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Après trois morsures de chiens sur des bénévoles en une semaine, la SPA de Strasbourg renforce ses règles de sécurité et prévoit des sanctions en cas de manquements.
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Par Ivan CAPECCHI Publié le 20 août 2026 à 18h06
Trois bénévoles mordus et une attaque entre deux chiens en une semaine. Face à cette série d’incidents survenue à la SPA de Strasbourg entre le 12 et le 19 août 2026, le nouveau président du conseil d’administration, Philippe Chuette, a décidé de durcir le ton sur le respect des règles de sécurité.
Dans un message publié sur un groupe privé que Actu Strasbourg a pu consulter, il annonce notamment de possibles sanctions pouvant aller jusqu’à l’exclusion.
Quatre incidents liés à des consignes non respectées
« Trois morsures en une semaine, ça a forcé une réaction de ma part. Je me suis dit : ça suffit, il faut faire quelque chose pour que les gens comprennent », explique à Actu Strasbourg Philippe Chuette, président du conseil d’administration depuis mai dernier et auparavant bénévole au refuge.
Selon lui, les quatre incidents sont liés au non-respect de consignes de sécurité.
Dans un premier cas, un bénévole est entré dans un box pendant une période où le chenil était fermé et a manipulé un chien identifié comme mordeur, en le caressant sur une zone qu’il fallait éviter : le bas du dos.
Un autre bénévole a été mordu après avoir sorti un chien de grand gabarit sans muselière.
Dans un troisième cas, une bénévole est entrée dans un box où se trouvaient un chien et une chienne et leur a donné des friandises malgré une consigne affichée l’interdisant. La chienne, qui fait de la protection de ressources, s’en est alors prise au chien. Ce dernier n’a pas été blessé, mais a été « traumatisé et déplacé dans un autre box », relate Philippe Chuette.
Enfin, une bénévole a été mordue après avoir passé ses doigts à travers la grille d’un chien connu comme mordeur.
Les trois personnes mordues n’ont subi que des blessures légères, selon M. Chuette. Mais ce dernier estime que les conséquences auraient pu être autrement plus graves. « Ce sont des chiens puissants qui pourraient occasionner des dégâts conséquents. Si un jour un chien vrille et attaque vraiment, ça pourrait se terminer très mal, jusqu’à un décès. »
Muselières et sorties davantage encadrées
Pour le président, le problème est ancien. Des règles existaient déjà sous le précédent conseil d’administration, mais certaines habitudes contraires aux consignes se seraient installées.
Il cite notamment le port de la muselière, obligatoire pour certains chiens catégorisés et imposé à d’autres en fonction de leur comportement. « Il y a des gens qui sont dans l’affect et qui ne mesurent pas les risques », estime-t-il.
Avant même les incidents récents, le nouveau conseil d’administration avait commencé à renforcer les procédures, en lien avec la responsable du chenil : nouvelles consignes, affichages et mise en place d’un système d’autorisation pour sortir les chiens considérés comme les plus difficiles.
Les demandes sont désormais examinées par la responsable du chenil et des référents du conseil d’administration. Une sortie peut être refusée si elle est jugée trop risquée.
Une succession de crises à la SPA de Strasbourg, que le nouveau président veut laisser derrière lui
En 2025, une grave crise interne opposant le président du conseil d’administration de l’époque, Clément Moeglin, à la directrice, Martine Schmitt, avait finalement conduit au licenciement de cette dernière. Trois ans plus tôt, en 2022, la Ville de Strasbourg avait retiré sa subvention au refuge, sur fond de tensions internes et d’incidents, notamment des morsures de chiens sur des bénévoles. En mai dernier, Philippe Chuette a pris la présidence du conseil d’administration. Il précise à Actu Strasbourg qu’il n’existe désormais plus de poste de direction : « On s’organise au sein du conseil d’administration et on s’appuie sur les responsables des différents secteurs pour jouer ce rôle-là. » Le nouveau président dit désormais vouloir repartir sur des bases saines et tourner la page de ces crises successives.
Des sanctions pouvant aller jusqu’à l’exclusion
Jusqu’ici, Philippe Chuette dit avoir privilégié la pédagogie. Mais après cette nouvelle série d’incidents, le conseil d’administration entend désormais sanctionner les manquements persistants.
Tout bénévole qui ne respecte pas les consignes pourra être convoqué par le conseil d’administration et faire l’objet d’une sanction, pouvant aller « jusqu’à l’exclusion pour les cas entraînant des conséquences graves », indique le président dans son message. « Si la pédagogie ne fonctionne pas, on sera dans l’obligation de mettre en place des sanctions disciplinaires. La sécurité ne se négocie pas », insiste-t-il par téléphone.
La répétition des incidents a également un coût pour l’association. Selon Philippe Chuette, la cotisation d’assurance du refuge a été multipliée par trois, passant de quelques milliers d’euros à plus de 10 000 euros.
Le conseil d’administration dit actuellement passer en revue les dépenses de l’association afin de les rationaliser. En parallèle, la SPA souhaite développer le mécénat, renforcer ses recettes lors d’événements et négocier sa subvention auprès de la Ville de Strasbourg.
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