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Connu pour ses actes « violents », « racistes » et « antisémites », le collectif de hooligans Strasbourg Offender a été dissous par le Premier ministre le 8 septembre 2025. Mais le groupe néonazi est toujours actif dans les tribunes et promeut encore ses démonstrations de violences sur les réseaux sociaux. Une enquête judiciaire impliquant ses membres est en cours après une rixe ayant eu lieu au stade de la Meinau en février.
Adel Leclerc - Aujourd'hui à 08:30 | mis à jour aujourd'hui à 11:10 - Temps de lecture :
Revêtu d’un tee-shirt blanc floqué d’une croix gammée surplombée par les mots « Strasbourg Offender – Racisme et violence », un homme cagoulé réalise un salut hitlérien. Des scènes de rixes et des photos d’hommes posant avec le drapeau du groupuscule s’enchaînent ensuite grâce à un montage énergique. Voici ce qu’on peut voir sur un spot de présentation de Strasbourg Offender, daté de 2021, mais qui tourne toujours sur la messagerie Telegram, une application combinant les services de messagerie et de réseau social.
Constitué depuis 2015, selon le média Streetpress, ce groupe de hooligans locaux est reconnu par le ministère de l’Intérieur comme « un groupement issu du mouvement hooligan néonazi », du fait d’« actes incitant à la haine envers des individus en raison de leur origine, de leur appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Le ministère évalue son effectif à une trentaine de personnes, ce qui est cohérent avec les photos postées par le groupe.
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“Strasbourg Offender résistent !” Les Ultras du Universitatea Cluj (Roumanie) ont adressé un message de soutien aux Strasbourg Offender le 4 avril 2025. Photo extraite d’un canal Telegram
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Extrait d’une vidéo de présentation de Strasbourg Offender datant de 2021. Vêtu d’un t-shirt blanc floqué d’une croix gammée surplombée par les mots « Strasbourg Offender – Racisme et violence », un homme cagoulé y réalise un salut hitlérien. Photo DR
Sur la base d’une quinzaine d’actes de violences (agression, jets de projectiles, combats contres d’autres groupes, attaque de bars, mise à feu de drapeau…) réalisés entre 2019 et 2025 et violant nombre d’articles de la Convention européenne des droits de l’homme et du code du sport, l'ex Premier ministre François Bayrou a dissous Strasbourg Offender le 8 septembre 2025.
De nouvelles rixes au stade et combats de rue en 2026
Pourtant, ses membres sont toujours actifs sur les réseaux sociaux et dans les stades. Dernier épisode en date : dimanche 22 février, plusieurs hooligans du groupe ont déployé deux banderoles dans les tribunes du stade de la Meinau lors du match opposant le Racing Strasbourg à l’Olympique lyonnais. Sur la première, on pouvait lire « Quentin présent » en hommage au militant néofasciste Quentin Deranque, décédé à Lyon lors d’une rixe avec des militants antifascistes. Sur la seconde était écrit « FCK AFA » pour « fuck antifa ». Une rixe a éclaté alors que d’autres supporters strasbourgeois, notamment des Ultra Boys 90 (UB90) – se présentant comme apolitiques – ont voulu les exclure.
Dimanche 22 février, une rixe a éclaté au stade de la Meinau entre des supporters et des membres de Strasbourg Offender qui venaient de déployer deux banderoles en hommage au militant néofasciste Quentin Deranque. Photo DR
Sur Telegram, des photos et des posts racontant l’événement ont été vus jusqu’à 40 000 fois sur des canaux comme GruppaOf (suivi par 182 000 personnes) ou Hooligans.cz (suivi par 100 000 personnes). La préfecture a confirmé avoir ouvert une enquête sur le sujet.
Jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. À la suite de cette rixe, les membres de Strasbourg Offender ont proposé un combat à certains membres des UB90 pour clore la dispute, comme en témoignent d’autres publications sur la messagerie. Il aurait eu lieu en mars et aurait opposé vingt membres de chaque groupe. Le combat est résumé par un post du 22 mars, photo à l’appui : « À la suite d’un récent incident dans les tribunes entre deux groupes à cause de différents politiques, ce combat a été organisé pour clore la dispute. Respect aux ultras pour avoir accepté. Gagnant : Strasbourg hooligans », y lit-on. « Strasbourg hooligans » semble être le nouveau nom utilisé par les membres d’Offender, comme l’indiquent la référence à l’incident et les commentaires félicitant « Strasbourg Offender » sous la publication.
En continuant de se réunir et en poursuivant ces rixes, les membres de ce groupe s’exposent à une condamnation à 3 ans d’emprisonnement et à 45 000 euros d’amende, peine qui condamne « le fait de participer au maintien ou à la reconstitution, ouverte ou déguisée, d’une association ou d’un groupement dissous en application de l’article L. 212-1 du code de la sécurité intérieure ».


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