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Commencé vendredi sur un terrain militaire près de Bourges, où un obus a été trouvé samedi, le Teknival se poursuit ce dimanche pour son troisième jour.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 10:03 | mis à jour aujourd'hui à 14:05 - Temps de lecture :
De premiers fêtards ont commencé dimanche à quitter le champ de tir militaire où se déroule depuis vendredi une free-party géante près de Bourges, sans incident majeur malgré les craintes des autorités, qui ont déployé un important dispositif de sécurisation visité par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
La préfecture du Cher alerte depuis le début de l'événement sur le danger lié à la présence de munitions non explosées dans certaines zones de ce terrain de la direction générale de l'armement (DGA), utilisé depuis plus d'un siècle. Samedi soir, les forces de l'ordre et des démineurs de la DGA sont intervenus après la découverte d'un obus « en bordure du site du Teknival », selon la préfecture.
« Le gros des participants n'est pas prêt de partir »
« J'ai entendu dire qu'il y avait eu un obus de découvert, mais ça n'a pas été un événement sur site », a déclaré un participant de 28 ans encore sur place dimanche matin, qui a requis, comme les autres, l'anonymat. « Ca a commencé à se vider, il y avait beaucoup de gens qui étaient en train de plier bagages » dimanche matin, a déclaré un autre teufeur de 21 ans, qui a déjà quitté les lieux, récoltant au passage une amende de 135 euros pour participation à un événement interdit.
Selon lui, aucune date officielle n'a été communiquée pour la fin de l'événement, qui a attiré entre 17 000 et 40 000 personnes, selon la préfecture ou le collectif de soutien aux free parties Tekno Anti Rep. « C'est les organisateurs qui coupent le son quand ils veulent. Ils ont parlé du 3 mai dans la journée », sans plus de précisions, dit-il.
« Il y aura sûrement quelques départs aujourd'hui pour ceux qui travaillent demain (lundi) mais le gros des participants n'est pas prêt de partir », estime un autre participant, ingénieur venu du sud de la France, joint par téléphone. « On a vu arriver tout ce monde vendredi et ça a été très surprenant. Beaucoup sont arrivés par notre gare car c'est l'une des plus proches du site. La commune n'a pas été bloquée mais on redoute un peu le départ des festivaliers et ce que l'on va retrouver » comme déchets, a déclaré le maire d'Avord, Alain Blanchard.
Pour « Nono », fêtard de 28 ans, « l'organisation est vraiment top et il y a même le tri des déchets », écrit-il, photo à l'appui. « Une benne à ordures a été mise en place. Le site est super propre. Comme hier, il va y avoir une coupure dans la journée pour le nettoyage », assure de son côté l'ingénieur.
Le choix du site comme protestation
Selon Tekno Anti Rep, les organisateurs ont délibérément choisi ce terrain militaire proche de Bourges, ville natale du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, pour protester contre la politique répressive de l'Etat à l'égard des free parties et une proposition de loi très restrictive en cours d'examen au Parlement.
Le ministre est arrivé sur place en fin de matinée pour visiter le dispositif déployé pour encadrer ce rassemblement, qui comprend quelque 600 gendarmes répartis sur 14 points de contrôle. Selon le bilan de la préfecture dimanche matin, 54 personnes ont été prises en charge par les services de secours depuis le début de l'événement. Les contrôles avaient donné lieu à 250 verbalisations pour rassemblement illégal et 75 verbalisations pour détention de stupéfiants.
Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, présenté sous la forme d'un faux arrêté préfectoral, les organisateurs expliquent vouloir protester notamment contre la proposition de loi 1133 qui veut renforcer la pénalisation des rave-parties non déclarées ou interdites.
Ce texte prévoit une peine de six mois d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende pour sanctionner « le fait de contribuer de manière directe ou indirecte à la préparation, à la mise en place ou au bon déroulement » d'une rave-party non déclarée ou interdite. Des rassemblements sont prévus les 30 mai, 6 et 13 juin dans plusieurs villes dont Paris, pour dénoncer le durcissement législatif qui plane sur les free party.


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