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En dépit des messages haineux reçus récemment, la marche de la Fierté de Sept-Îles se déroulera sous le signe de l'ouverture et de l'inclusion, affirme l’organisme derrière l’événement, le comité Queer Nord.
La semaine dernière, des publications annonçant l'événement sur les réseaux sociaux ont été la cible de nombreux commentaires discriminatoires et hostiles, rapporte la vice-présidente du comité, Chléo Pelletier.
On est bien conscients que ça a créé de l’inquiétude au sein de notre communauté. […] Mais d’un autre côté, on est déjà conscients de l’enjeu de la sécurité et de la discrimination en région, relativise-t-iel. Je dirais que ça renforce simplement notre mission d’assurer la sécurité des membres de notre communauté et de continuer d’être visible pour normaliser notre présence.
Depuis mars, le comité Queer Nord est reconnu officiellement comme un organisme dont l’objectif est de contribuer à l'amélioration des conditions de vie et du bien-être des personnes de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres sur la Côte-Nord.
C’est dans cette même optique que le comité a souhaité organiser les festivités.

Une centaine de personnes ont pris part à la première marche de la Fierté à Sept-Îles en 2022. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
C'est vraiment un événement qui se veut rassembleur, puis inclusif pour tous. Tant qu'on est présent dans le respect, puis dans l'ouverture d'esprit, tout le monde est bienvenu.
Une tendance à la hausse
Par ailleurs, le Groupe de recherche et d’intervention sociale (GRIS) à Montréal, qui a comme mission de démystifier les orientations sexuelles et les identités de genres, constate une libération de la parole haineuse à l’endroit des communautés queers et LGBTQ+.
Sa directrice générale, Marie Houzeau, indique que cette tendance se manifeste dans tous les niveaux de société, notamment dans les écoles secondaires.
Dans une étude (nouvelle fenêtre) portée par GRIS-Montréal, dont Marie Houzeau est elle-même coauteure, on observe une augmentation du niveau de malaise chez les jeunes par rapport à des situations de contact quotidien avec la diversité sexuelle, avec des taux désormais deux à trois fois plus élevés qu'il y a 6 ans.
Malgré la dureté de ce constat, Marie Houzeau observe que cette montée de l'hostilité provoque également un puissant effet de mobilisation et de solidarité. Pour la directrice générale, les opposants les plus virulents demeurent minoritaires.

Marie Houzeau est la directrice générale du Groupe de recherche et d’intervention sociale (GRIS) depuis 2005. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Il est temps que les personnes de la majorité silencieuse cessent d’être silencieuses et fassent front commun.
C'est dans cette perspective que la marche de Sept-Îles prend tout son sens. Au-delà des tensions, la simple existence de ces célébrations envoie un signal d'espoir aux personnes de la diversité sexuelle et de genre de la Côte-Nord, selon Marie Houzeau.
Savoir que ça existe, ça fait du bien. Ça permet de se sentir moins seul au moins une journée par année. Dans les régions où la représentation LGBT est peut-être moins évidente au quotidien, ce sont des moments très importants et c'est courageux de le faire, insiste-t-elle.


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