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Dépenser 25 $ par semaine en achats locaux pourrait transformer l’économie du Québec

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Et si vous choisissiez de dépenser 25 $ par semaine pour des produits québécois plutôt que pour des produits importés ? Le geste paraît simple, imperceptible dans un budget. Pourtant, multiplié par des millions de consommateurs, il pourrait représenter 3 milliards de dollars par année en retombées économiques au Québec, soit 36 fois l’impact économique du Festival d’été de Québec.

C’est le constat qui ressort d’une simulation économique menée par AppEco à la demande de l’organisme Les Produits du Québec et dévoilée jeudi. Ses calculs, basés sur des données de l’Institut de la statistique du Québec, démontrent qu’un simple 25 $ consacré chaque semaine par les ménages aux produits d’ici aurait des effets considérables.

En plus des 3 milliards de dollars de retombées économiques, ce petit geste individuel appliqué à l’échelle de la province permettrait aussi de soutenir 29 000 emplois par année. Cela représenterait 180 millions de dollars de plus dans les caisses de l’État — provenant de l’impôt sur les salaires, la TVQ et les taxes sectorielles — soit l’équivalent nécessaire pour construire cinq écoles primaires par année, note l’étude.

« On le sait que l’achat local a des retombées économiques au Québec, ça ne fait aucun doute. Mais ça prend parfois des exemples frappants, concrets, chiffrés, pour mesurer à quel point ce serait bénéfique et surtout accessible », souligne Elfi Morin, directrice générale des Produits du Québec.

L’objectif, ajoute-t-elle, n’est pas de demander aux Québécois un effort irréaliste en changeant complètement leurs habitudes de consommation ou en dépensant davantage, surtout dans un contexte où les budgets demeurent sous pression. La simulation part du principe d’un transfert des dépenses actuelles pour des produits (non alimentaires) importés vers des produits locaux.

Selon la simulation, même une substitution de quelques dollars par semaine aurait un effet concret. Par exemple, si chaque ménage dépense annuellement 25 $ en vêtements fabriqués ici plutôt qu’importés, cela générerait 3,2 millions en revenus pour le gouvernement du Québec, soit l’équivalent du financement de 244 places subventionnées en service de garde.

Moins de gaz à effet de serre

Et les effets ne se limitent pas à l’économie. La simulation estime qu’un transfert de 25 $ par semaine vers des produits québécois permettrait aussi de réduire les émissions liées au transport et à la production de marchandises importées d’environ 120 000 tonnes de CO2 par année.

Certes, l’augmentation de l’achat local entraînerait une hausse de la production locale, et donc des émissions de GES. Mais le Québec bénéficiant d’une « électricité largement renouvelable », l’empreinte carbone de la production de produits fabriqués ici resterait moindre, selon les experts qui ont réalisé l’étude.

Ainsi, si chaque ménage québécois dépensait ne serait-ce que 10 $ par année en équipements sportifs québécois plutôt qu’importés, cela réduirait pendant un an les émissions nettes d’environ 6000 tonnes de CO2, soit l’équivalent d’environ 2000 véhicules à essence retirés de la route.

Faire de l’achat local un réflexe durable

Si l’étude s’adresse d’abord aux consommateurs, elle vise aussi les entreprises, les municipalités et les organisations publiques, explique Elfi Morin. « On veut convaincre que l’achat local n’est pas qu’un geste symbolique. Il peut vraiment changer les choses. »

Elle se réjouit d’ailleurs de constater que l’achat local devient tranquillement un réflexe dans la société, même si du chemin reste à faire. Après la montée d’intérêt liée aux tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis l’an dernier, l’engouement s’est peut-être calmé, mais il est loin d’avoir disparu, estime Mme Morin.

« On n’est plus dans la même fougue, mais clairement, on a fait des gains, dit-elle. Beaucoup de consommateurs ont changé leurs habitudes pour boycotter les produits américains et encourager les produits d’ici. Certains sont revenus à d’anciennes habitudes d’achat, mais d’autres ont découvert des produits québécois qu’ils ont adoptés et continuent d’acheter. »

Fondée en 2021, l’organisation Les Produits du Québec compte aujourd’hui 335 entreprises adhérentes et 149 000 produits certifiés.

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