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Le rêve de Francis Lévesque et d'Émile Armstrong, un couple de Shawinigan, de fonder une famille est maintenant réalisé. Il s’est concrétisé grâce à une mère porteuse. Leur fils, Charles, est finalement né il y a quelques semaines.
Le processus total aura duré trois ans avec l'aide d'une agence qui les a placés en contact avec d’éventuelles mères porteuses, sous forme de catalogue, pour leur permettre de faire un choix.
Émile raconte qu’ils tenaient à s’assurer que les valeurs de la femme qui porterait leur enfant allaient dans le même sens qu’eux. Ce n'est pas juste le médical, ce sont aussi ses valeurs, ses intérêts parce qu’au final, c’est avec elle qu’on va passer le plus de temps, explique-t-il.
Une fois que les deux partenaires s’entendent sur un choix. Ils en parlent avec l’agence qui met leur profil en contact avec la future mère porteuse.
Puis, ils attendent. Cette attente peut parfois être longue puisque c’est la femme porteuse qui aura le dernier mot. Dans la tête des parents, une seule question demeure : acceptera-t-elle?
Le processus peut prendre jusqu’à deux ans. Les demandes sont nombreuses.
Pour Francis et Émile, la vie en a décidé autrement. Lorsqu’ils ont reçu un courriel indiquant que la réponse de la femme porteuse était positive, ça a été la plus belle journée de notre vie, confie Francis. On capotait!
Et l’aventure commençait.
Une première rencontre virtuelle a été organisée entre l’agence, les futurs parents et la femme porteuse. Rapidement, les deux amoureux sont tombés sous le charme de Samantha.

Émile Armstrong (à gauche) et Francis Lévesque (à droite) sont devenus papas grâce à Samantha.
Photo : Crédit : Erika Soulières
Même si les démarches pour débuter la grosessesse avec Samantha se sont déroulées à Toronto, Francis et Émile s'y sont déplacer. Ils ont continué de l'accompagner aux rendez-vous médicaux importants par la suite. Ils voulaient prendre part à toutes les étapes, être là et vivre cette histoire avec elle.
On allait aux échographies avec elle. Quand elle avait des rendez-vous de suivis de grossesse, on avait un FaceTime avec elle et la médecin. On a vraiment fait partie du processus, mentionne Émile.
De là est née une amitié.
C’est sûr qu’on va garder cette femme-là dans nos vies. C’est une femme formidable qui a fait le plus beau cadeau qu’on peut avoir, indique Francis.
C’est beaucoup plus qu’un don de soi, c’est indescriptible.
Pour Francis et Émile, la question ne se pose pas. Ils veulent que Samantha reste aussi dans la vie de leur fils. Sans elle, il ne serait pas là.

Les deux papas ont quitté l'hôpital dans les dernières semaines.
Photo : Avec l'autorisation de Francis Lévesque
Des coûts importants
Prendre part à un tel processus implique une somme importante. Les deux pères ont d'ailleurs pris le temps d'y réfléchir.
Les démarches peuvent amener de futurs parents à débourser entre 100 000 $ et 150 000 $. Ses frais s'expliquent par les frais médicaux, les frais de notaires et d’avocats et les frais de déplacement et de remboursement pour la mère porteuse.
Au Québec, il est illégal de rémunérer une mère porteuse. Samantha ne touche aucune somme.
Vous comprenez pourquoi don de soi, ce n’est pas le bon mot. Ça va au-delà de ça, raconte Émile.
Il aimerait d’ailleurs que le processus soit plus accessible pour tout le monde, tant pour les couples homosexuels qu’hétérosexuels Il y en a qui vont dans des cliniques de fertilité, puisqu'ils sont obligés d’arrêter après un essai parce que ça coûte trop cher. Autant pour nous que pour eux, je trouve que ça pourrait être très très bien, ajoute-t-il.
D'après une entrevue réalisée à Fin PM


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