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Au parlement fédéral, les députés se voient accorder un budget destiné à l'achat de matériel informatique. Chacun choisit ainsi ce qu'il veut acheter. Seule restriction, "le matériel informatique provenant de pays considérés comme présentant un risque élevé en matière d'espionnage ou d'ingérence". Sollicités par La Libre, les services de la Chambre expliquent ne pas être en mesure de fournir cette liste, en raison des changements qu'elle pourrait subir en fonction du contexte politique.
En parallèle, le département informatique du parlement propose une série de "services" auxquels l'accès n'est accessible qu'après une authentification à plusieurs facteurs. Ces services comportent la fourniture d'une boîte mail pour chaque député ou l'accès à certaines applications (comme la plateforme servant à déposer les questions parlementaires). "Ils sont entièrement surveillés et sécurisés par le service informatique", précise La Chambre.
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Par ailleurs, le réseau internet disponible à la Chambre fait l'objet d'une surveillance particulière. Certaines applications comme TikTok et DeepSeek – un modèle d'intelligence artificielle chinois – sont bloqués par défaut.
Pour le reste, les groupes politiques sont libres de gérer la sécurité de leur matériel informatique comme ils le souhaitent. Certains utilisent un VPN – un réseau privé virtuel qui permet de masquer l'adresse IP d'un ordinateur −, ou un système de stockage de données sur l'intranet du parti ou l'utilisation de plateforme de messagerie cryptée. D'autres laissent davantage de contrôle aux députés, tout en organisant des séances de formation et de sensibilisation sur les enjeux de cybersécurité.
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Il faut dire que le statut qu'occupent les députés – comme les ministres ou certains hauts fonctionnaires – en fait des cibles privilégiées des hackers. Pour Guillaume Deterville, expert en cybersécurité et "head of cybersecurity" chez Inqase, laisser le champ libre aux groupes politiques est "beaucoup trop laxiste". "On sait aujourd'hui que les guerres sont aussi menées sur le terrain cyber. Accorder trop peu de budget à la cybersécurité d'un parlement et la laisser aux mains des partis sans règles obligatoires et uniformes me semble être une protection trop faible par rapport au monde dans lequel on vit", explique-t-il. Les efforts entrepris par certains partis ne sont pas vains, précise cet expert, mais ils se traduisent le plus souvent par des mesures de sécurité de base. Loin d'être idéal donc. "Au vu de l'intérêt que peut représenter le piratage d'un parti politique, un soin tout particulier devrait être pris au niveau cybersécurité".
"Si un député consulte un site de streaming ou ouvre un fichier infecté, les conséquences peuvent être différentes en fonction du parti politique et de la stratégie de protection qu'il a mise en place", explique Guillaume Deterville, qui salue tout de même la confidentialité des stratégies de chacun des partis. "Cela permet de ne pas identifier les trous dans la raquette."
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Si un parlementaire venait à être piraté, l'infection ne se propagerait toutefois pas à l'ensemble de l'institution. "Chaque groupe politique opère comme une sorte d'entreprise, avec son système informatique propre." Une fois connectés sur le réseau de la Chambre, les services informatiques sont en mesure de détecter une éventuelle attaque et de tenter de bloquer celle-ci. "Si nous faisions le test, il est très probable que nous décèlerions des différences flagrantes entre les partis sur le niveau de cybersécurité."
Le problème, c'est qu'une centralisation de l'ensemble de la cybersécurité du parlement fédéral entre les mains des services informatiques de la Chambre demanderait une augmentation drastique du budget et des moyens humains alloués à ce service. "Le fonctionnement actuel est probablement dû à ces contraintes opérationnelles", ajoute Guillaume Deterville.
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