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Face au succès que rencontre le trail dans le Cotentin, il faut souvent aller vite pour décrocher un dossard sur l’une des épreuves phares localement. Décryptage de ce phénomène.
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Par Baptiste Hue Publié le 12 janv. 2026 à 8h35
C’est le revers de la médaille. Le succès galopant du trail s’accompagne de quelques dérives, notamment l’inflation au niveau des tarifs pratiqués par les organisateurs, et surtout la course effrénée aux dossards, avec des précieux sésames qui s’arrachent parfois en quelques heures, voire en quelques minutes après l’ouverture des inscriptions.
Dans le milieu de trail, on entend ainsi désormais souvent qu’il est devenu plus difficile d’obtenir un dossard que de gagner une course !
« Ça devient vraiment n’importe quoi. Maintenant, pour faire une course en juin, il faut sauter sur son ordinateur dès le 1er janvier pour être sûr d’avoir une place », grogne Sébastien Gorin, un membre de l’association Coten’trail, connu pour être l’unique coureur à avoir participé à toutes les éditions de la Barjo, sur tous les formats.
Un tirage au sort à la Barjo
Cette année 2026, cette belle série pourrait s’interrompre puisque sa participation dépend du tirage au sort mis en place pour la première fois par les organisateurs. « J’ai connu le temps où on pouvait s’inscrire à la Barjo le jour même ! », peste le quinquagénaire, qui croise les doigts pour faire partie des 70 élus de la Mora (120 km), la nouvelle course au programme du rendez-vous haguais.
Du côté des organisateurs de la Barjo, on défend l’idée d’avoir mis en place ce nouveau système qui permet aux candidats de se préinscrire du 1er au 21 janvier, avant le tirage au sort le 22 janvier.
« L’an passé, on avait tout bouclé en moins de 24 heures. Beaucoup de gens étaient mécontents d’être recalés en essayant de s’inscrire le 2 janvier. Il fallait trouver une solution. De toute façon, il n’y a pas de formule miracle. Quoi qu’il arrive, on laisse malheureusement beaucoup de gens sur le carreau », confie Franck Renoux, l’organisateur de la Barjo qui a déjà enregistré près de 6 000 préinscriptions pour la prochaine édition (20-21 juin), pour seulement 2 700 places.
Malheur aux retardataires…
Du côté de la Bri’zeuse, qui fêtera sa 10e édition le samedi 30 mai, on a conservé le système du « premier arrivé, premier servi. » Le 3 janvier, à midi pétante, ils sont des centaines à avoir dégainé leur smartphone pour être sûr d’avoir l’un des 300 dossards distribués sur chacune des six distances proposées.
Résultat ? « On avait déjà 650 inscrits au bout de 30 minutes. En six heures, la 16 km, la 23 km et la 35 km étaient déjà bouclées ! Et la 10 km a vite été pleine également », précise Anthony Néhou, l’organisateur, qui garde encore sous le coude une poignée de dossards pour la 50 km et davantage pour la 80 km.
C’est incroyable ce phénomène autour du trail. Avant, on avait peur quand on voyait que les inscriptions ne décollaient pas les semaines précédentes. Maintenant, ça se remplit tout seul. Et on a plein de groupes qui viennent de Bretagne, des Pays de la Loire, de Paris… Le bouche à oreille a fait son effet.
Même constat avec la Diabolik de Ragnar qui a ouvert ses inscriptions le 1er janvier, à 19 heures. À peine deux heures plus tard, la jauge de 500 places était déjà atteinte.
« C’est la deuxième année de suite où tout part aussi vite. Pourtant, on a très peu communiqué. On pourrait accueillir le double ou le triple de participants », estime Philippe Stano, le président des Traileurs en Cotentin, qui se souvient d’une époque pas si lointaine où l’on pouvait se décider à la dernière minute pour s’inscrire à une course…
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