NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Être un professionnel de la criminologie s’accompagne de la frustration de se sentir parfois parfaitement inutile, cette sensation de hurler dans un vide sidéral qui éteint le son de sa voix à mesure que les mots quittent la bouche.
Aux victimes faites lundi (et aux innombrables qui les ont précédées) dans le quartier Côte-des-Neiges, à Montréal, j’aimerais dire combien je suis désolé qu’il en soit ainsi, que j’en suis meurtri. Tant que nous ne traiterons pas comme systémiques les problèmes de violence et que nous continuerons à les réduire à des actes commis par des monstres, nous passerons à côté des véritables problèmes et des vraies solutions.
J’ai écrit dans ces pages il y a un an que notre propension à user de l’étiquette de « monstre » pour qualifier l’auteur d’un événement d’une violence qui semble s’écarter du possiblement humain est une erreur. Que cette attitude confine le problème à une dimension strictement individuelle et « malade ». Qu’il en est autrement, que bien des facteurs connus sont à l’œuvre, qu’il faut avoir le courage de les considérer.
Une carrière à répéter le même message, comme beaucoup de mes collègues. Et une carrière à voir nos avertissements ignorés, nos recherches — au mieux — tablettées (ce que l’actualité récente a pu nous démontrer). Tandis que la violence rampe dans les réseaux sociaux, qu’elle croît à l’intérieur d’incubateurs où se fomente une haine décomplexée de l’autre, que l’autre soit femme, immigrant, personne de la diversité de genre, nos messages, pourtant professionnels, ne trouvent pas d’oreilles.
Au contraire, on en trouve pour nous faire la leçon, nous ridiculiser, souvent par une autre étiquette, celle de « woke », qui, pourtant, devrait être une aspiration pour toustes (l’orthographe inclusive vient ici à point, n’est-ce pas ?). Qu’y a-t-il de si inquiétant dans le fait de vouloir s’ouvrir aux perceptions extérieures, de ne pas rester figé dans celles dont on a simplement hérité ?
Notre société ne peut grandir, pas plus qu’apporter des solutions aux maux qui l’affectent, autrement que par une démarche qui repose sur une approche scientifique, éclairée, mesurée. Et les discours qui suivent des événements s’accompagnant d’une haute émotivité, comme cette dernière fusillade, qui a fait plusieurs victimes, représentent un grand danger. À cet égard, il importe que le traitement politique de cette violence n’aille pas dans un sens qui viendrait un peu plus servir les voies comme les voix de la division.
Le désabusement du professionnel en criminologie atteint son paroxysme lorsque, même dans l’horreur la plus immédiate, certains choisissent l’instrumentalisation plutôt que la compréhension. À ceux-là, je dis : vous faites partie du problème.


5 hour_ago
27



























.jpg)






French (CA)