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Action de grâce : la hausse du prix de la dinde moins marquée dans les Maritimes

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Réunir la famille autour de la traditionnelle dinde rôtie coûtera nettement plus cher cette année. Selon le Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, le prix d'un repas complet pour quatre personnes grimpe de 10 %, poussé par la hausse des prix de la volaille et du carburant.

Après deux années de relative stabilité — la facture n'ayant augmenté que de 18 ¢ entre 2024 et 2025 —, le coût du dîner de l’Action de grâce connaît une hausse marquée.

Selon les récents calculs de l’Université Dalhousie, il faudra débourser en moyenne 35,72 $ pour servir un repas traditionnel à une famille de quatre personnes, contre 32,48 $ l'an dernier.

L'étude prend en compte un menu complet : la dinde, les pommes de terre, les carottes, la farce, la sauce, les petits pains, les canneberges et la tarte à la citrouille.

C’est la volaille qui pèse le plus lourd dans cette augmentation. Dans le scénario retenu par l’étude, le prix de la dinde passe de 10,43 $ à 12,53 $, soit une hausse d’un peu plus de 2 $ à elle seule.

Cette augmentation s'explique en partie par une réaction en chaîne sur le marché de la viande. L'explosion du prix du bœuf a poussé les consommateurs à se rabattre massivement sur la volaille, explique Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire en agroalimentaire de l'Université Dalhousie.

Le bœuf a créé une demande supplémentaire pour ce qui est de la volaille. Et ça fait des mois qu'on tente de se réorganiser.

Le coût du diesel en cause

Face à cet engouement soudain, la filière a peiné à fournir suffisamment de volaille sur le marché.

On ne produit pas suffisamment. Puis, il y a eu une hésitation pendant longtemps de la part des producteurs de volaille pour augmenter la production. Là, on a décidé de l'augmenter, on est en train de rattraper le rythme, relève Sylvain Charlebois.

Au-delà de l'offre et de la demande, l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement subit les contrecoups de l'inflation des prix de l’énergie. Les frais de transport et de chauffage des élevages pèsent lourdement sur la facture finale.

C'est vraiment la hausse du coût du diesel qui a beaucoup joué sur les prix, pas juste sur la dinde, mais sur les patates, les carottes.

Ceux qui espéraient réduire la note en troquant la dinde pour une autre protéine risquent d'être déçus. Les alternatives traditionnelles enregistrent toutes des hausses de 3 % à 4 % :

  • Le repas au jambon (pour 4 personnes) s'élève à 36,37 $

  • Le repas à l'agneau monte à 80,47 $

  • Le repas au homard atteint 88,14 $

Comment réduire la facture?

De plus, des disparités régionales persistent au pays. La dinde coûte moins cher dans les Maritimes que dans l'Ouest canadien, rapporte Sylvain Charlebois.

En Colombie-Britannique, le prix de la volaille peut être ainsi de 25 % à 30 % plus élevé que la moyenne nationale, à cause d’une alimentation animale plus coûteuse et de cas de grippe aviaire.

Face à cette pente haussière qui pourrait se maintenir d'ici Noël, Sylvain Charlebois conseille aux ménages de visiter dès maintenant plusieurs magasins.

Ce qu'on remarque cette année, c'est qu'il y a moins de promotions agressives sur le marché. Mais si vous allez en magasin, il est fort probable que vous trouviez des rabais importants, dit-il.

Portait de Sylvain Charlebois.

Sylvain Charlebois suggère aux consommateurs qui dénichent une aubaine d'en profiter pour acheter dès maintenant leur dinde pour les fêtes de fin d'année, aucune baisse de prix n'étant anticipée d'ici Noël. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Marie-Jeanne Boulet

À plus long terme, les prix de la volaille pourraient continuer de grimper en 2027, avance Sylvain Charlebois.

Selon le professeur, il y a trois grands facteurs à surveiller : la valeur du dollar canadien, le coût du diesel, et les effets du phénomène climatique El Niño sur les récoltes mondiales et le cours des céréales.

C'est un véritable effet domino. Si le prix des céréales monte à cause de la météo, nourrir les volailles coûte plus cher, ce qui finit par faire grimper le prix de la dinde à l'épicerie.

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