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À l'entrée au collège, le smartphone s'impose souvent comme une solution pratique et rassurante pour les parents. En France, le récent vote sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans a ravivé les inquiétudes autour de l'exposition précoce au numérique. Mais au-delà des plateformes, une question demeure : quels effets le simple fait de posséder un smartphone peut-il avoir à 12 ans ? Une vaste étude américaine, publiée dans Pediatrics, apporte aujourd'hui des éléments de réponse qui invitent à la prudence.
Téléphone portable à 12 ans : ce que révèle une étude de grande ampleur sur la santé des enfants
Menée par des chercheurs du Children's Hospital of Philadelphia, cette étude s'appuie sur les données de plus de 10 000 préadolescents suivis dans le cadre d'un programme consacré au développement cérébral et comportemental. Sa singularité tient à un point clé : elle observe précisément la période charnière entre 12 et 13 ans, lorsque certains enfants reçoivent leur premier smartphone tandis que d'autres n'en disposent pas encore.
« Chez les participants ne possédant pas de smartphone à 12 ans, nous avons examiné les associations entre l'acquisition récente d'un smartphone et les résultats observés l'année suivante. Les modèles ont été ajustés en fonction des variables démographiques et socio-économiques, de la possession d'autres appareils, du développement pubertaire et du contrôle parental », expliquent les auteurs.
Santé mentale, sommeil, poids : pourquoi les chercheurs appellent à la prudence
Les résultats sont loin d'être anecdotiques :
- sur le plan psychologique, 6,5 % des enfants équipés d'un smartphone présentent un diagnostic de dépression, contre 4,5 % chez ceux qui n'en ont pas. Un écart jugé cliniquement pertinent à l'échelle d'une population ;
- près de 18 % des préadolescents possédant un smartphone sont en situation d’obésité, contre 12 % parmi les non-équipés ;
- près d'un enfant sur deux détenant un smartphone dort moins de neuf heures par nuit, un seuil pourtant recommandé à cet âge, contre environ un tiers chez les autres.
Néanmoins, si cette étude invite à la prudence, les chercheurs prennent soin d'éviter toute conclusion simpliste. L'étude ne prouve pas que le smartphone cause directement ces troubles. Certains enfants plus anxieux ou isolés ont pu recevoir un téléphone plus tôt, par souci de sécurité ou de lien social.
La possession d'un smartphone peut être associée à la dépression, à l'obésité et au manque de sommeil au début de l'adolescence. © Lategan/peopleimages.com, Adobe Stock
Risques du smartphone chez les plus jeunes : la France encadre aussi son usage au lycée
Ce débat sur l'usage du téléphone portable chez les plus jeunes fait écho aux récentes discussions à l'Assemblée nationale sur son utilisation au lycée. Alors que l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans a occupé le devant de la scène, les députés ont aussi revu leur position sur le téléphone portable au lycée.
Initialement envisagée comme une interdiction générale, la mesure a été assouplie : ce sont désormais les règlements intérieurs des établissements qui définissent les lieux et conditions d'utilisation. Le texte prévoit une interdiction pendant les cours et dans les couloirs, mais autorise l'usage dans des zones définies de la cour.
Les chercheurs du Children's Hospital of Philadelphia ne diabolisent pas le smartphone, qui peut aussi aider à garder le contact, à apprendre ou à rassurer certaines familles. En attendant d'en savoir plus sur ses effets à long terme, ils recommandent surtout d'encourager les jeunes à faire des pauses régulières, notamment pour bouger davantage, une habitude bénéfique à la fois pour la santé physique et le bien-être mental.


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