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En Alberta, la Nation crie de Saddle Lake entend défier la province en établissant un refuge pour les personnes qui veulent des soins d'affirmation de genre, surtout pour les mineurs, ce qui est interdit dans la province depuis 2024.
La Nation croit que l’accès aux soins de santé est un droit issu de traités, et que cela relève de sa compétence inhérente.
Le projet de loi 26 en Alberta interdit les bloqueurs de puberté aux adolescents de moins de 16 ans et les chirurgies d’affirmation de genre du haut du corps chez les jeunes.
À la fin de l'année dernière, le gouvernement de Danielle Smith a invoqué la disposition de dérogation de la Charte canadienne des droits et libertés pour protéger ses mesures législatives contre les contestations judiciaires.
Dale Steinhauer, cheffe de la Nation crie de Saddle Lake, invoque une disposition du Traité 6.
Selon cette clause, la Couronne a l'obligation d'assurer la présence d'un coffre de médicaments dans la résidence de chaque agent fédéral situé sur le territoire de la réserve ou à proximité.
Les Premières Nations considèrent généralement qu’il s’agit d’un engagement à offrir des soins de santé complets.
Tyler Youngchief est père d’un garçon transgenre de 7 ans. Il affirme que son enfant a toujours indiqué qu’il était un garçon, et que, selon lui, son rôle comme parent est d’aimer, élever et soutenir [son] enfant, et non de lui dire qui il est.
Nous ne sommes pas des hommes et des femmes des traités, nous sommes le peuple des traités.
James Makokis, un médecin de famille bispirituel de la Nation crie de Saddle Lake, affirme que le projet de loi 26 explique la surreprésentation des problèmes de santé mentale parmi les jeunes personnes bispirituelles.
Ce médecin ajoute qu’en offrant des soins d'affirmation de genre, il pourrait y avoir des répercussions des autorités provinciales.
Si l'on veut combattre l’oppression, nous devons prendre le risque de renoncer à certaines de nos libertés individuelles. Pour moi, ça serait mon permis d'exercice de la médecine.
D'après Nadir André, avocat et spécialiste du droit autochtone, la Nation crie tente de faire avancer le droit autochtone : On a une prétention, et c'est du droit nouveau. Ça n’a pas encore été jugé, [alors pourquoi ne pas aller] voir ce que le tribunal va dire?
Danielle Smith a affirmé qu’elle respecte la souveraineté des Premières Nations, et que ce n’est pas son champ de compétence, mais qu'elle est curieuse de voir si la Première Nation est capable d’attirer un médecin pour donner ces soins.
Dans une déclaration écrite, le porte-parole de la première ministre, Sam Blackett, affirme que la prestation des soins de santé sur les territoires des Premières Nations relève de la compétence fédérale, alors il faudra que la Nation crie de Saddle Lake collabore avec Ottawa à cet égard.
Avec les informations de Louis-Philippe Trozzo et de Stephanie Cram


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