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Depuis le blocus pétrolier imposé par Donald Trump, Cuba s’enfonce dans une crise économique sans précédent. Au risque de susciter le courroux de Washington, trois pays appellent à mettre un terme à la situation et à respecter la souveraineté de l’île.
JML - Aujourd'hui à 20:30 - Temps de lecture :
Solidaire et unis pour soutenir Cuba. L’Espagne, le Mexique et le Brésil ont plaidé samedi pour un dialogue respectueux avec la Havane. « Nous exprimons notre profonde préoccupation face à la grave crise humanitaire que traverse le peuple cubain et demandons instamment que les mesures nécessaires soient prises pour atténuer cette situation et que toute action susceptible d’aggraver les conditions de vie de la population ou contraire au droit international soit évitée », ont déclaré les trois gouvernements dans un communiqué.
Ils se sont également engagés à renforcer leur action humanitaire à destination de La Havane, et ont appelé au respect du droit international et de la souveraineté de l’île.
Les États-Unis n’y sont pas mentionnés, mais l’allusion au blocus pétrolier imposé par l’administration Trump et sa volonté affichée de renverser le régime cubain est transparente. « Cuba a ses problèmes, mais ce sont les problèmes des Cubains. Pas ceux de Lula, de Claudia [Sheinbaum, présidente du Mexique, NDRL] ou de Trump […] Arrêtez ce maudit blocus contre Cuba et laissez les Cubains vivre leur vie », a plaidé Luis Inácio Lula da Silva. Le président brésilien s’exprimait à l’occasion du Sommet pour la défense de la démocratie, qui a rassemblé samedi à Barcelone une quinzaine de dirigeants de gauche, à l’invitation du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez.
Pedro Sanchez, Premier ministre espagnol, et Lula, président brésilien, samedi à Barcelone. Photo Sipa/Ignacio Lopez Isasmendi
L’économie cubaine exsangue
Le Venezuela était historiquement le principal fournisseur de pétrole de Cuba - une source qui s’est complètement tarie depuis l’enlèvement du président Nicolas Maduro, le 3 janvier, et l’interdiction faite par Washington au nouveau régime d’exporter son pétrole vers l’île. Restait le Mexique. Au prétexte d’une « menace inhabituelle et extraordinaire » que le gouvernement cubain ferait peser sur la sécurité nationale, Donald Trump a menacé le 29 janvier tout pays qui livrerait du pétrole à l’île de droits de douane punitifs. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a été contrainte de suspendre les livraisons, avant de les reprendre partiellement.
Pas suffisamment toutefois pour assurer les besoins énergétiques de Cuba, dont l’économie est ravagée par une inflation galopante et un effondrement de la production agricole. Dans les stations-service, l’essence est devenue introuvable. Le mois dernier, le réseau électrique s’est effondré à plusieurs reprises, plongeant l’île dans l’obscurité. La plupart des vols ont été annulés face à l'impossibilité de pouvoir ravitailler les avions en kérosène. Faute d’électricité, les opérations non urgentes ont été déprogrammées : début mars, plus de 96 000 patients étaient en liste d’attente, selon les autorités cubaines.
Une délégation américaine à La Havane ?
Présentant le changement de régime comme inéluctable, Donald Trump laisse également planer la menace d’une intervention militaire. « Cuba est le prochain », avait-il affirmé le 29 mars, au plus fort des frappes américaines contre l’Iran. Menace ou coup de bluff ? De discrètes négociations se sont ouvertes entre Washington et La Havane, pour tenter de parvenir à un « deal » acceptable pour les deux parties.
Le New York Times rapporte qu’une délégation américaine s’est encore rendue cette semaine à La Havane pour discuter de la situation économique et formuler ses demandes. Selon le quotidien américain, elles porteraient notamment sur la libéralisation de l’économie et l’indemnisation des entreprises américaines dont les avoirs avaient été confisqués lors de la Révolution cubaine.


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