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La sortie au centre-ville d’Edmonton d'un chien et sa propriétaire s’est terminée à l’urgence vétérinaire pour l'animal d’un an et demi qui a dû recevoir de la naloxone après avoir soudainement présenté des symptômes compatibles avec une intoxication aux opioïdes.
Tout d’un coup, il ne voulait plus marcher, raconte-t-elle. Après un kilomètre seulement, le chien, s’est couché au sol, avant de commencer à vomir. Son état s’est rapidement détérioré.

Une promenade au centre-ville d’Edmonton s’est terminée à l’urgence vétérinaire pour Clifford, un chien d’un an et demi.
Photo : Radio-Canada
Pendant le trajet vers l’hôpital vétérinaire, sa propriétaire dit avoir tenté de le garder éveillé.
Je secouais sa tête dans l'Uber pour m'assurer qu'il ne s'endorme pas. Il bougeait à peine et respirait très lentement, relate-t-elle.
À son arrivée au Guardian Veterinary Centre, Clifford présentait notamment une forte léthargie, un rythme cardiaque et une respiration réduite, des gencives pâles et beaucoup de difficulté à se tenir debout, selon le rapport vétérinaire transmis à Radio-Canada.
Une possible exposition aux opioïdes
Selon le document médical, les symptômes de Clifford étaient les plus compatibles avec une exposition accidentelle aux opioïdes après qu'il eut possiblement ramassé ou ingéré une substance à l'extérieur.
Le vétérinaire lui a administré de la naloxone, un médicament utilisé pour atténuer temporairement les effets des opioïdes.
Quand ils me l'ont rendu, il était redevenu Clifford. Il était très énergique.
L'amélioration rapide de l'état de Clifford après l'administration de naloxone a renforcé l'hypothèse d'une exposition aux opioïdes. Sa propriétaire, Valeria, affirme cependant ne pas l'avoir vu avaler quoi que ce soit pendant la promenade.
C'est ce qui est difficile. Je n'ai rien vu, dit-elle. Comme plusieurs jeunes chiens, Clifford renifle régulièrement son environnement et a déjà avalé des objets qui ne lui étaient pas destinés.
Des cas réguliers aux urgences vétérinaires
Le cas de Clifford n’est pas exceptionnel dans les urgences vétérinaires de la province, selon la Dre Jami Frederick, présidente de l'Association des médecins vétérinaires de l'Alberta.

La Dre Jami Frederick, présidente de l'Association des médecins vétérinaires de l'Alberta déploie la hausse des intoxications aux opioïdes.
Photo : Radio-Canada
Lorsqu’il est question de drogues dangereuses, elle estime voir au moins un cas par semaine. Les intoxications aux opioïdes demeurent moins fréquentes que celles qui sont liées au cannabis, mais sont tout de même en hausse, selon la docteure.
Nous en voyons de plus en plus, particulièrement pendant les mois d’été, lorsque les gens promènent davantage leurs animaux dans les espaces publics, explique-t-elle.
Même une très petite quantité peut avoir des effets catastrophiques.
Dans les cas plus graves, l’animal peut perdre connaissance, présenter un rythme cardiaque et une température corporelle anormalement bas et respirer de façon superficielle.

La somnolence, la difficulté à marcher, l’absence de réaction aux commandes ou un regard fixe peuvent être des signes d’intoxication, selon l'experte.
Photo : Radio-Canada / Magali Levesque
La Dre Frederick recommande aux propriétaires qui pensent que leur animal pourrait être intoxiqué aux opioïdes de le conduire immédiatement dans un établissement vétérinaire d'urgence.
Les effets de l’antidote peuvent s’estomper avant ceux de l’opioïde et plusieurs doses peuvent être nécessaires.
Une situation commune au centre-ville
Valeria Vecchio habite à proximité de Railtown Park et dit y observer fréquemment de la consommation de drogues à ciel ouvert, n'ayant jamais envisagé qu'elle puisse représenter un risque pour son chien.

Le 6 août dernier, Valeria Vecchio promenait son chien près du parc Railtown, comme elle le fait régulièrement.
Photo : Radio-Canada
Le vétérinaire lui aurait indiqué que ces situations surviennent à l'occasion au centre-ville. Je cherche encore où je peux le promener et me sentir en sécurité, explique-t-elle. Elle envisage même de lui faire porter une muselière afin de réduire le risque qu'il avale quelque chose au sol.
Avec les informations de Jean-Emmanuel Fortier


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