L'interprofession du foie gras, réunie lundi à Paris, a fait part de sa « grande satisfaction » quant aux ventes de son produit phare durant les dernières fêtes de Noël. Mais certaines inquiétudes demeurent.

V.M.M. - Aujourd'hui à 09:05 | mis à jour aujourd'hui à 09:25 - Temps de lecture :

Photo d'illustration Sipa/Syspeo Photo d'illustration Sipa/Syspeo

Mi-figue, mi-raisin. L'interprofession du foie gras, réunie lundi à Paris, a fait part de sa « grande satisfaction » quant aux ventes de son produit phare durant les dernières fêtes de Noël. Mais le sentiment de pouvoir « mieux faire » perdure. 

Après plusieurs années de crise, « le foie gras confirme son retour » s'est d'abord réjoui Fabien Chevalier, le président du Cifog, le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras. Tous les signaux sont au vert, ou presque : la production se consolide à 14 500 tonnes en un an, les achats sont en hausse dans les supermarchés, l'offre est croissante sur les cartes des restaurants...

22 millions d'euros de pertes

Cependant, la filière demande à ce que l'Etat soutienne pleinement sa stratégie de vaccination, rendue obligatoire depuis le 1er octobre 2023 dans les élevages de plus de 250 canards dont les produits -viande et foie gras- sont destinés à la commercialisation, afin d'enrayer l'épidémie dévastatrice de grippe aviaire, qui a conduit à l'euthanasie de millions de bêtes. Certes, « on ne peut que se féliciter des bons résultats de la vaccination, qui a fait ses preuves » reconnaît le président du Cifog, mais « il faut que l'Etat continue à nous accompagner ».

Malgré ces précautions sanitaires, 121 foyers ont encore été détectés sur la saison 2025-2026 dans des élevages des Pays de la Loire, qui ont conduit à l'abattage de 262 550 palmipèdes gras, soit 22 millions d'euros de pertes pour la filière foie gras, hors accouvage. 

Macron au Japon

Si la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, s'était engagée à des « dédommagements » juste après le Salon de l'agriculture, toutes les demandes de la filière n'ont pas été entendues. Et l'accompagnement pécuniaire dégressif ne lui a pas échappé : « On est passé de 85% de la vaccination financés par l'Etat en 2023-2024 à 40% financés par l'Etat en 2025-2026 » calcule-t-elle, estimant qu'elle ne pourra pas en assumer la « charge totale » pour la prochaine campagne 2026-2027. Pour rappel, le coût total d'une campagne de vaccination est estimé à plus de 90 millions d’euros sur un an par le Cifog pour les 2 filières, viande et foie gras.

En outre, plusieurs pays ont suspendu leurs importations de foie gras à la suite de la vaccination massive des canards français, notamment le Japon, où Emmanuel Macron se rend à partir de ce mardi pour quatre jours. « C'est notre principal marché à l'export, et donc c'est celui qu'il faut qu'on retrouve » a glissé Fabrien Chevalier, expliquant les « efforts » et la « diplomatie sanitaire » qui étaient nécessaires pour la reprise des envois de foie gras français au Pays du soleil levant. L'interprofession espère que le président de la République portera haut et fort son message : « Une petite note lui a été passée pour qu'il ne nous oublie pas... »

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