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Le diplôme d’études collégiales (DEC) en tourisme, prisé par les étudiants internationaux, ne fait plus partie des parcours donnant accès à un permis de travail post-diplôme. Cette décision du gouvernement fédéral est vivement critiquée par les établissements en région qui offrent ce programme, dont le Cégep de Saint-Félicien.
En novembre 2024, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a retiré plusieurs programmes collégiaux de la liste des voies menant à un permis de travail. Résultat : les étudiants qui ont entrepris leur parcours après cette date ne sont plus admissibles à recevoir un permis de travail au terme de leur formation de trois ans.
Selon la coordonnatrice à l'international du Cégep de Saint-Félicien, Nathalie Landry, cette mesure inquiétante met notamment en péril la vitalité des établissements collégiaux et de l'industrie touristique.
Sans la présence des étudiants internationaux, on ne peut pas assurer la vitalité de certains programmes d'études. Notre programme de techniques de tourisme, par exemple, accueille chaque année, sur les trois cohortes, environ 75 étudiants. Et sur les 75, il y en a plus de 90 % qui proviennent de l'international, surtout de la France, mentionne Mme Landry au micro de l’émission C’est jamais pareil.
Ces jeunes-là, quand ils [obtiennent leur diplôme], ils occupent vraiment des postes clés dans la région, poursuit-elle.
La coordonnatrice souligne que la décision du gouvernement fédéral aura aussi un impact sur l’attractivité d’autres programmes collégiaux, comme le DEC en technologie de la transformation des produits forestiers, aussi offert à Saint-Félicien.
Une main-d'œuvre demandée
Nathalie Landry a du mal à expliquer la nouvelle orientation d’Ottawa. D'autant plus, ajoute-t-elle, que les étudiants étrangers qui obtiennent leur diplôme répondent à un réel besoin de main-d’œuvre.

Les étudiants étrangers qui obtiennent leur diplôme répondent à un réel besoin de main-d’œuvre en tourisme, croit Nathalie Landry. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Julien B. Gauthier
On cherche à positionner notre destination touristique à l'échelle internationale. Et pour ça, ça prend des jeunes qui sont qualifiés. Donc, il y a vraiment un risque de se priver d’une main-d'œuvre qui est très importante pour le secteur du tourisme régional, déplore la coordonnatrice.
On va investir pendant trois ans pour former des jeunes qui vont finalement, après trois ans, avoir un peu l'âme québécoise, qui vont être prêts à travailler pour nous. On va leur dire, malheureusement, ce n'est pas possible de rester, renchérit-elle.
L’établissement jeannois travaille avec la Fédération des cégeps, qui plaide sa cause auprès de deux ordres gouvernementaux. Le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT) fait également des représentations, selon Mme Landry.
Les cégeps ont eu la confirmation que la liste des programmes touchés par cette mesure a été gelée pour l'année scolaire 2026-2027. Des assouplissements à la réglementation pourraient donc avoir lieu seulement en 2027.
On souhaite que, dans les prochains mois, il y ait une révision de cette liste, pour changer les choses, conclut Mme Landry.


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