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Le Parti conservateur, nouvellement élu à la tête de la Colombie-Britannique, est à Victoria depuis quelques jours pour s'organiser pour l'année à venir. Le milieu des affaires, lui aussi, se rassemble et lance un appel à l'innovation, à la responsabilité budgétaire et aux investissements auprès du nouveau gouvernement.
Un vent de changement souffle sur les entrepreneurs de la province : une centaine d'entre eux se sont rencontrés mardi à Abbotsford pour parler de leurs priorités. Plusieurs autres forums sont aussi prévus au cours du mois de novembre dans la province, notamment à Vancouver, Abbotsford et Chilliwack.
Durant les 32 jours de la campagne électorale, le chef conservateur, maintenant premier ministre désigné, Lorne Doerkson, a centré ses promesses sur l'allègement fiscal, la réduction de la réglementation et l'accélération de l'approbation des projets.
M. Doerkson veut également doubler en 2032, puis tripler en 2035 la production du gaz naturel liquéfié (GNL), en plus d'extraire davantage de minéraux critiques.
Pour Derek Cummings, un porte-parole de l'Association canadienne des producteurs pétroliers, le plan économique du Parti conservateur envoie aux entrepreneurs un signal de changement.
C'est passionnant, car ce plan envoie le signal que la porte est ouverte aux investisseurs en Colombie-Britannique. Quand on parle de projets comme ceux de GNL à Prince George ou à Kitimat, c'est aussi la Vallée-du-Fraser qui en profite.
D'après la présidente de la Chambre de commerce d'Abbotsford, Alex Mitchell, qui représente environ 900 entreprises, la Vallée-du-Fraser est un corridor crucial pour l'énergie et la sécurité alimentaire.
En effet, cette région abrite la plus forte concentration de fermes de la Colombie-Britannique. Elle accueille aussi plusieurs pipelines et des réseaux électriques.
Comme l'explique aussi Mme Mitchell, les entreprises de la Vallée-du-Fraser font également partie des chaînes d'approvisionnement locales pour les grands projets d'infrastructures, puisqu'elles sont reconnues pour leur expertise manufacturière et leurs services industriels.
C'est pourquoi la Chambre de commerce demande depuis plusieurs années des investissements dans les infrastructures de la région pour prévenir les inondations afin de protéger la prairie de Sumas, qui abrite un nombre important d'agriculteurs et qui a été dévastée par des inondations monstres en 2021.
Le gouvernement provincial doit également élargir la Transcanadienne. Le problème, c'est que, sans plan pour prévenir les inondations, l'élargissement entre Abbotsford et Chilliwack ne peut pas aller de l'avant. Cette route est cruciale pour le transport de marchandises.
Comme la Chambre de commerce du Grand Vancouver, celle d'Abbotsford surveillera de près les mesures fiscales et la réduction de la bureaucratie promises par les conservateurs.
C'est que M. Doerkson a notamment promis de nommer un ministre contre la bureaucratie. Il veut aussi éliminer la taxe de vente provinciale (TVP) sur la machinerie, l'équipement, les outils et les logiciels des entreprises pendant trois ans.
Le Parti conservateur entend aussi annuler l'extension de la TVP aux services professionnels que le Nouveau Parti démocratique (NPD) voulait instaurer en octobre et a fini par geler le temps de la guerre commerciale avec les États-Unis. Cette mesure a été particulièrement décriée par le milieu des affaires, comme une taxe sur taxe.
En plus de ne pas introduire de nouvelle taxe, Lorne Doerkson souhaite simplifier le régime fiscal de la Colombie-Britannique afin de stimuler les investissements.
Tout comme Alex Mitchell, son homologue qui représente le Grand Vancouver, Bridgitte Anderson, estime que ces mesures fiscales sont cruciales dans le contexte de la guerre commerciale avec les États-Unis. Elles offrent une certitude aux entreprises dans un temps très incertain, explique Mme Anderson.
Pour Mme Mitchell, cet allégement fiscal est d'autant plus important pour les entrepreneurs de la région d'Abottsford-Mission, car ils sont les plus touchés en Colombie-Britannique par les tarifs douaniers.
Selon les données de la Chambre de commerce, plus de 90 % des exportateurs d'Abbotsford dépendent des États-Unis comme marché principal, et les exportations de marchandises représentent environ 12,5 % du PIB de la ville.

En plus de se concentrer sur les finances de la Colombie-Britannique, le premier ministre désigné, Lorne Doerkson, va choisir son Conseil de ministres.
Photo : Radio-Canada / Mike McArthur
Un autre point que les entreprises auront à l'œil, c'est le budget provincial. Il est généralement déposé en février, alors les trois prochains mois seront charnières.
D'abord, parce que Lorne Doerkson et son équipe ont dit qu'ils allaient engager une firme indépendante pour réviser la situation financière de la province qui faisait face à un déficit de près de 14 milliards de dollars. Il y a également eu une erreur sur les redevances gazières qui s'est glissée dans le budget déposé au début de l'année et qui a ensuite été corrigée en septembre.
Puis, selon Geoff Meggs, le chef de cabinet de l'ancien premier ministre, John Horgan, c'est le moment où M. Doerkson doit budgétiser ses promesses électorales.
Trouver une tierce partie pour réviser le budget prendra du temps. [Lorne Doerkson] n'a également promis aucune nouvelle taxe ou hausse d'impôt. La partie qui est délicate pour lui, c'est de protéger les soins de santé, comme il l'a promis, qui accaparent environ 60 % du budget, ce qui laisse peu de marge pour réduire les dépenses ailleurs.
Le chef conservateur doit donc faire examiner les finances de la province, intégrer ses promesses fiscales dans le prochain budget tout en diminuant le déficit record dans un contexte d'incertitude économique.


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