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L’acceptation de la diversité de genre en recul en Saskatchewan

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Selon de récentes données de Statistique Canada, l’appui à la liberté d’expression de genre diminue à l’échelle nationale. La Saskatchewan affiche le plus faible taux d’acceptation parmi les provinces, avec un recul particulièrement marqué chez les femmes.

En 2025, 77 % des femmes et 70 % des hommes interrogés au pays se sont dits d’accord ou fortement d’accord avec cette affirmation. Ces proportions atteignaient respectivement 85 % et 78 % en 2018.

En Saskatchewan, 69 % des femmes et 60 % des hommes sondés ont dit partager cet avis, ce qui représente les taux les plus faibles parmi les provinces canadiennes.

Chez les femmes de la Saskatchewan, le recul est particulièrement marqué : leur taux d’adhésion a diminué de 14 points de pourcentage depuis 2018, passant de 83 % à 69 %.

Un contexte politique qui pourrait jouer un rôle

Depuis 2018, les gouvernements de la Saskatchewan et de l’Alberta ont adopté des mesures législatives visant notamment les jeunes transgenres et les jeunes aux identités de genre diverses, dont la La Loi sur les droits parentaux, adoptée en Saskatchewan en 2023.

Pour Wayne Bernakevitch, fondateur du Regina Civic Awareness Action Network, un organisme favorable à la loi, la confusion et la peur pourraient contribuer à expliquer cette évolution.

Ils se préoccupent de trouver un logement, de savoir comment payer l’épicerie de la semaine prochaine. Et donc, s’embarquer là-dedans représente simplement une énorme distraction dans leur vie, a-t-il déclaré dans une entrevue à l’émission Blue Sky de CBC.

Leah Hamilton, professeure en administration, en communication et en études de l’aviation à l’Université Mount Royal, estime pour sa part que les politiciens jouent un rôle important dans la formation de ces attitudes.

Nous avons vu à maintes reprises au cours de l’histoire, particulièrement pendant les périodes où il existe une concurrence réelle ou perçue pour des ressources comme les emplois, le logement et d’autres choses, que les politiciens créent souvent des boucs émissaires, a déclaré Leah Hamilton.

La Dre Corinne Mason est professeure en études féministes et de genre à l'Université Mount Royal.

Selon la Dre Corinne Mason, professeure en études féministes et de genre à l'Université Mount Royal, les politiciens conservateurs instrumentalisent les minorités marginalisées pour masquer les responsabilités liées aux difficultés économiques.

Photo : Radio-Canada / Riley Laychuk

Corinne Mason, professeure en études des femmes et du genre à l’Université Mount Royal, estime également que certains politiciens et partis conservateurs désignent des communautés marginalisées comme responsables de l’instabilité économique.

Les politiciens et les partis politiques conservateurs désignent des communautés marginalisées comme étant responsables de l’instabilité économique et rejettent en quelque sorte leur propre responsabilité sur un groupe marginalisé qui a très peu de pouvoir, a déclaré Corinne Mason.

L’influence possible de l’élection américaine

L’enquête de Statistique Canada a été menée entre octobre 2024 et juillet 2025. Pour le commentateur politique Jack Saddleback, le moment où elle a été réalisée doit être pris en considération, puisqu’elle s’est déroulée en partie pendant l’élection présidentielle américaine de 2024.

M. Saddleback estime que les discours de haine et la désinformation qui ont marqué la campagne américaine ont pu avoir un écho au Canada.

 j wallace skelton, professeur agrégé en études queers en éducation à l’Université de Regina.

« L’évolution de l’acceptation de la diversité de genre au Canada est une raison pour les personnes 2SLGBTQ+ de prendre la parole », affirme j wallace skelton, professeur agrégé en études queers en éducation à l’Université de Regina.

Photo : Radio-Canada / Shlok Talati

Note de la rédaction

Le pronom iel, issu de la contraction de il et elle, est utilisé dans ce texte pour respecter l’identité de genre de j wallace skelton, qui est une personne non binaire. Par souci d’uniformité et de lisibilité, l’accord des adjectifs et des participes passés a été maintenu au masculin.

La politisation des personnes trans et des personnes aux identités de genre diverses lors de la dernière campagne électorale en Saskatchewan pourrait avoir contribué au recul de l’appui, selon j wallace skelton, professeur agrégé en études queers en éducation à l’Université de Regina.

Iel affirme que cette campagne a été marquée par beaucoup de rhétorique, beaucoup de haine, beaucoup de conversations nuisibles et que des familles ont dit se sentir moins en sécurité.

Iel souligne toutefois qu’une partie de la population continue de défendre la sécurité, l’inclusion et l’accueil des personnes aux identités de genre diverses dans les écoles.

Malgré l’évolution des attitudes, skelton ne croit pas que les personnes 2ELGBTQ+ devraient quitter la Saskatchewan.

Iel insiste plutôt sur l’importance de s’opposer aux discours haineux et de reconnaître la place des personnes trans et aux identités de genre diverses dans les communautés : Nous sommes partout. Nous avons toujours existé. Nous avons besoin d’être soutenus, entourés et reconnus là où nous sommes.

Avec les informations de Laura Gillis

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