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Il y a bien longtemps que la communauté scientifique alerte sur le sujet de la circulation méridienne de retournement atlantique (AMOC). Ce système de courants marins connaît un ralentissement inédit, et les conséquences risquent d'être terribles. Ce que l'on peut décrire comme un «tapis roulant» océanique, dont la fonction principale est de déplacer une partie de la chaleur des tropiques vers l'hémisphère Nord, n'a jamais été aussi lent. D'ici à la fin du siècle, sa vitesse pourrait diminuer de moitié par rapport à la vitesse de croisière qu'on lui connaissait.
New Scientist rappelle que les conséquences de ce ralentissement vont être désastreuses: hivers glaciaires en Europe, élévation du niveau de la mer en Amérique du Nord, perturbation des moussons vitales en Afrique et en Asie,… Mais, selon le média scientifique britannique, il reste cependant une lueur d'espoir. L'effondrement de l'AMOC pourrait en effet n'être que temporaire.
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«Il existe une relation très linéaire entre la température moyenne mondiale et la réaction de l'AMOC», relève Chuncheng Guo, de l'Institut météorologique danois. Il explique qu'un refroidissement climatique entraînerait une relance de la circulation atlantique. En collaboration avec ses collègues, le docteur en météorologie a d'abord utilisé un modèle climatique de pointe pour simuler l'impact de l'augmentation des températures mondiales, due aux émissions de carbone, sur l'intensité de l'AMOC.
Un plan de relance peu réaliste
L'équipe a modélisé une augmentation de température de 0,2°C par décennie, légèrement inférieure au rythme actuel du réchauffement. Le constat est sans appel: même si l'AMOC s'affaiblissait considérablement au cours des siècles à venir, elle ne s'arrêterait pas complètement –y compris avec un réchauffement allant jusqu'à 10°C. Les scientifiques ont ensuite analysé un autre scénario. Si le monde atteignait la neutralité carbone et que s'opérait alors un refroidissement du climat mondial, l'AMOC commencerait à se renforcer en quelques décennies. Pour atteindre ce point de bascule, il faudrait par exemple retirer d'énormes quantités de carbone de l'atmosphère et les stocker à long terme.
Mais le niveau de captage du carbone nécessaire serait colossal. Actuellement, environ 2 millions de tonnes de carbone sont captées par an, soit 0,1% des émissions annuelles de l'humanité. Pour obtenir un refroidissement climatique global de 0,2°C par décennie, il faudrait augmenter ce chiffre à 45 pétagrammes par an, soit 100% des émissions annuelles totales actuelles. Mais voilà: «La technologie actuelle ne nous le permet pas», modère Chuncheng Guo.
De son côté, René van Westen, océanographe à l'université d'Utrecht (Pays-Bas), prévient qu'une remise en marche de l'AMOC après sa dégringolade pourrait plonger le climat européen dans un chaos encore plus grand, l'exposant à un réchauffement accéléré après une période de refroidissement spectaculaire.
Cette estimation, tout comme la projection de Chuncheng Guo, reste à confirmer. Des travaux actuels menés par des chercheurs allemands reproduisent l'expérience menée au Danemark avec dix modèles climatiques différents, afin d'observer la variabilité des résultats.





























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