Dans deux études publiées le 2 juin, Santé publique France dresse un état des lieux de la santé mentale des enfants et des adolescents. Si certains indicateurs se sont améliorés depuis la crise du Covid-19, des signes de mal-être persistent.

Le Progrès - 05 juin 2026 à 17:00 - Temps de lecture :

  • Les premiers résultats de l’étude Enabee, enquête épidémiologique nationale sur la santé mentale des enfants scolarisés en maternelle et en élémentaire en France hexagonale, publiés en 2023, avaient montré que 13 % des enfants en élémentaire (entre 6 et 11 ans) présentent au moins un trouble probable de santé mentale (trouble émotionnel, trouble oppositionnel ou trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité).Photo Adobe Stock

    Les premiers résultats de l’étude Enabee, enquête épidémiologique nationale sur la santé mentale des enfants scolarisés en maternelle et en élémentaire en France hexagonale, publiés en 2023, avaient montré que 13 % des enfants en élémentaire (entre 6 et 11 ans) présentent au moins un trouble probable de santé mentale (trouble émotionnel, trouble oppositionnel ou trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité).

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  • Les nouvelles analyses, publiées le 2 juin, mettent en lumière plusieurs facteurs associés à ces troubles. Certains profils apparaissent plus exposés, notamment les garçons, les enfants souffrant de maladies chroniques ou ceux dont la mère a connu des complications pendant la grossesse.Photo Adobe Stock

    Les nouvelles analyses, publiées le 2 juin, mettent en lumière plusieurs facteurs associés à ces troubles. Certains profils apparaissent plus exposés, notamment les garçons, les enfants souffrant de maladies chroniques ou ceux dont la mère a connu des complications pendant la grossesse.

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  • Les difficultés scolaires, les événements de vie difficiles (deuil, agression, placement) ou encore certaines situations familiales fragiles (comme des conflits parentaux ou des difficultés financières) sont également liés à une plus grande fréquence de troubles.Photo Adobe Stock

    Les difficultés scolaires, les événements de vie difficiles (deuil, agression, placement) ou encore certaines situations familiales fragiles (comme des conflits parentaux ou des difficultés financières) sont également liés à une plus grande fréquence de troubles.

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Les premiers résultats de l’étude Enabee, enquête épidémiologique nationale sur la santé mentale des enfants scolarisés en maternelle et en élémentaire en France hexagonale, publiés en 2023, avaient montré que 13 % des enfants en élémentaire (entre 6 et 11 ans) présentent au moins un trouble probable de santé mentale (trouble émotionnel, trouble oppositionnel ou trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité).

Les nouvelles analyses, publiées le 2 juin, mettent en lumière plusieurs facteurs associés à ces troubles. Certains profils apparaissent plus exposés, notamment les garçons, les enfants souffrant de maladies chroniques ou ceux dont la mère a connu des complications pendant la grossesse.

L’impact du Covid

Les difficultés scolaires, les événements de vie difficiles (deuil, agression, placement) ou encore certaines situations familiales fragiles (comme des conflits parentaux ou des difficultés financières) sont également liés à une plus grande fréquence de troubles.

L’étude souligne aussi l’impact durable de la pandémie de Covid-19. Les enfants ayant vécu un confinement difficile ou évolué dans un climat familial anxiogène présentent plus souvent des signes de mal-être.

Adolescents : des progrès, mais une souffrance encore présente

Du côté des adolescents, les données de l’étude EnCLASS (enquête nationale en collèges et en lycées chez les adolescents sur la santé et les substances), menée auprès de plus de 11 000 élèves, dessinent un tableau contrasté. Après une dégradation marquée entre 2018 et 2022, certains indicateurs s’améliorent. En 2024, une majorité de collégiens (82 %) et de lycéens (78 %) se disent en bonne santé et satisfaits de leur vie. Le niveau de bien-être mental progresse également, et le sentiment de solitude recule.

Pour autant, ces indicateurs coexistent avec des signaux persistants de souffrance psychique : près d’un collégien sur deux rapporte des difficultés psychologiques fréquentes, comme la nervosité, l’irritabilité ou le sentiment de déprime. Chez les lycéens, 19 % présentent un risque élevé de dépression, avec des symptômes tels que la fatigue, le découragement ou les troubles de la concentration. Les adolescentes apparaissent systématiquement plus touchées, avec des écarts qui se creusent au fil de la scolarité.

Enfin, si les idées suicidaires concernent encore un lycéen sur cinq, ce chiffre est en légère baisse par rapport à 2022. En revanche, les tentatives de suicide au cours de la vie sont en hausse.

Prévenir et agir : des outils en développement

Face à ces constats, les autorités sanitaires insistent sur la nécessité de renforcer la prévention et la promotion de la santé mentale dès le plus jeune âge.

Parmi les leviers prioritaires figure le développement des compétences psychosociales (CPS) à l’école. Ces aptitudes (comme la gestion des émotions, l’empathie ou la capacité à résoudre des conflits…) contribuent à créer un environnement scolaire plus protecteur et inclusif.

En parallèle, plusieurs dispositifs permettent d’informer, d’accompagner et d’orienter les familles et les professionnels. Des plateformes comme CléPsy ou Psycom proposent des ressources pédagogiques pour mieux comprendre les troubles psychiques et savoir comment réagir.

L’accès aux soins est également facilité grâce au dispositif Mon soutien psy, qui permet aux enfants dès 3 ans de consulter un psychologue.

Pour les adolescents, des services d’écoute anonymes et gratuits existent. Le Fil Santé Jeunes, accessible tous les jours, offre un espace d’échange avec des professionnels, ainsi qu’un site internet proposant informations, chat et orientation vers des structures d’aide.

Enfin, en cas de détresse aiguë ou d’idées suicidaires, le numéro national 3114 est disponible 24 heures sur 24. Ce service, gratuit et confidentiel, s’adresse aussi bien aux jeunes qu’à leur entourage.

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