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Procès pour agression sexuelle de groupe : un échange de textos déposé en preuve

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Une erreur sur l’année où se seraient déroulées les agressions. Plusieurs détails et faits mentionnés en salle d’audience qui ne concordent pas parfaitement avec ce qu’elle a raconté aux policiers au moment de porter plainte contre Nicolas Isabelle. La plaignante a été mise à rude épreuve lors de son contre-interrogatoire mené mardi par l’avocat de Nicolas Isabelle, qui estime avoir soulevé de nombreuses contradictions.

Au deuxième jour du procès, la question de la véritable nature du lien qui unissait la victime présumée et le principal accusé a occupé beaucoup d’espace et entraîné de longs débats entre procureurs. C’est que la loi ne permet pas aux procureurs d'interroger directement une présumée victime sur sa vie sexuelle, autre que sur les relations qui font l’objet d’une accusation criminelle.

L’avocat de la défense, qui souhaite manifestement amener et centrer le débat sur la question du consentement, a tenté par tous les moyens de faire admettre que la présumée victime et l’accusé principal entretenaient une relation bien plus qu’amicale. Me Jean-François Lauzon et Me Florence Roy ont expliqué être d’avis que le juge devait bien comprendre l'ensemble du contexte pour bien mesurer la suite des choses. Malgré les multiples formulations, les tentatives de qualifier d’intime la relation qu’ils entretenaient sont demeurées vaines. La plaignante s’est continuellement détachée de l’accusé.

Une relation extraconjugale consentante

Un échange de textos dans lequel l’accusé présente des excuses, déposé en preuve par la procureure aux poursuites criminelles et pénales, a toutefois permis d’établir certaines bases.

La présumée victime y parle d'une liaison extraconjugale consentante qui s’est transformée en relation où elle a été humiliée, violée et abusée.

Beaucoup de choses ont laissé des traces. En parlant de traces, la vidéo que tu as prise de moi à mon insu, que tu m’as envoyée, l’as-tu effacée? À ce moment-là, je t’ai dit oui et c’était concernant cette fois-là, mais pas pour être filmée.

Nicolas Isabelle lui répond l’avoir effacée et s’excuse de lui avoir manqué de respect.

Elle l’accuse de plusieurs gestes non sollicités et de s’être présenté à tout moment chez elle. La plaignante mentionne avoir parfois été pognée à dire oui ou ne plus rien dire, parce que, même avec des non, ça finissait en oui pareil.

Dans ces échanges, Nicolas Isabelle n’a jamais nié avoir eu ces relations sexuelles.

Ça me fesse ! Je suis un vrai trou du cul, je ne pensais pas ça pour vrai. Je pensais juste qu’à ce moment-là, c’était en consentement avec moi. Je pensais mal, je suis désolé.

Nicolas Isabelle lui mentionne ensuite voir une psychologue en cachette afin de travailler sur lui-même pour devenir une meilleure personne.

Jamais je n’aurais pensé que je t’avais violé[e]. Tabarn***, je me sens comme la pire personne et jamais je n’ai voulu ça. Mes excuses sont vraiment sincères. [...] J’ose espérer qu’avec le temps, tu vas me pardonner.

Il conclut la discussion en promettant qu’elle n’entendrait plus parler de lui.

Des contradictions

La présumée agression sexuelle de groupe impliquant Nicolas Isabelle, Simon Garceau et Yannick Béland a fait l’objet d’une partie du contre-interrogatoire. L’avocat de Nicolas Isabelle a soulevé des disparités importantes entre ce qu’elle a raconté aux policiers au moment de porter plainte, lors de l’enquête préliminaire, puis aujourd’hui devant le juge. Une ordonnance de non-publication nous empêche de dévoiler tout détail relatif à la participation alléguée de Yannick Béland afin de ne pas nuire à l’intégrité de son éventuel procès.

Le procès est prévu pour durer huit jours. Le compte interrogatoire se poursuivra mercredi.

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