hui, l'intelligence artificielle (IA) analyse les images satellites et les prises de vue réalisées par drones pour identifier les zones à risque.
Entre avril 2024 et mars 2025, l'organisation Halo Trust a dépensé près de 60 millions d'euros en Ukraine. Un montant qui dépasse largement les quelque 34 millions d'euros alloués par le budget annuel de Kiev au déminage des terres agricoles. Des dizaines d'autres organismes interviennent également sur ce secteur.
Pour les experts, les progrès technologiques permettront de rendre les terres ukrainiennes cultivables bien plus rapidement qu'au cours des conflits précédents. «C'est la technologie de pointe, souligne Paul Heslop. C'est là que le secteur de l'action humanitaire de déminage connaît le plus grand tournant de ces trente dernières années.»





























.jpg)






French (CA)