NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
En juillet 1996, des pluies diluviennes s'abattent sur la Côte-Nord. La tempête a frappé avec une force inouïe et les petits ruisseaux se sont transformés en flots incontrôlables. À quelques kilomètres à l'est de Baie-Trinité, la force de l'eau a creusé la route 138 à plusieurs endroits. L'un des gouffres mesure 30 mètres de profondeur.
À Sept-Îles, Kathya de Champlain regarde les bulletins de nouvelles télévisés rapportant les dégâts d’un déluge historique lorsque son sang ne fait qu’un tour.
À l’écran, au fond d’une immense crevasse, elle reconnaît une valise familière, puis la camionnette noire de son frère aîné. Le téléphone sonne presque au même instant et son mari lui apprend que Tony, 34 ans, vient de perdre la vie.
Parti du Bas-Saint-Laurent, Tony venait travailler sur la Côte-Nord et avait décidé d’arriver une journée plus tôt pour faire une surprise à sa filleule.
La pire peine que j’ai pu faire à ma mère, c’est lui annoncer la mort de Tony.
Dans l’obscurité, quatre véhicules ont été engloutis par cette crevasse, emportant la vie de quatre personnes, dont trois membres d’une même famille originaire de Sept-Îles, en plus de celle de Tony.

L'une des crevasses sur la route 138 s'étendait sur plus de 80 mètres et avait 30 mètres de profondeur.
Photo : Radio-Canada / Gracieuseté Sylvie Girard
Une autre automobiliste, Murielle Beaudin, partie en voiture pour tenter de porter secours aux sinistrés, a aussi tragiquement perdu la vie, emportée par les courants d’une rivière. Au total, le déluge a fait cinq victimes sur la Côte-Nord.
La solidarité malgré le chaos
Dans sa peine, Kathya de Champlain a pu trouver un peu de réconfort dans le témoignage d’un survivant tombé dans la même crevasse que Tony. Après avoir été contacté par Kathya, ce dernier est allé à sa rencontre pour lui raconter comment le véhicule de son frère lui a sauvé la vie.
Alors que l’eau arrachait tout sur son passage, ce père de famille a tout de même réussi à extirper son enfant de son siège d’auto pour grimper sur la camionnette de Tony, ce qui leur a évité d’être emportés par les flots.

Les voies terrestres détruites ont complètement isolé la Côte-Nord pendant plusieurs jours en 1996.
Photo : Sylvie Girard
Kathya se souvient aussi des moments chaotiques qui ont suivi le déluge. Pendant plusieurs jours, la Côte-Nord s’est retrouvée isolée. C’était comme la guerre ici, se remémore Kathya, qui cherchait désespérément une place d’avion pour aller enterrer son frère.
Les voies terrestres étant détruites, l’avion est devenu le seul moyen de transport, coûtant des centaines de dollars aux sinistrés voulant rentrer chez eux. Dans ce climat tendu, l’humanité a tout de même repris le dessus. Un homme, comprenant l’urgence de sa situation, a déchiré son propre billet d’avion devant elle pour lui céder sa place.
Honorer la mémoire des victimes nord-côtières
30 ans plus tard, Kathya de Champlain déplore l’oubli dans lequel la Côte-Nord est parfois plongée lorsqu’on commémore le déluge du Saguenay. En mémoire à son frère et aux autres victimes, elle a fait ériger un monument commémoratif sur les lieux du drame.

Kathya de Champlain entretient le monument qu'elle a conçu pour honorer la mémoire des victimes nord-côtières du déluge.
Photo : Gracieuseté Sylvie Girard
Tous les ans depuis trois décennies, Kathya se rend sur le site pour fleurir et entretenir le monument qu’elle a conçu en forme d’étoile filante.
C’est cinq personnes, pour moi, sont parties comme dans une étoile filante le soir.
De son côté, la conseillère municipale de Baie-Trinité Sylvie Girard se souvient aussi de la nuit du déluge. La veille de ses vacances, une pluie très abondante s’est mise à tomber, sans laisser présager l’ampleur de la catastrophe.
Le lendemain matin, elle apprenait que la route 138 avait été sectionnée à plusieurs endroits, isolant complètement certains secteurs, comme les Îlets-Caribou, où elle devait rejoindre sa famille.

Le déluge historique de juillet 1996 a fait cinq victimes sur la Côte-Nord.
Photo : Gracieuseté Sylvie Girard
La conseillère souligne la nécessité de mettre en valeur ce lieu de recueillement, parfois dissimulé par la végétation sur le bord de la route. Je trouve qu’il y a un devoir de mémoire à faire, insiste-t-elle, souhaitant que les automobilistes de passage sur la route 138 puissent s’arrêter pour prendre la pleine mesure de ce qui a frappé la région.


20 hour_ago
16



























.jpg)






French (CA)