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Une trentaine de membres du Réseau vigilance de l’Abitibi-Témiscamingue (RVAT) ont manifesté mardi à Val-d’Or pour décrier l’état du réseau public de santé au Québec.
Ils se joignaient à la Coalition solidarité santé, qui tient des actions cette semaine partout au Québec sous le thème Des gouvernements mauvais pour la santé.
Formé de syndicats, de groupes communautaires et de groupes citoyens, le RVAT déplore que les réformes qui se sont succédé depuis 30 ans au Québec ont ouvert la porte au privé.
Toutes ces réformes ont affaibli le réseau et permis d’enrichir les acteurs du réseau privé, souligne Félix-Antoine Lafleur, co-porte-parole du Réseau vigilance. Le gouvernement de Mme Fréchette et le prochain qui sera élu en octobre doit prendre un tournant différent. Pas nécessairement en défaisant tout, mais en s’attaquant au cœur du problème, qui est le financement du réseau public. On doit réduire à sa plus petite expression l’apport du privé dans le réseau.
Les manifestants ont distribué des tracts qui présentent les résultats d’un sondage Léger, indiquant que 69 % des Québécois s’opposent à l’idée de payer pour recevoir des soins.

Le président du Conseil central Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec-CSN, Félix-Antoine Lafleur. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir
Félix-Antoine Lafleur croit aussi que le gouvernement ne présente pas un portrait clair quand il propose des solutions qui incluent le privé pour venir en aide au réseau public.
On vient dire que l’État va assumer les factures, mais on se rend compte que c'est une infime partie de ces factures, et que ça garantit un profit aux entreprises privées, lance-t-il. Y’a quelqu’un à quelque part qui se met de l’argent dans les proches sur la maladie des gens. Le privé prend les actes médicaux qui font leur affaire, pas ceux qui ne sont pas rentables. Et pour ça, ils viennent drainer les ressources humaines dans le public. Ce n’est pas vrai qu’il y a le double d’infirmières.
Le Réseau vigilance entend multiplier les actions d’ici les prochaines élections pour obtenir des engagements clairs des différents partis tout en proposant des solutions pour freiner l’hémorragie du personnel vers le privé.
Le gouvernement a mis en place des demi-mesures, mais on ne peut pas tourner un paquebot avec des demi-mesures. Ça prend des actions plus musclées, à commencer par un moratoire sur l'ouverture de cliniques privées. Avec un moratoire et une réduction du financement de ces cliniques, on pourra ramener des ressources dans le réseau, conclut Félix-Antoine Lafleur.


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