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Des militants catholiques dénoncent une "veillée interreligieuse" pro-LGBT dans une église à Paris, le curé les recadre

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Le collectif intégriste Défendons nos églises s'en est pris, via une lettre ouverte, au curé de l'église. Celui-ci, remonté, leur a répondu en dénonçant des "mensonges".

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La mère de Mozart a été enterrée tout près de l'église Saint-Eustache

Au coeur de la controverse : une veillée organisée par le curé de l’église Saint-Eustache du quartier des Halles, dans le 1er arrondissment de Paris. (©Wikicommons)

Par Glenn Gillet Publié le 20 août 2026 à 18h04

Concerts, théâtre, conférences… Voilà plusieurs années que l’utilisation soi-disant détournée des églises provoque la colère des franges les plus conservatrices de la communauté catholique. Le phénomène est particulièrement criant à Paris, où les propositions culturelles foisonnent et ont régulièrement eu l’occasion de se déployer au sein des quelque 140 églises que compte la capitale. En juin 2026, des militants intégristes liés au mouvement Civitas avaient été placés en garde à vue après avoir perturbé un événement artistique organisé dans une église du 10e arrondissement, dans le cadre de la manifestation culturelle Nuit Blanche. Mais en ce mois d’août, c’est le sort de l’église Saint-Eustache, dans le quartier des Halles à Paris (1er arrondissement) qui a fait l’objet d’une nouvelle controverse. Le curé a décidé de monter au créneau.

Des militants intégristes « profondément scandalisés » par la tenue de l’événement

Le collectif Défendons nos églises, marqué à l’extrême droite, qui revendique les perturbations de juin, a cette fois interpellé le curé de Saint-Eustache, le père Pierre Vivarès, au moyen d’une lettre ouverte pour le moins offensive rendue publique le 10 août.

Ses membres s’émeuvent, dans cet écrit, d’une « veillée religieuse organisée dans l’église en soutien à la Marche des Fiertés » de Paris, événement phare des communautés LGBTQI+ prévu le 27 juin mais qui avait été annulé à la demande de la préfecture de Police, compte tenu des fortes chaleurs.

« Nous avons été profondément scandalisés de voir cette église accueillir, le 26 juin 2026, une veillée réunissant des représentants de religions qui ne professent pas la foi catholique, ainsi que des associations se réclamant du catholicisme tout en affirmant publiquement la compatibilité entre les revendications LGBT et la doctrine de l’Église », développe le collectif, tout en citant des passages de la Bible qui condamnent les actes homosexuels.

Il explique enfin que, le soir de la veillée, « quarante » militants de Défendons nos églises « se sont rendus devant Saint-Eustache, chapelet à la main, pour témoigner pacifiquement de notre attachement à l’Église et exprimer notre opposition à cette initiative ». Ils dénoncent l’entrée dans l’édifice de personnes arborant des drapeaux LGBT tandis qu’eux auraient été « maintenus à l’extérieur et contrôlés par les forces de l’ordre ». Rappelant ses convictions fermement antirépublicaines, le collectif qualifie d’ailleurs les policiers de « bras serviles de la Gueuse République ».

Des « mensonges » répandus par des « petits trouble-fêtes excités », selon le curé

Face à ces propos radicaux, Pierre Vivarès a pris la plume pour formuler une réponse au vitriol, dès le lendemain. « Cette veillée interreligieuse n’a pas eu lieu dans l’église Saint-Eustache. Je ne l’avais pas permis », rétablit-il d’entrée, ajoutant qu’elle « avait lieu dans une salle de réunion, non affectée au culte, et qui sert à toutes sortes d’activités profanes ».

Le curé reconnaît toutefois la tenue d’« un temps de prière en suivant la forme de différentes traditions religieuses, les unes après les autres, pour informer sur les persécutions vécues, jusqu’à la mort parfois, à l’encontre des personnes homosexuelles dans de nombreux pays, et afin de prier Dieu que la dignité de chaque personne humaine soit respectée, tout le temps et partout » mais assure qu’« il ne s’agit ni de cautionner, ni de justifier, ni d’encourager, ni de militer ».

Le père Vivarès dénonce toutefois comme un mensonge l’accusation d’avoir laissé entrer des personnes munies des drapeaux, puisqu’il l’avait explicitement interdit. « Vos mensonges vous accablent alors que vous étiez présents et savez très bien que c’est faux », peste-t-il, estimant d’ailleurs que les militants étaient moitié moins que le chiffre revendiqué.

Concernant la présence policière devant l’église, le curé explique que c’est lui, d’ailleurs aumônier catholique de la Police nationale, qui l’avait demandé : « Je me doutais bien que des petits trouble-fêtes excités allaient organiser une prière de rue (alors qu’ils sont les premiers à dénoncer celles des autres) et voudraient nous empêcher d’exercer librement un droit de réunion dans un lieu privé ». Voulant clore l’affaire, il appelle les militants de Défendons nos églises à aller se confesser « de tous les mensonges que vous avez répandus ».

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