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Foresterie : des groupes demandent des solutions dans les 30 jours

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Alors qu’une coalition de 15 groupes de la foresterie demande dans une lettre au premier ministre de la Colombie-Britannique de définir des actions urgentes dans les 30 jours pour sauver le secteur, un expert assure qu’il « y a toujours des choses que le gouvernement peut faire ».

Grégory Paradis, professeur adjoint en aménagement forestier à l'Université de la Colombie-Britannique (UBC), explique qu’il est cependant difficile pour le gouvernement d'effectuer des changements abrupts et substantiels dans les mécanismes d'obtention et de déploiement de permis forestiers à grande échelle.

La lettre demande notamment de réduire les coûts, de supprimer les obstacles réglementaires et de relancer le commerce du bois économiquement viable.

Du bois entreposé.

La crise de la foresterie existait avant les tarifs, mais plusieurs acteurs du secteur s'accordent à dire que cette nouvelle réalité aggrave fortement la situation. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Mélinda Trochu

Kim Haakstad, PDG du Conseil des industries forestières de la C.-B., explique qu’avec les nouveaux produits touchés par les tarifs, l’inquiétude est grande pour l’industrie. Les réductions de production ou d’équipes sont déjà là, dit-elle.

Or, le principal obstacle à la compétitivité de notre secteur forestier est local et limite notre accès aux marchés intérieurs, assure la PDG. C’est pourquoi la coalition demande notamment de pouvoir couper davantage de bois.

Nous voyons là une occasion pour notre gouvernement de générer plus de 600 millions de dollars de revenus en aidant le secteur forestier à passer d'environ 30 millions de mètres cubes que nous récoltons cette année à un objectif commun, convenu entre le gouvernement et l'industrie, de 45 millions de mètres cubes.

Kim Haakstad dénonce des délais trop élevés pour l'obtention des permis de coupe forestière, des frais, taxes et redevances supplémentaires imposés au secteur et des coûts de gestion foncière ayant augmenté de plus de 50 % depuis 2017.

Elle reconnaît que la crise de la foresterie existait avant les tarifs, mais que cette nouvelle réalité aggrave fortement la situation. À ses yeux, un panneau à la frontière ne résonne pas avec les travailleurs forestiers en difficulté. La coalition demande que des actions concrètes soient choisies et mises en place rapidement.

Un camion transportant du bois sur l'île de Vancouver.

Environ 95 000 personnes dépendent du secteur forestier de la Colombie-Britannique. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Mélinda Trochu

Grégory Paradis reconnaît également qu’il devient difficile ou impossible pour plusieurs compagnies de continuer d'opérer, ce qui conduit aux fermetures qu'on a observées en Colombie-Britannique et ailleurs.

Il se demande si des changements rapides seraient judicieux. Est-ce que c'est juste de le faire? Est-ce que ça va faire plus de bien que de mal? Est-ce qu'on va régler un problème à court terme pour créer un problème trois fois plus gros à moyen et à long terme?

Le professeur note que le Canada a parmi les coûts de production les plus élevés dans ce marché.

Alors, si on va ailleurs qu'aux États-Unis, on perd cet avantage historique et géographique là et on amène nos coûts de production élevés et on a les prix de commodité que tout le monde a. [...] Alors ce n'est pas évident de diversifier nos marchés.

Il ajoute que tout le bois qu'on peut responsablement allouer aux compagnies a déjà été alloué à quelqu'un et que le gouvernement ne peut pas complètement du jour au lendemain redistribuer les approvisionnements forestiers.

Grégory Paradis dans une forêt.

Grégory Paradis est professeur adjoint au département de foresterie de l’Université de la Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Sur le point de s'effondrer

Richply, un fabricant de contreplaqué à Richmond, a suspendu ses ventes aux États-Unis, raconte son directeur financier, Bhavjit Thandi, alors que le marché américain représente environ 20 % du chiffre d'affaires de son entreprise.

À cause des tarifs, nous avons réduit notre production d’un jour, ajoute-t-il, dans cette coopérative employant 400 personnes.

Le directeur général de la Truck Loggers Association, Peter Lister, renchérit que le secteur est sur le point de totalement s’effondrer et que les conséquences sociales de cela seraient énormes.

Une série de changements politiques et législatifs mis en place par le gouvernement de la Colombie-Britannique au cours des dernières années ont profondément érodé la compétitivité du secteur.

Peter Lister assure que des entrepreneurs qui doivent décider en ce moment de nouveaux investissements coûteux préfèrent quitter le secteur, étant donné l’incertitude actuelle.

Grégory Paradis dit que s’il y a des solutions potentielles pour le secteur, aucune n’est simple ou évidente.

Une dizaine d'hommes avec des casques regardent des planches de bois dans une usine, le 11 novembre 2025.

Le ministre des Forêts Ravi Parmar et sa délégation commerciale près de Tokyo, en novembre 2025.

Photo : Gouvernement de la C.-B. (compte X de Ravi Parmar)

Mercredi, en conférence de presse, le ministre des Forêts, Ravi Parmar, a déclaré que plus de 80 % des produits forestiers de la Colombie-Britannique sont destinés aux États-Unis. Le ministre dit avoir discuté avec le premier ministre Eby et qu’une rencontre avec les signataires de la lettre aura lieu la semaine prochaine dans le but de trouver des solutions.

Je pense qu'à court terme, ça va être difficile. Je ne vais pas vous mentir. Les choses vont être compliquées pendant les prochaines semaines, les prochains mois, voire les prochaines années. Mais je vois une opportunité pour nous, si nous nous y mettons sérieusement, de transformer véritablement ce secteur.

Kim Haakstad précise qu’environ 95 000 personnes dépendent du secteur forestier de la Colombie-Britannique pour leur emploi et que les personnes employées directement dans l’industrie ont un salaire annuel moyen d’environ 106 000 $.

Ce sont donc des emplois bien rémunérés, souvent qualifiés, qui permettent de subvenir aux besoins d’une famille, dit-elle.

Avec des informations de Rosanna Tiranti, Arden McLeod, l’émission BC Today et La Presse canadienne

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