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Une vingtaine de personnes se sont déplacées à l'hôtel de ville de Sherbrooke mardi soir pour manifester leur opposition au projet de méga centre de données de l'entreprise Keel Infrastructure.
Le conseil municipal de Sherbrooke s'est réuni, mardi soir, pour la première fois depuis la vente conditionnelle d'un terrain sur le boulevard Industriel à Keel Infrastructure, anciennement Bitfarms.
Le projet de centre de données a fait des vagues dans les dernières semaines.
La construction n'est pas encore autorisée. Keel Infrastructure dispose d'un délai limité pour réaliser les études nécessaires, finaliser son plan d'affaires et satisfaire aux conditions imposées par la Ville.
Avant la tenue de la séance mardi soir, la présidente du conseil, Danielle Berthold, a indiqué à la vingtaine d'opposants au projet du centre de données qu'ils n'obtiendraient pas de réponses à leurs questions. L'élue municipale explique que le conseil veut prendre le temps d'étudier les questions des citoyens avant de fournir des réponses publiques.

La conseillère de Desranleau, Danielle Berthold. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger
La conseillère municipale du district du Carrefour, Fernanda Luz, qui s'oppose au projet du centre de données, dit avoir été malaisée par la façon dont les citoyens ont été accueillis à l'hôtel de ville.
Un sentiment partagé par le citoyen du secteur de Fleurimont Victor Normandin. Il fait partie de la vingtaine d'opposants au projet présents mardi soir. Ça ne leur tentait clairement pas d’emblée, dans leurs signes non-verbaux, d’en parler de ce sujet. Je pense qu’ils n’aiment pas avoir des bâtons dans les roues de ce qu’ils veulent faire au municipal, laisse-t-il tomber.

Victor Normandin fait partie de la vingtaine d'opposants au projet qui se sont présentés mardi soir.
Photo : Radio-Canada / Cédric Bérubé
Pour une première fois dans sa vie, il a assisté à une séance du conseil municipal afin d'obtenir des informations sur ce projet qu’il juge inquiétant.
J’ai vu des cas de centres de données qui s'implantaient dans des villes aux États-Unis. Comment ça se passait, c’était dégueulasse. Ça ne respectait aucun citoyen de ces villes. Je voyais surtout les retombées environnementales et sociales [négatives] que ça engendrait, estime-t-il.

Fernanda Luz, conseillère municipale du district du Carrefour, est sortie de l'hôtel de ville afin de saluer les opposants au projet du méga centre de données.
Photo : Radio-Canada / Cédric Bérubé
Marie-Claude Bibeau lance un appel au calme
La mairesse de Sherbrooke, Marie-Claude Bibeau, a lancé un appel au calme alors que la majorité de la salle du conseil était remplie d'opposants au projet.
On va étudier le projet en fonction des trois piliers d’équilibre, soit sociaux, environnementaux et économiques. Attendons d’avoir reçu le projet pour pouvoir l’étudier.
Plusieurs personnes ont quitté l'hôtel de ville à la fin de la période de questions.
Questionnée sur la grogne citoyenne, la mairesse de Sherbrooke a répondu ne pas être surprise. Des gens s’inquiètent et c’est correct qu’ils viennent l'exprimer. On prend leur considération en compte, il faut attendre d’avoir le projet pour l’étudier, affirme-t-elle.
Une pétition, qui circule en ligne en opposition au projet, comptait près de 8000 signatures en date du 18 août. Des pétitions.. Qui a signé ça, n’importe qui peut signer, une fois, deux fois, a laissé tombé la mairesse.


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