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À l’Île-du-Prince-Édouard, la galle verruqueuse de la pomme de terre refait surface, après trois ans. Si ce champignon est totalement inoffensif pour la santé humaine, il altère gravement l'aspect des tubercules, les rendant noirs, déformés et invendables. La présence du champignon réactive les tensions commerciales avec le voisin américain.
L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a découvert le champignon de la galle verruqueuse dans une ferme, une première depuis 2023.
Par voie de communiqué, l'ACIA s'est voulue rassurante. La contamination a été détectée au sein d’une seule et unique exploitation agricole, dans le cadre d’un protocole de contrôle annuel et routinier.
Selon l'Agence, le cas demeure strictement circonscrit à un seul champ, et aucune preuve de propagation à d'autres terres n'a été observée à ce jour.
De plus, les autorités confirment que la production issue de ce lot ne se retrouvera jamais sur les étagères des supermarchés, cette production étant exclusivement réservée à une transformation industrielle locale.
Bien qu'une enquête approfondie soit en cours, l'ACIA assure que le protocole réglementaire de confinement fonctionne.

La galle verruqueuse ne menace pas la santé humaine, mais elle réduit le rendement des champs et rend les pommes de terre invendables. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Frédéric Projean
Si la nouvelle vient de tomber, le milieu agricole, lui, n'est pas surpris. Les échantillons ont été prélevés lors de la récolte de l'automne dernier, explique Greg Donald, directeur du PEI Potato Board.
Ce n'est pas une nouvelle fraîche. Pour une raison ou une autre, cela n'a été rapporté que très récemment, affirme le responsable.
Les représentants de l'industrie restent confiants
D’après le PEI Potato Board, le champ affecté se situe à proximité immédiate d’une zone historiquement liée aux précédentes vagues de contamination.
En 2021, la galle verruqueuse avait touché deux exploitations, avant qu'une enquête de deux ans menée par l'ACIA ne révèle la présence du champignon dans quatre autres champs.
Loin de céder à la panique, les représentants de l’industrie se montrent confiants. Greg Donald rappelle que les producteurs de l’île cohabitent avec cette maladie depuis 25 ans.
Ils appliquent des protocoles sanitaires, des analyses de sols et des mesures de quarantaine parmi les plus rigoureuses de la planète, souligne-t-il.

« Notre plan de gestion a fonctionné exactement comme il était censé le faire. Nous n'avons donc aucune inquiétude concernant cette détection », affirme Greg Donald du PEI Potato Board, (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Stacey Janzer
Le Canada dispose en effet d'un plan d’intervention national contre la galle verruqueuse de la pomme de terre.
Greg Donald qualifie ce plan d’inégalé et très solide, ayant passé avec succès l'examen de contrôles internationaux.
Nous n’avons donc aucune inquiétude concernant cette détection dans le sol.
Menace sur les exportations?
Malgré ces assurances, la pilule ne passe pas aux États-Unis. Le lobby des producteurs américains de pommes de terre réclame déjà le retour d'une interdiction totale des importations de patates fraîches en provenance de l'île.
En 2021, les exportations de pommes de terre fraîches vers les États-Unis avaient été brutalement suspendues pendant plusieurs mois. Washington interdit toujours l'entrée des plants de pommes de terre de la province sur son territoire.
Ce boycottage, Greg Donald refuse de le commenter. Il rappelle que la biologie comporte intrinsèquement son lot d’aléas, tant chez les animaux que chez les végétaux, et que la rigueur des contrôles canadiens demeure la meilleure des protections.
Je suis extrêmement confiant, grâce à notre niveau de science, de biosécurité et à nos strictes mesures de contrôle, nos clients savent que nos pommes de terre sont sûres.
Il n’y a eu et il n’y a toujours aucun risque pour l’industrie de la pomme de terre de l’Île-du-Prince-Édouard ni pour aucun de ses marchés nationaux et internationaux, peut-on également lire dans une déclaration écrite du PEI Potato Board.
Pour l’heure, les exportations se poursuivent.
Avec des informations de CBC


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