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Des tonnes de vêtements à revaloriser dans La Mitis

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Des centaines de vêtements ont été collectés depuis l’installation d’une cloche à vêtements à l’écocentre de La Mitis, en janvier 2026. Six mois plus tard, la Régie de traitement des matières résiduelles (RITMR) est satisfaite des dons des citoyens, mais note que la revalorisation des textiles reste à concrétiser.

Le projet pilote de cloche à vêtements à Mont-Joli découle d’une étude de Synergie Bas-Saint-Laurent sur les résidus textiles dans la MRC de La Mitis, en 2024. On est arrivés à un constat qu’on avait à peu près une trentaine de tonnes [de textiles] qu’on voulait valoriser avec un système de collecte et de tri , se remémore Francis Beauregard, coordonnateur de l’organisme.

Autre constat de cette étude : les friperies dans la MRC de La Mitis sont toutes des friperies privées, et non des OBNL. Elles ont un problème commun : un surplus de dons de textiles et un enjeu de triage pour gérer ce surplus. Il n’y avait pas assez de personnel ou de bénévoles pour faire le triage, complète M. Beauregard.

En 2026, un projet pilote a été mis en place, en collaboration avec la RITMR des MRC de La Mitis et de La Matapédia. Une grande boîte pour les dons de vêtements a été installée à l’écocentre de Mont-Joli, du retour de la période des fêtes jusqu’au début de l’été. L’objectif était de remettre ces textiles en circulation dans la région en les triant, puis en les vendant aux friperies locales.

Portrait de Karolyne Beauchamp, devant la grande boîte en bois bleue.

Karolyne Beauchamp est conseillère en gestion des matières résiduelles pour la RITMR de La Mitis et La Matapédia

Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon

Le but #1 du projet, c’est de simplifier le tri pour les friperies, explique la conseillère en gestion des matières résiduelles pour la RITMR de La Mitis et La Matapédia, Karolyne Beauchamp. Selon elle, l’idée est de travailler en collaboration avec les friperies, pour leur enlever une étape dans le processus et espérer réduire la quantité de résidus textiles qui finissent à l’enfouissement.

Quelque 200 grands sacs à poubelle pleins de vêtements usagés ont été recueillis depuis janvier. Environ 75 % des vêtements dans la cloche étaient réutilisables, selon Karolyne Beauchamp. Le tri des vêtements est assuré par l’entreprise d’économie sociale Centrap, à Amqui, qui emploie des gens vivant avec des limitations.

Que va-t-on faire de tous ces textiles?

C’est sur cette question que les acteurs du projet pilote doivent maintenant se pencher. Le projet est encore embryonnaire et pour remettre les vêtements en marché dans la région, il leur manque une entreprise partenaire.

Pour l’instant, comme les friperies ont trop de surplus, en ce moment elles sont en train d’écouler leurs propres surplus, donc elles ne sont pas en mesure de racheter les textiles , remarque Francis Beauregard. Il lui faut donc faire les démarches pour trouver d’autres débouchés, en dehors de la région, pour les vêtements accumulés dans les derniers mois.

C’est un beau projet sur papier, un peu difficile à concrétiser!

Pour l’équipe derrière le projet pilote, ce n’est pas le résultat escompté. De notre côté, ce qu’on aurait aimé, c’est de faire le tri à leur place, mais de leur demander de rémunérer nos employés qui auront fait ce tri-là. Mais, pour le moment, les friperies ne voient pas l’intérêt de faire ça, parce qu’elles reçoivent énormément de dons , explique Chantal Otis, directrice générale de Centrap.

Ce qu’on aimerait démontrer un peu plus tard dans le projet [...], c’est qu’il y a effectivement un coût au triage pour les friperies , résume Chantal Otis. Si on offre à un prix vraiment, vraiment raisonnable, quelque chose qui est déjà trié et qu’on peut mettre en magasin, il y a une économie de temps, d’argent et d’espace , ajoute-t-elle.

La RITMR, Synergie Bas-Saint-Laurent et Centrap comptent bien poursuivre le projet à l’automne. La prochaine étape sera de recontacter les friperies pour voir comment elles pourraient intégrer un tel service de tri des vêtements dans leurs modèles d’affaires.

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