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En Colombie-Britannique, la vague bleue qui a renversé la balance du pouvoir au Congrès en faveur des démocrates est accueillie avec un optimisme prudent.
À la frontière américaine avec la Colombie-Britannique, dans la petite ville de Blaine dans l’État de Washington, sa mairesse, Mary Lou Steward, accueille la victoire démocrate au Congrès avec un optimisme mêlé de réalisme.
Reste à voir si cela va changer, si la Chambre des représentants et le Sénat parviennent à supprimer certaines [mesures] ce qui faciliterait les choses quant à la situation entre le Canada et les États-Unis, confie-t-elle.
Elle soutient que la question de la relation commerciale avec le Canada et des tarifs douaniers n’est pas une priorité des démocrates. Elle juge cependant que le rapport de pouvoir en faveur des démocrates permettra d’adoucir et d’améliorer les échanges entre Ottawa et Washington au sujet d’un futur accord commercial.
Pour elle, les victoires démocrates dans les États frontaliers du Michigan et du Maine vont envoyer un message et certainement adoucir la rhétorique vis-à-vis du Canada.
Mais, selon Mme Steward, le dommage est fait et sera long à réparer, particulièrement en ce qui concerne la fréquentation commerciale de Blaine.
Je ne m'attends pas à voir, disons, 18 000 clients débarquer d'un coup à Blaine demain matin. Mais avec le temps, j'espère que cela permettra de commencer à réparer les dégâts. Cela va toutefois prendre beaucoup de temps.
Selon le professeur de l’Université de la Colombie-Britannique Paul Quirk, si cet affaiblissement du pouvoir républicain ne signifie pas pour autant la fin des tarifs et des tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada, cela pourrait faire pression et changer les choses même avant l’assermentation du Congrès en janvier. Ce serait une conséquence immédiate de cette démonstration de leurs répercussions politiques, croit-il.
En marge d'un point de presse à Victoria, le premier ministre désigné de la province, Lorne Doerkson, a réagi aux résultats des élections de mi-mandat en s'affirmant concentré sur la province et qu'il est ouvert à travailler avec n'importe qui souhaite collaborer avec la Colombie-Britannique.
Mais Lisa Raitt, ancienne députée conservatrice et membre du Comité consultatif sur les relations économiques entre le Canada et les États-Unis, croit elle aussi que, pour les démocrates, le Canada n’est pas une priorité du programme politique des nouveaux élus, à l’instar de la guerre en Iran et du coût de la vie.
Le Canada n'est donc qu'une note de bas de page dans toute cette histoire, juge-t-elle.

Des commerces de la ville frontalière de Blaine subissent une chute de leurs revenus depuis qu'ils sont désertés par les clients de la Colombie-Britannique.
Photo : Radio-Canada
Entre attente et espoir
Kim Haakstad, présidente par intérim du BC Lumber Trade Council (BCLTC), se dit consciente que les tarifs sur le bois d’œuvre de près de 35 % ne pourraient pas disparaître complètement. Elle dit aussi vouloir attendre comment les choses évoluent, mais se réjouit des signaux au sujet de la poursuite du dialogue entre le Canada et les États-Unis à la table des négociations.
Nous espérons que cela permettra de parvenir à un accord, maintenant que, d'après ce que nous avons entendu, les Américains semblent souhaiter que leur gouvernement apporte certains changements, souligne-t-elle.
Les démocrates auront les moyens, grâce au Congrès, selon Mme Raitt, de faire pression sur la Maison-Blanche. Elle souligne que les questions de pouvoir d'achat et de tarifs ont été mises en avant tout au long de cette campagne. Elle souhaite cependant faire preuve d’optimisme prudent en rappelant que les démocrates ont eux aussi été en faveur de mesures protectionnistes.
Il faut vraiment prendre le pouls des démocrates pour voir s'ils constitueront ou non un partenaire avec lequel nous pourrons collaborer en matière de libre-échange, car ils nous ont montré par le passé qu'ils peuvent se montrer tout aussi protectionnistes que le Parti républicain.
Nous verrons comment cela évoluera. [Ces résultats]constituent un rejet du président, ainsi qu’un rejet de ses politiques internationales, y compris, dans une certaine mesure, des droits de douane, croit pour sa part Drew Fagan, professeur à la Monk School of Global Affairs and Public Policy à Toronto.
Pour Ryan Mitton, directeur des affaires législatives en Colombie-Britannique pour la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, la pression est encore plus forte sur le gouvernement canadien et ses négociateurs à Washington pour parvenir à un accord commercial qui pourrait redonner une certaine stabilité au monde des affaires secoué par les tarifs douaniers.
Avec des informations de Michelle Morton, de l'émission The Early Edition et de CBC News


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