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Le procès d'un policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Philippe Paquette, accusé de voies de fait pour avoir projeté au sol un client du bar Chez Parée et d'avoir lancé une fausse enquête pour le faire accuser, s'est poursuivi pour une deuxième journée, mardi, au palais de justice de Montréal.
Outre les accusations de voies de fait et de méfait public, pour avoir lancé une fausse enquête policière, l'agent Paquette doit répondre à des chefs de fabrication de preuve, d’entrave à la justice et de prévarication (manquement) dans l’exécution d’actes judiciaires.
Les accusations qu'avait déposées le policier contre le client ont été abandonnées après quelques audiences devant le tribunal.
Les événements sont survenus le 25 juin 2022. Le plaignant, Charly Say, se trouvait dans la section VIP du célèbre bar de danseuses de Montréal avec sa conjointe, qui y travaillait comme serveuse, mais qui était en retrait préventif pour sa grossesse.
Je me suis senti impuissant et menacé, relate le plaignant
Entre 22 h et 23 h, des policiers de l’escouade Éclipse du SPVM sont entrés dans l’établissement, comme ils le font régulièrement pour obtenir des renseignements dans les bars du centre-ville.
L'agent Philippe Paquette se serait dirigé directement vers M. Say, un homme d’origine cambodgienne. Il a été arrogant avec moi, a témoigné le plaignant devant le tribunal. Il me parlait comme si j’étais un mauvais gars.
Selon le plaignant, qui travaille dans la construction, le policier l’a abordé avec un : Comment ça va patron?. Puis, il lui aurait dit : Je pense qu’on a un problème toi et moi, avant de le questionner sur le contenu de son sac en bandoulière.
Je me suis senti impuissant et menacé. J’ai mis mes mains dans les airs pour ne pas faire de faux mouvements. J’avais peur, a confié M. Say.
Sa conjointe a filmé avec son cellulaire les images des caméras de surveillance du bar après l’événement. Elle a nommé l’un de ces fichiers vidéo profilage racial. La défense conteste, par ailleurs, l’authenticité de ces vidéos.
On y voit à un moment le policier nez à nez avec le plaignant, qui est adossé au bar. On voit ensuite Charly Say qui lève les bras dans les airs. Puis, le policier, sans raison apparente, empoigne sa couette de cheveux et le projette au sol.

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La conjointe du plaignant a filmé avec son cellulaire les images des caméras de surveillance du bar après l’événement. La défense conteste, par ailleurs, l’authenticité de ces vidéos.
Aucune raison d'intervenir, selon la Couronne
Le procès doit durer six jours. Selon la théorie de la Couronne, l’agent Paquette n’avait aucune raison juridique et légale d’intervenir auprès de M. Say, a souligné la procureure Juliette Gauthier-Soucy en début de procès. Le ministère public lui reproche aussi d’avoir produit un rapport contenant des allégations qui sont fausses et beaucoup d’omissions sur la manière dont l’opération s’est déroulée.
En contre-interrogatoire mardi, M. Say a admis avoir été fâché par la façon dont le policier l’a abordé et l’avoir insulté, sans être en mesure de préciser ses propos. Vous avez proféré des insultes homophobes?, l’a questionné l’avocate de l’accusé, Me Ariane Bergeron St-Onge.
L’avocate a aussi laissé entendre que le plaignant aurait possiblement poussé le policier, qui aurait même fait un pas de recul, juste avant de le projeter au sol.
Je ne me souviens pas, a répété Charly Say.
Une fois au sol, Charly Say a été menotté et sorti du bar par les policiers, puis placé dans une voiture de patrouille. Les policiers ont fouillé son sac, dans lequel se trouvait du poivre de Cayenne, puis l’ont laissé partir deux coins de rue plus loin en lui remettant une citation à comparaître en lien avec des accusations de voies de fait sur un policier.
Le plaignant a aussi admis en contre-interrogatoire ne pas beaucoup aimer les policiers, alors que l’avocate de l’agent accusé le questionnait sur ses antécédents judiciaires en matière, notamment, de voies de fait, de conduite en état d'ébriété et de non-respect de conditions.


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