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Les salons automobiles étaient condamnés. L’électrique était un repoussoir. Et si on avait enterré les deux un peu trop vite ?
Cette semaine, tous les yeux sont rivés sur le Mondial de l’automobile de Paris. Le salon sert de baromètre pour jauger de l’état de santé de la filière automobile européenne et de ses concurrents. Et si je devais tenter un premier diagnostic : le patient apparaît en bonne forme. Peut-être même meilleure que la mienne après deux jours à galoper dans les allées du salon. Je suis rincée.
Après le Covid, on disait que les salons automobiles étaient voués à disparaître. Si la première édition après la reprise était un peu déprimante, la suivante avait déjà largement repris des couleurs. Celle de 2026 est encore plus pétillante. Cela ne signifie pas qu’aucune ombre ne plane au tableau.
Un bel écrin
Les constructeurs présents ont joué le jeu jusqu’au bout : les stands sont beaux et bien garnis de nouveautés ou de concepts. Il y a des choses à découvrir, et il y en a pour tous les goûts. Malgré l’absence des marques de luxe, qui snobent l’événement, le Mondial a de quoi réveiller la passion automobile. Même le hall 7, généralement moins spectaculaire, a de quoi séduire.

Certaines marques, comme Smart, ont misé sur l’originalité, avec un stand doté de deux grandes jambes qui nous ramènent à une taille de fourmi. D’autres ont misé sur la surface pour attirer l’attention. À ce petit jeu-là, plusieurs n’ont pas lésiné sur la dépense, notamment les marques chinoises.
Le groupe Chery et la marque AITO occupent respectivement les deuxième et troisième places en matière de superficie, devant Peugeot, Volkswagen ou Mercedes. Seul Renault reste intouchable sur ce terrain, rappelant au passage que c’est « son » salon. La marque a bien raison de le revendiquer.

Les marques chinoises ont décidé de montrer les muscles en étant plus nombreuses que lors de l’édition précédente (une vingtaine sur les 60 marques présentes). Mais les acteurs historiques ne les laissent pas si facilement briller sans se battre.
Pour aller plus loin

Voir le verre à moitié plein
Au-delà des stands, c’est l’énergie qui se dégage du salon qui retient l’attention. L’ambiance est à la fête, malgré les difficultés que traverse la majorité des constructeurs. Dans mes échanges avec les patrons des marques européennes, le Mondial apparaît comme une (courte) parenthèse enchantée, sans effacer les défis qui les attendent.

Les questions de la presse économique et les discours plus politiques du Paris Automotive Summit du 13 octobre rappellent que la tempête gronde toujours. Les dirigeants tiennent néanmoins un discours moins alarmiste que ces dernières années.
Les visiteurs au rendez-vous ?
Le public s’est en tout cas pressé dès l’ouverture, le mardi 13 octobre. Les exposants ont vu une vague de visiteurs déferler sans discontinuer jusqu’au milieu de l’après-midi. Il m’a même fallu jouer des coudes, façon mêlée de rugby, sur le stand Citroën pour circuler autour de la 2 CV.

Plus intéressant encore, sur plusieurs stands, les commerciaux ont enchaîné les entretiens avec des clients potentiels. Les équipes disponibles venaient même à manquer par moments, tant les visiteurs voulaient aller au-delà d’une simple demande d’informations. Mais « c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens », me rappelaient spontanément les principaux représentants des marques à la fin de cette première journée d’ouverture au public. Toutes les prises de contact ne se transformeront pas en ventes, mais la tendance est encourageante.
Je retiens aussi un autre enseignement de cette deuxième journée (après celle du lundi dédiée à la presse). En échangeant avec des visiteurs et en les écoutant parler entre eux (oui, c’est mal, mais c’est intéressant), je constate que la voiture électrique n’est plus l’épouvantail qu’elle était encore il y a quatre ans.
Il reste beaucoup de questions, souvent légitimes, et quelques préjugés, mais la perception de la voiture électrique a radicalement changé. C’est une très bonne nouvelle pour les constructeurs automobiles qui ont fait le déplacement avec des nouveautés convaincantes. Tant pis pour les absents.
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