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Le départ de Chris Alexander de la course à la mairie de Toronto n'est une surprise pour personne. Tirant de la patte en troisième place dans les intentions de vote depuis son saut en politique municipale, M. Alexander a eu de la difficulté à attirer l'attention dans cette campagne dominée par deux candidats. Son départ laisse toutefois un vide qui complique les chemins de la victoire de Brad Bradford et d'Olivia Chow.
Les électeurs de M. Alexander vont-ils se rallier directement à Brad Bradford? C'est la question que plusieurs se posent maintenant que l'ancien ministre fédéral conservateur tire sa révérence à 20 jours du scrutin.

Chris Alexandre s'était lancé dans la course à la mairie au cours de l'été. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Le calcul peut paraître pourtant simple. La marge de vote que récoltait Chris Alexander dans plusieurs sondages équivaut environ à l'avance de Mme Chow. Idéologiquement, M. Alexander est plus à droite de l'échiquier politique, au même titre que M. Bradford.
Mais depuis le début de la campagne, sur certains enjeux, comme le logement, M. Alexander s'est montré plus centriste. Par exemple, l'ancien ministre conservateur avait proposé que Toronto construise davantage de logements abordables. Une idée plus proche de Mme Chow que de M. Bradford sur l'échiquier politique. En contrepartie, les propositions de MM. Bradford et Alexander se rejoignaient sur la question de la lutte contre l'antisémitisme.
Chris Alexander a aussi choisi de ne pas se ranger derrière qui que ce soit en quittant la course. Au lieu de dire à ces troupes pour qui voter le 26 octobre, il les a plutôt invités à comparer les plateformes des différents candidats, ce qui pourrait diviser les appuis. Sur certains enjeux, ses troupes pourraient vouloir se tourner vers l'un ou l'autre des candidats alors que sur d'autres, l'inverse pourrait se produire.
Pire encore, le nom de M. Alexandre sera encore sur le bulletin de vote puisqu'il s'est retiré après la date limite pour le faire, ce qui pourrait mélanger les électeurs qui iront voter sans avoir suivi la course de trop près.
Convaincre les électeurs qu’il est une solution de rechange
Ce n'est un secret pour personne, les électeurs sont méfiants envers Brad Bradford. Sondage après sondage, son taux d'approbation descend. Inversement, la tranche d'électeurs qui disent maintenant le connaître augmente.

Brad Bradford s'est engagé à « débloquer » le potentiel de Toronto s'il est élu le 26 octobre prochain. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Il y a quelques semaines à peine, près du quart des électeurs interrogés par la firme Liaison Strategies ignoraient qui était Brad Bradford. Ce taux est descendu à 14 % dans le plus récent sondage. Entre-temps, le taux de répondant avec une opinion défavorable à son endroit a augmenté jusqu'à son sommet actuel de 39 %.
Liaison a sondé un échantillon aléatoire de 1000 résidents de Toronto les 3 et 4 octobre 2026, au moyen de la technologie de réponse vocale interactive (RVI). Les participants ont été rejoints par la méthode de composition aléatoire (RDD) sur les réseaux de téléphonie fixe et mobile. Les données ont été pondérées en fonction des cibles du recensement de 2021. Pour l'ensemble de l'échantillon, la marge d'erreur est de ±3,1 points de pourcentage, 19 fois sur 20.
C'est là, le nœud du problème pour M. Bradford : plus les électeurs le connaissent, moins ils semblent lui faire confiance.
Il doit convaincre des gens qui ont déjà une opinion bien arrêtée à son sujet, et non plus simplement se faire connaître auprès de ceux qui ne le connaissent pas.
Ce défi de taille ne disparaîtra pas pour M. Bradford, même en l'absence de M. Alexander, et le temps file s'il veut renverser la tendance.
Par ailleurs, les positions de Brad Bradford sur certains enjeux ont aussi le danger de rappeler un souvenir douloureux aux Torontois. Récemment, M. Bradford a proposé, s'il est élu, de revoir le budget de villeligne par ligne. Une proposition qui rappelle les années de Rob Ford, qui avait offert un exercice similaire aux Torontois.
Un autre défi qui ne disparaîtra pas avec le retrait de Chris Alexander.
Garder le cap
Depuis le début de la campagne, les promesses d'Olivia Chow misent sur la continuité. À chaque annonce, elle dit vouloir bâtir sur des programmes qu'elle a lancés depuis son arrivée au pouvoir en 2023.
Récemment, la mairesse sortante a annoncé qu'elle étendra le programme de déjeuner dans les écoles si elle est réélue. Elle a aussi proposé d'étendre le plafond tarifaire de la Commission de transport de Toronto (CTT) à 10 trajets par semaine au lieu de 47 trajets par mois.

Olivia Chow a promis de continuer plusieurs des initiatives qu'elle a mises de l'avant dans son premier mandat si elle est réélue. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Ces mesures plus modestes peuvent manquer d'éclat pour des électeurs qui pensent que Toronto ne va pas dans la bonne direction. Le dernier sondage Liaison Strategies montre tout de même que 49 % des Torontois pensent que Toronto va dans la bonne direction.
De son côté, M. Bradford veut revoir les finances de la Ville et moderniser la gestion.
Pour une candidate en avance dans les sondages, faire des promesses audacieuses est aussi risqué. D'une part, les électeurs peuvent vous accuser de manquer d'envergure, mais d'un autre, les électeurs peuvent être découragés par des promesses trop ambitieuses.
Parlez-en à John Tory, dont le projet de transport en commun Smart Track a été revu à la baisse des dizaines de fois avant d'être abandonné.
Dans ce contexte, les candidats à la mairie ont-ils besoin de faire des promesses audacieuses pour gagner? Pas nécessairement et c'est certainement le pari de Mme Chow dans cette élection. Reste à voir si les électeurs seront convaincus par Mme Chow le 26 octobre prochain.


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