Le régime iranien est accusé d’être derrière un groupe islamiste qui a revendiqué une série d’attaques terroristes, dont celles contre la communauté juive à Londres et l’attentat déjoué contre la Bank of America à Paris. Les actions violentes sont sous-traitées à des jeunes instrumentalisés.

Luc Chaillot - Aujourd'hui à 08:30 - Temps de lecture :

Digiteka PlaceHolder

Malgré la trêve, l’Iran continue de déstabiliser l’économie mondiale en bloquant le détroit d’Ormuz. Le régime de Téhéran est aussi soupçonné de mener une guerre hybride en Europe en téléguidant des attaques contre les communautés juives et les intérêts américains. L’agence de police européenne Europol avait prévenu que le conflit au Moyen-Orient risquait de provoquer des représailles iraniennes et d’entraîner une menace terroriste accrue sur le continent.

Des attaques similaires

Ces craintes se sont vérifiées. Depuis le 9 mars, une série d’attentats ont été commis principalement contre des cibles juives en Belgique, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en France. Ces attaques assez similaires ont été revendiquées par le Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiyya (HAYI), une organisation jusqu’ici inconnue.

Ce groupe islamiste obscur, qui serait lié à l’Iran, a aussi revendiqué l’attaque au couteau dans laquelle deux Juifs de 34 et 76 ans ont été blessés mercredi à Londres, mais il pourrait s’agir d’une revendication opportuniste. L’auteur des coups de couteau, un Britannique de 45 ans originaire de Somalie, a comparu devant un tribunal ce vendredi. Accusé de tentative de meurtre, il a été maintenu en détention.

1000 euros pour une mission

Le HAYI a également revendiqué l’attentat à l’explosif qui a été déjoué devant le siège de la Bank of America à Paris le 28 mars. Les trois mineurs de 16 et 17 ans soupçonnés d’avoir déposé la bombe artisanale ont été recrutés sur un groupe Snapchat utilisé par des trafiquants de drogue. Ils ont apparemment été manipulés par un commanditaire qui leur a fait croire qu’il voulait intimider la petite amie d’un proche l’ayant trahi. Les adolescents auraient été payés entre 1 000 et 1 400 euros, sans saisir la véritable motivation de la tentative d’explosion.

Leur profil ressemble étrangement à celui des deux mineurs interpellés après l’incendie volontaire d’une voiture dans le quartier juif d’Anvers en Belgique le 23 mars. L’avocate de l’un d’eux a expliqué que son client a été « instrumentalisé » et qu’il voulait se faire de l’argent facilement.

Les mêmes méthodes que la Russie

Après l’attentat déjoué devant la Bank of America à Paris, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a établi « un lien direct » avec l’Iran. « Les services de renseignement iraniens utilisent des mandataires, une série de sous-traitants, souvent des criminels ordinaires, pour mener des actions hautement ciblées », a-t-il affirmé, en remarquant que « le modus operandi est similaire aux actions menées aux Pays-Bas et en Belgique ».

« Les jeunes, sensibles aux promesses de gains faciles et rapides et moins aptes à évaluer pleinement les conséquences de leurs actes, constituent un vivier de recrutement essentiel pour ces opérations hybrides iraniennes », explique Julian Lanchès, chercheur associé au Centre international de lutte contre le terrorisme aux Pays-Bas. Il fait un parallèle avec la Russie qui emploie la même tactique quand elle recrute des petites mains pour créer la discorde en France en les envoyant peindre des étoiles de David dans les rues à Paris.

Articles les plus lusDéfense - Guerre - Conflit