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Le grand chef des Premières Nations du Traité n° 8, Trevor Mercredi, se tenait aux côtés du premier ministre Mark Carney et de la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, la semaine dernière, lorsqu'ils ont annoncé que le pipeline Pacific Link était le premier projet jugé « d'intérêt national ».
Mais Trevor Mercredi a souligné que sa présence ne devait pas être interprétée comme un vote de confiance des Premières Nations envers cet oléoduc qui doit rejoindre les sables bitumineux à un port de la Colombie-Britannique.
Notre présence ne doit pas être interprétée comme un soutien au projet, a-t-il indiqué à La Presse canadienne.
Les dirigeants étaient présents pour veiller à ce que nos nations ne soient pas laissées pour compte. Il existe des préoccupations importantes qui doivent être prises en compte, et cela ne signifie pas que le projet d’oléoduc est déjà bouclé, a-t-il ajouté.
La désignation d’intérêt national au titre de la Loi visant à bâtir le Canada permet au projet de pipeline de bénéficier d’une procédure simplifiée en matière de contrôle et d’autorisations.
Le gouvernement a indiqué qu’il s’efforcerait, au cours de l’année à venir, de mener à bien les consultations sur le projet lui-même et de mettre en place des garanties environnementales, un financement et des partenariats avec les Autochtones.
Il souhaite que les travaux commencent en septembre 2027.
Quelque 130 communautés autochtones n’ont disposé que de deux mois pour être consultées sur l’opportunité d’accorder au pipeline la désignation d’intérêt national, ce qui représentait tout de même plus que ce que le gouvernement avait prévu.

Mark Carney et la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, lors de l'annonce du feu vert accordé au pipeline Pacific Link.
Photo : La Presse canadienne / Greg Halinda
Un résumé de ces consultations publié en ligne par Ottawa indique que les groupes autochtones potentiellement concernés ont dénoncé un manque d’informations sur le projet, ce qui, selon eux, les a empêchés d’en évaluer pleinement l’impact.
Les dirigeants autochtones ont averti qu’Ottawa risquait de violer leurs droits en recourant à des désignations d’intérêt national par l’intermédiaire du Bureau des grands projets et de la loi.
Trevor Mercredi a déclaré que le conseil consultatif autochtone n’avait pas été sollicité pour donner son avis sur la question de savoir si le délai de consultation était suffisamment long ou si une participation de 10 % pour les groupes autochtones était suffisante.
Il a ajouté que, si on lui avait posé la question, il aurait répondu non aux deux.

Le nouveau projet de pipeline prévoit de suivre le même corridor que le pipeline existant Trans Mountain, mais aboutirait plus au sud.
Photo : Radio-Canada
La cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations, Cindy Woodhouse Nepinak, a affirmé que le personnel du Bureau des grands projets ne savait pas comment travailler avec les communautés des Premières Nations et que les jeunes employés ne contribuaient pas à établir des relations.
Elle a également indiqué que la PDG, Dawn Farrell, n’avait pas été disponible pour rencontrer les dirigeants, notamment lors des rassemblements de l’Assemblée des Premières Nations.
La Presse canadienne a contacté le Bureau des grands projets pour obtenir des commentaires, mais n’a pas encore reçu de réponse.
L’avocat Jesse McCormick, coprésident de la Commission des peuples autochtones du Parti libéral et avocat au sein du cabinet Pape Salter Teillet, s’interroge sur la manière dont la désignation d’intérêt national et la construction éventuelle du pipeline auraient pu se dérouler si le consentement libre, préalable et éclairé avait été intégré dès le départ au processus décisionnel.
Le secteur privé a plaidé pour que l’on commence par un oui aux grands projets, puis que l’on détermine ensuite comment les mener à bien, afin d’attirer des investissements au Canada, selon M. McCormick.
Cela peut fonctionner, mais l’élément clé qui fait défaut, c’est qu’il faudrait également obtenir un ''oui'' de la part des partenaires autochtones dès le départ, a-t-il expliqué.
L’absence de ce oui crée un risque supplémentaire pour le secteur privé qui évalue s’il convient ou non d’investir dans le projet, a-t-il ajouté.


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