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Des collations aux boissons, la protéine de lactosérum est désormais partout. Portée par l'engouement de l'industrie agroalimentaire et de la restauration rapide, la poudre fait face à des pénuries et à des prix records, une flambée désormais aggravée par la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis.
L'invasion des produits enrichis en protéines – du maïs éclaté de Khloé Kardashian à la mousse froide de Starbucks – illustre un virage majeur de l'industrie alimentaire.
Entre la tendance du protein-maxxing relayée par les influenceurs et le recours croissant aux traitements de type Ozempic nécessitant un apport protéique accru afin d'éviter la fonte musculaire, la demande explose. Cette démocratisation massive du lactosérum sous toutes ses formes met désormais sous tension les approvisionnements mondiaux.

Le maïs soufflé protéiné lancé par Khloé Kardashian est enrobés de « Khloud Dust », un mélange d'isolats de protéines de lait.
Photo : Avec l'autorisation de Khloud
John Murray est responsable marketing chez Daryl's Bars, un fabricant de barres protéinées situé à Tecumseh, en Ontario. Il explique que, lorsque les grandes entreprises s'assurent d'importantes commandes de lactosérum, les petites entreprises comme la [sienne] peinent à s'en procurer suffisamment pour leurs activités .
Le Canada importe la majeure partie de son concentré de protéines de lactosérum des États-Unis, où les prix ont plus que doublé au cours des 18 derniers mois.

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Le prix des protéines de lactosérum explose au Canada, poussant les entreprises à chercher des alternatives.
Photo : Radio-Canada
Le conseil américain des exportations laitières affirme que la demande intérieure de lactosérum à haute teneur en protéines est insatiable, à tel point que les quantités disponibles pour l'exportation sont moindres.
Cette demande a également fait grimper les prix. Le concentré de protéines de lactosérum, connu sous le nom de WPC80, a augmenté de 60 % en 2025. En juin 2026, les acheteurs devaient faire face à une nouvelle hausse de 76 %.
Pour suivre le rythme de cette augmentation des coûts, M. Murray explique que son entreprise a été contrainte d'augmenter les prix de ses collations protéinées.

Daryl's Bars est un fabricant de barres protéinées situé à Tecumseh, en Ontario, pour suivre le rythme de l'augmentation des coûts de la protéine de lactosérum, l'entreprise a été contrainte d'augmenter les prix de ses collations protéinées.
Photo : Avec l'autorisation de Daryl's Bars
Nous avons absorbé les coûts autant que possible, mais au cours de la dernière année, c'est devenu tout simplement impossible. Nos marges ont été complètement érodées, soutient-il.
La majeure partie du lactosérum utilisé par l'entreprise provient du Wisconsin, et M. Murray affirme qu'il existe peu de solutions de recharge. Si nous pouvions nous approvisionner à 100 % au Canada, nous opterions pour cette solution, assure-t-il.
Dans l'engrenage de la guerre commerciale
La guerre commerciale accentue aussi les difficultés des fabricants de produits alimentaires.
En représailles à une nouvelle série de tarifs douaniers américains sur les produits canadiens, le gouvernement fédéral a imposé, le 8 septembre, des droits de douane de 50 % sur les importations de lactosérum américain, faisant grimper les prix.
Les entreprises canadiennes peuvent demander une exemption tarifaire auprès du programme de remise des droits de douane d'Ottawa, à condition de démontrer qu'il est impossible de se procurer ces produits au Canada ou auprès de fournisseurs non américains.
Pour sa part, Mike von Massow, économiste alimentaire à l'Université de Guelph, croit qu'il sera difficile d'augmenter rapidement l'offre, car le lactosérum n'est pas produit à proprement parler. Il s'agit en fait d'un sous-produit de la fabrication du fromage. Le lactosérum liquide doit être séché et transformé en poudre, un processus complexe qui nécessite un équipement spécialisé.
Sécher une substance composée à 95 % d'eau et d'un peu de protéines coûte très cher, précise-t-il.
Les États-Unis produisent beaucoup de fromage, ce qui explique aussi leur rôle majeur dans la production de protéines de lactosérum. Mais le Canada dispose d'une capacité de transformation limitée, selon M. von Massow.
Nous ne pouvons pas produire du lait uniquement pour le lactosérum. Ce n'est pas rentable. Même si le prix augmente, le reste du lait ne serait qu'un sous-produit, indique-t-il.
L'Association des transformateurs laitiers du Canada prévoit qu'avec la hausse des tarifs douaniers sur les importations américaines, les entreprises canadiennes se tourneront vers la Nouvelle-Zélande, malgré les coûts de transport importants que cela implique.
Plus cher pendant un certain temps
Mike von Massow prédit aussi que la hausse des prix pourrait se répercuter sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement.
Je pense que votre boisson protéinée va probablement coûter plus cher et qu'elle le restera sans doute pendant un certain temps, conclut-il.
Cherchant à augmenter sa consommation de protéines, Jennifer Mason a découvert la poudre de protéines de lactosérum il y a quelques années. Mais la récente flambée des prix force désormais la jeune maman à revoir ses habitudes alimentaires.
Je fais des économies. J'essaie de trouver des protéines dans les aliments entiers que je consomme plutôt que d'acheter des produits transformés, confirme-t-elle.
Audrey Marcoux soutient qu'elle absorbera le surcoût pour le moment. Malheureusement, je paie toujours le fort prix, car cela fait partie de ma routine. Je fais beaucoup de sport, explique-t-elle.
De son côté, Nathan Bugiardini affirme que, si les prix augmentent encore, il envisagera de réduire ses dépenses. Franchement, c'est un peu embêtant. D'habitude, j'achète en gros, ce qui permet de faire baisser un peu le prix, raconte-t-il.
Certains consommateurs se tournent également vers des alternatives végétales et des aliments complets non transformés.
Avec les informations de Nisha Patel, CBC News


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